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Pour cette dernière journée de carte blanche, notre invité de la semaine, Christian Caujolle a souhaité partager avec nous ses bonnes adresses, il nous propose de poser nos valises à Phnom Penh, dans la capitale du Cambodge.

Le Musée National du Cambodge.

Contigu du Palais royal et de l’Université Royale des Beaux Arts un bâtiment superbe, en référence à l’architecture religieuse des pagodes, avec un patio très agréable et la plus belle collection d’art khmer au monde. Une collection déployée avec une muséographie hors temps, qui nécessite que l’on flâne pour explorer des merveilles dans les vitrines, comparer l’exceptionnelle collection de lingams, choisir le sourire que l’on préfère chez les nombreux bouddhas, s’attarder devant des stèles à écriture pré-angkorienne ou prendre son temps devant le Vishnu couché en bronze, sublime, datant de la seconde moitié du XIème siècle.
2 : Centre Bophana : 64 rue 200. Créé par Rithy Panh, ouvert depuis 2006, le centre de documentation collecte dans le monde entier les archives, essentiellement visuelles, sur le Cambodge dont la quasi totalité a été détruire durant la dictature Khmère rouge. Les collections sont accessible sur rendez-vous et, partiellement, sur internet.
Par ailleurs Bophana assure une importante fonction de formation, entre autres de documentalistes, de techniciens du cinéma ou de l’audiovisuel et de nombreux jeunes réalisateurs sont nés de cette formation. C’est aussi grâce à Bophana que le nouveau cinéma cambodgien, qui a maintenant ses structures autonomes, s’est développé.
Le Centre présente régulièrement des expositions de jeunes artistes et photographes.

Marché O’Russey

On le préfèrera ( sauf si l’on recherche des pierres précieuses…) au marché central dont la magnifique architecture remarquablement restaurée peut suffire. O’Russey, c’est le vrai marché des phnom penhois. Celui où l’on trouve tout, aussi bien de l’informatique que des poissons séchés, du poivre de Kampot ou des jouets en plastique ( importés de Chine), d’antiques machines à piler la glace ( magnifiques objets), des cloches pour animaux, en corne ou en métal, des vanneries en ratan, en feuille de palme, de bananier, en bambou, des fruits et légumes, des cordages magnifiques, des vêtements de travail, par exemple. Ne surtout pas rater, au dernier étage, les boutiques des tailleurs et des dames qui confectionnent les costumes de mariage. Et si vous cherchez à offrir des fleurs un peu tard – tout est relatif – c’est là qu’il faut aller.

Institut Français du Cambodge.

218 rue 184 ( 218 Keo Chea)
Il y a les cours de langue, la médiathèque ( où l’on trouve Photo Poche et 700 titres offerts par les Rencontres d’Arles il y a quelques années ), une belle galerie, un bar agréable et un restaurant. Depuis un an le lieu reprend sa fonction sous la houlette de Bernard Millet et se souvient avec bonheur qu’il fut le centre de l’activité culturelle de Phnom Penh quand Roland Celette aux débuts puis Alain Arnaudet ( aujourd’hui à La Friche Belle de mai à Marseille) étaient aux manettes.

Java Café & Gallery.

56 Sihanouk Blvd.
Il y a maintenant trois « Java » à Phnom Penh, dont un nouveau, tout près du marché « Russe », qui est dédié à la danse et aux arts de la scène. Dana Langlois a, depuis plus de vingt ans, créé des lieux accueillants, y a exposé tous les artistes importants du pays, a toujours soutenu les jeunes créateurs et a financé cela avec le café ( excellent ) et la boulangerie pâtisserie. Bien avant la vogue actuelle des cafés de toutes sorte, du pire souvent… Celui du centre, tout près du Monument de l’Indépendance est l’adresse historique et sa terrasse est délicieuse.

Friends, 215 Street 13.

C’est l’un des deux restaurants de l’ONG qui recueille et forme des enfants des rues, l’une des plus anciennes, créée par le français Sébastien Marot. Elle assure la scolarisation puis la formation, entre autres à des métiers de la restauration, de milliers d’enfants. Ce restaurant tout proche du Musée National est le plus ancien, un accueil toujours chaleureux, une nourriture de qualité et la boutique toute proche propose des objets réalisés par les enfants avec des matériaux de récupération. Cet endroit, dont la cour est marquée par un magnifique arbre multi centenaire va devenir dès la fin de l’automne une pépinière d’entreprises culturelles et un lieu pour la culture.

Russian Market : psaar Tuol Tom Pong, en khmer.

On dit que c’est le marché des tourists. C’est vrai, de plus en plus, même si en cherchant on trouve de très bonnes étoffes, entre autres des vrais kramas ( foulard traditionnel ) en coton, on peut y manger très bien dans les petits restaus au centre et il y a toujours des découvertes à faire. Et toujours une incroyable collection de DVD pirates, y compris des intégrales en coffrets ( parfois ils ont des bugs…).Tout autour, en fouinant, on peut dénicher quelques pièces intéressantes chez les antiquaires / brocanteurs, entre autres des poteries venues d’Angkor. Mais il y beaucoup de copies et d’objets de déco de qualité médiocre.

La Plantation, 28 Street 184

Dans un ancien bâtiment colonial, en plein centre, un hôtel très agréable, comme tous les établissements inventés par Alexis de Surremain. Un lobby autour d’un bassin carré, qui accueille régulièrement des expositions, tout près une petite piscine rouge, dans la seconde cour une immense piscine autour de laquelle on peut déjeuner ou dîner, à moins que l’on préfère la terrasse sur rue.

Chinese House. Quai Preah Sisowath, dans la direction de l’amabassade de France et du pont dit « japonais ».

Une des plus belles maisons anciennes de Phnom Penh. Bar au rez-de-chaussée, restaurant ( sophistiqué, généralement bon mais vraiment trop cher ) à l’étage où l’on peut admirer une des plus étonnantes charpentes qui soit. Un bon programme d’expositions et un lieu où passer un agréable moment.

Titanic

Au bord du fleuve, un restaurant de très bonne qualité, grand, avec une vue imprenable sur le ballet des petites embarcations sur le Tonlé Sap, un service en général impeccable, d’excellentes « demoiselles du Mékong », ces langoustes d’eau douce au goût très délicat et des spécialités de viande de buffle dont, depuis peu, un carpaccio ! Ambiance hors du temps et l’on pourrait se passer du « spectacle » de la danseuse traditionnelle.

Théâtre Chaktomuk, Quai Preah Sisowath.

Sur le bord du fleuve, tout près du Palais royal, la meilleure salle de spectacles de la capitale où se produit régulièrement le ballet royal. C’est également le cœur du festival international de cinéma. Une très belle architecture, à ne pas oublier quand on suit le quai pour aller vers le nouveau Phnom Penh de Koh Pich, l’île aux diamants, immortalisée par le film de Davy Chou, Diamond Island ( à voir absolument ).

Palais Royal et Pagode d’Argent.

Un peu par principe. Beau, certes, surtout la pagode. Et ne pas rater l’étonnant pavillon, dit « des courtisanes », offert par Napoléon III au roi du Cambodge.

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