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En une quarantaine d’images, le jeune photographe propose une balade nocturne intime dans les rues des villes cambodgiennes, telles que les parcours touristiques les ignorent et les oublient. Chaleureux et sans luxe,  un territoire visité dans la singularité d’une certaine lumière.

By Night. Collés au nom de n’importe quelle ville du monde un peu connue, les deux mots réveillent les clichés vendus par les tour operators, comme ils titillent les fantasmes de virées de bars en clubs, la touche canaille de tous les possibles, l’espoir exotique de rencontres et d’aventures. Or, le By Night auquel Sovan Philong  nous invite sort des trottoirs battus par les visiteurs qu’attirent les tonalités cuivrées du Sud-Est asiatique, même si Siem Reap borde un des sites archéologiques les plus fréquentés du monde, le complexe royal et religieux de l’antique Angkor. Quand il commence ce travail en 2010, Sovan Philong  a vingt-quatre ans et derrière lui un bon début de parcours professionnel de photographe de presse, initié par les conseils de Mak Remissa, le plus important des photojournalistes cambodgiens. Stimulé par sa rencontre avec Christian Caujolle à la faveur de la première édition de Photo Phnom Penh en 2008, il affine son regard d’auteur dans le sillage des stages suivis deux ans plus tard aux Angkor Photo Workshops de Siem Reap auprès de photographes nommés Jake Picone, Stephen Dupont, Tim Page, et tout particulièrement d’Antoine d’Agata.

Les heures nocturnes de la ville s’imposent dès lors comme un sujet fort que Sovan Philong  veut traiter de l’intérieur, de son intimité khmère. Laissant les touristes oublier les labyrinthes pluriséculaires  des temples dans la clim des discothèques, il décide d’aller à la rencontre des gens de Siem Reap, des hommes, des femmes et des jeunes qui y vivent. Ses prises de vues commencent à l’heure où, loin des quelque sept cents hôtels de la ville nouvelle, guest house ou five stars, la nuit tropicale plonge dans son encre des faubourgs que l’éclairage public n’atteint guère. Au flash qui communément s’imposerait, Sovan Philong a préféré le faisceau du phare de sa motocyclette, pareil à ceux de toutes les motocyclettes qui sillonnent les villes d’Asie quand les rideaux de fer des boutiques transforment les rues en canyons. Lumière chaude et dure d’un phare qui surprend des dormeurs ivres, se fond à la torpeur des maisons et des cours, pénètre les hangars de musculation et les tavernes à billards, clair-obscur où luisent les visages et brillent les regards, scènes composées impliquant des personnages, des chaises empilées et des chiens tranquilles, tout éloigne les nuits urbaines de Sovan Philong de la sècheresse documentaire pour livrer une fresque expressionniste et sensuelle qui court de Siem Reap  à Phnom Penh jusqu’à Koh Pich/Diamond Island, son avatar ultra-moderne et haut de gamme. À suivre donc, ce regard que le jeune photographe projette d’étendre à Battambang à l’est, aux méridionales Kampot, Kep et Sihanoukville, pour d’autres équipées nocturnes, aux rivages du golfe du Siam.

INFORMATIONS PRATIQUES
In The City By Night
Sovan Philong
une proposition de Christian Caujolle
​Du 26 avril au 19 mai 2018​
Galerie Lee
9, rue Visconti
75006 Paris
Exposition partenaire du festival Cambodge, d’hier à aujourd’hui.
Pour découvrir l’ensemble de la programmation :
http://www.seasonofcambodia.org/paris

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