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Sasha Marro est la troisième lauréate du Prix Picto de la Jeune Photographie de Mode 2016. Créé il y a 18 ans, par le laboratoire Picto, ce prix, désormais développé dans le cadre des programmes de Picto Foundation, le fonds de dotation du laboratoire, offre un éclairage particulier des travaux des lauréats auprès d’un public de professionnels. Rencontre avec la jeune photographe parisienne, qui travaille dans la narration.

9 lives : Vous venez de remporter le Prix Picto de la Jeune de la Photographie de Mode, pouvez-vous nous en dire plus sur les travaux que vous avez proposés au jury ? 

Sasha Marro : J’ai souhaité présenter un portfolio plutôt qu’une ou deux séries isolées car j’aborde mon travail comme un ensemble, et non comme une succession d’images détachées les unes des autres. Toutes ces histoires traitent de thèmes particuliers mais elles ont un lien, un fil conducteur, une sorte de désordre reconstruit minutieusement que je souhaite aborder à travers l’idée de narration. Cette dernière s’est faite à travers un objet, un livre, qui justement permet de voir ces photos mais aussi en quelque sorte de les lire, avec un rythme, des transitions, des chapitres qui permettent à l’imaginaire d’avoir un peu plus sa place.

M : Comment vous situez-vous par rapport à la photographie de mode d’aujourd’hui ? 

S. M. : Je souhaite raconter une histoire, mon but est avant tout de montrer que la mode est un sujet qui permet de créer des images artistiques mais pas seulement. Elle permet d’explorer des thèmes extrêmement divers et libère la photographie de beaucoup de règles. Je travaille beaucoup le portrait, les ambiances avec des images plus abstraites, pas seulement les silhouettes ou le vêtement. Je ne souhaite pas créer des images froides ou seulement plastiques. Je suis également monteuse dans le documentaire, j’aime cette idée de couper, reprendre, tirer le meilleur de chaque série pour obtenir un récit plutôt qu’une esthétique pure. Ce qui va a l’encontre, selon moi, de ce qui est parfois attendu sur le marché de la photographie de mode. Mais, à mon âge, je préfère ne pas me restreindre à une seule approche, mon travail risque d’évoluer avec le temps. En tout cas je l’espère.
M : Quelles sont vos inspirations (en photographie ou dans les autres domaines) dans votre création photographique ?

S. M. : Je fais partie d’une génération qui a été éduquée à l’image. Les sources d’inspiration sont infinies et je trouverais un peu réducteur d’en tirer seulement quelques unes. La mode me passionne, mais également le cinéma. Un chef opérateur en cinéma ou un peintre peuvent autant me bouleverser qu’un beau cliché. Ce qui m’inspire c’est avant tout les pas de côtés, les accidents lorsqu’ils sont maîtrisés, les artistes qui s’échappent de ce qui est attendu d’eux. Selon moi, la beauté peut surgir lorsqu’on s’y attend le moins, en assemblant des éléments différents voir contraires. Si je ne devais citer qu’un nom en photographie, ce serait Jamie Hawkesworth, il incarne parfaitement cette idée de décalage. C’est ce qui fait son originalité et sa force.

http://sashamarro.com
http://www.picto.fr

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