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Quand il se fait embaucher comme assistant de photographe par le bureau parisien des publications Fairchild, Cédric Dordevic ne connaît pas grand chose du milieu de la mode. Le jeune homme de 22 ans qui annonce une courte expérience dans le portrait d’artiste se voit bientôt  absorbé par la chronique de la vie parisienne, découvrant l’univers d’un certain journalisme, peuplé de créateurs, de mannequins et de célébrités.

Titulaire d’une carte de presse, admis partout où se produit l’événement, Cédric Dordevic photographie dès lors pour les colonnes du Women’s Wear Daily et de W magazine tout ce qui brille et compte à Paris. John Fairchild qui impose ses vues sur une illustration qu’il veut originale, s’interdisant  le recours facile aux agences, savoure en son bureau ces images qui parlent de la haute couture comme les podiums ne la montrent pas,  et qui offrent au lecteur l’extravagante intimité de ceux qui la font.

L’aventure qui voit la reconnaissance répondre au talent durera de 1990 à 1998, huit ans au terme desquels Cédric Dordevic estime avoir fait pour Women’s Wear Daily et W magazine le tour de la scène parisienne de la mode, la plupart du temps avec Natasha Fraser, écrivain et journaliste. . Il s’expatrie en Inde, pour changer d’air sinon de métier. A Bombay, il participe à l’édition des premiers numéros de ELLE India dont il suit le développement  pendant deux ans, avant d’entreprendre une carrière de reporter qui le mènera en Asie et en Afrique.

John Fairchild est mort en 2015, emportant avec lui sa passion pour la représentation de la mode. En numérisant ses négatifs de la période parisienne pour l’élaboration de son site internet,  Cédric Dordevic réalise que toutes ces images dépassent l’anecdote et le gossip, et quelles évoquent ensemble  une époque singulière, à la fois proche et révolue. Suivies par le regard subtil et décalé d’un paparazzi mal à l’aise dans cette fresque perpétuellement festive, ces huit années libèrent  aujourd’hui leurs contrastes d’élégance et d’outrances, d’arrogance et de tendresse, avec une incursion dans l’atmosphère fébrile des ateliers quand approche le moment des défilés.

La galerie Patrick Gutknecht présente du 27 février au 28 avril 2018 une sélection de trente tirages argentiques 24×36 ou 30×40 tirés d’après les négatifs originaux et dix tirages numériques 13x19cm exécutés d’après les scans de planches contact.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Années W
Cédric Dordevic
Du 27 février au 28 avril 2018
Galerie Patrick Gutknecht
78, rue de Turenne
75003 Paris
http://www.gutknecht-gallery.com

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