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La Pologne, Bogdan Konopka y est né, il y a un peu plus de soixante ans, il l’a quittée depuis un peu moins de trente pour venir en France et y construire une œuvre commencée avec ses études au  lycée technique de la photographie de Wrocław.

Le travail de Konopka, tel qu’on le connaît par les publications et les expositions sur la Pologne, la France ou la Chine, s’attache aux lieux, avec l’histoire en filigrane et en tonalité, le gris dont il sait mieux que personne sonder les variations infinie de la gamme. Hormis l’introduction de Christian Caujolle, « Un conte Polonais » ne raconte rien, sinon le passage d’un temps qui court des années 1970 à 2017, où se glisse le départ de 1989. Vivre, partir, revenir, les photographies sont bien à leur place pour prendre celle d’un récit muet où se mêlent les souvenirs d’enfance, de forêts et de neige, de nobles façades gagnées par la lèpre et, vibrant de l’énergie des vivants, la ferveur des processions, l’audace exacerbée des manifestations. Au lecteur qui aurait pu oublier les luttes de Solidarnosc et le bastion réfractaire de Gdansc, le livre fera sans doute le rappel de ce qui a été une actualité avant de rejoindre l’Histoire contemporaine. S’y invitent aussi des portraits anonymes de Polonais, figurants magnifiques photographiés dans leur silence et dont on ne connaîtra, en fin de volume, que le lieu et l’année des poses. Laissant le dernier mot à une citation de Walter Benjamin, ce Conte Polonais qui rejoint le patrimoine affectif de la vieille Europe des couronnes et des guerres, se révèle aussi éloquent qu’il est avare de ses légendes.

INFORMATIONS PRATIQUES
Un Conte polonais
Bogdan Konopka,
Editions Delpire
176 pages 20×24,5 cm, relié, 28 euros
http://www.delpire-editeur.fr/un-conte-bogdan-konopka-9791095821076

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