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Robert Delpire est mort ce 26 septembre, il avait 91 ans. Entre ses passions, la photographie arrivait au premier rang, à laquelle il a voué une carrière entière, faite de rencontres, de passages, de découvertes. Les bios parleront de ses entreprises, la création d’une revue, « Neuf », la direction artistique d’une autre « L’Œil », l’ouverture d’une agence de publicité à son nom, la direction du centre National de la photographie et pour les livres, sa propre maison d’édition et le lancement de la si familière et prestigieuse collection Photopoche.

On attendait beaucoup de l’homme qui avait fait plus encore, mais Delpire qui avait ses préférences, assumait ses choix sans chercher à se faire des amis. Avec « Delpire & Cie », la vaste rétrospective à la Maison européenne de la photographie qu’accompagnait un livre éponyme autoédité en trois volumes, l’hommage des Rencontres d’Arles que rehaussait le merveilleux film de Sarah Moon, l’année 2009 faisait un point sur une carrière déjà longue. Huit ans plus tard, Robert Delpire s’offrait le bonheur dont rêve tout éditeur : faire le livre qui serait à la fois ce qu’il est et ce qu’il aime. « C’est de voir qu’il s’agit » ressemble comme une photo au « De qui s’agit-il ? » d’Henri Cartier-Bresson édité par ses soins en 2003 à la faveur de l’exposition montée par la BnF, un an avant la mort du photographe. Oui, il s’agit bien de voir à travers ce que les photographes ont tenté ou voulu prendre et montrer. Le livre s’organise sur trois sections, didactique, anthologique et pour finir, très personnelle. C’est d’abord une suite de réflexions du « montreur d’images », une manière de croiser  sans en avoir l’air l’histoire de la photo jusqu’à sa période moderne. Vient ensuite une collection de monographies, vingt-six grands, une agence et un anonyme, salués ou croisés comme Stieglitz, Lartigue, Bischof, Morath, Atwood ou Magnum pour en citer six et enfin, entre deux grands amis, le tranquille retour aux pages d’herbier. Autant dire une somme capable de transmettre l’intelligence, la culture et le plaisir. Pas mal pour un testament d’éditeur.

INFORMATIONS PRATIQUES
Robert Delpire. C’est de voir qu’il s’agit.
Textes réunis et présentés par Michel Christolhomme
240 pages 16,5 x 20 cm
110 photographies environ, couleurs et noir et blanc, relié sous jaquette
Editions Delpire
34 €
http://www.delpire-editeur.fr

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1 Responses to “Robert Delpire, les soleils d’un dernier livre”

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