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Ces images, pour certaines datant du début de la production d’Hervé Guibert photographe, ont été rarement montrées. On a pu en voir quelques unes à la faveur de  l’importante rétrospective que lui consacrait la Maison européenne de la photographie au  printemps 2011. Elles reviennent en nombre aux murs de faïence d’un ancien établissement de douches pour répandre leur raffinement  de vanités.

Prises pour la plupart dans des musées un peu particuliers, de préférence dans les coulisses de leurs réserves ou de leurs ateliers, ces photographies nous parlent plutôt de la mort et de l’inerte, quand l’art ou la recherche médicale tentent de nouer un lien avec les vivants,  qu’ils soient visiteurs ou carabins. Le musée Grévin à Paris, le musée Fragonard à l’école vétérinaire de Maisons-Alfort et d’autres encore, en France et en Italie, ont prêté leurs têtes de cire, leurs têtes coupées, emballées ou disséquées, réduites ou plongées dans l’éternité du formol, voisinant en bon cousinage d’espèces avec ces corps morts d’animaux momifiés pour l’étude. Hervé Guibert s’est visiblement délecté de ce tourisme de l’étrange et de la science auxquels il donne une lumière inédite, un souffle propre à faire fuir la poussière des sépulcres et des étagères, à étouffer la critique hurlant au morbide.  Un livre, « Vice », publié en 1991, un peu avant la mort de l’écrivain, rassemblent ces photographies, comme l’album post mortem d’une grande famille frappée par le malheur ou l’assassinat.

INFORMATIONS PRATIQUES

ven07sep(sep 7)14 h 00 minsam20oct(oct 20)19 h 00 minLes Palais des Monstres DésirablesHervé GuibertLes Douches la Galerie, 5, rue Legouvé 75010 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

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