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Portrait. Il n’a pas fallu attendre Niepce et Daguerre pour définir un concept qui, dans ses deux dimensions, triomphe depuis les peintures funéraires du Fayoum : un visage pris au meilleur de son apparence, tourné vers le spectateur, de profil, un peu de trois-quarts ou carrément de face.

Des portraits Antoine de Galbert doit en avoir une belle somme dans sa collection, si les cent œuvres publiées par Actes Sud n’en sont qu’un extrait. De profil, un peu de trois-quarts ou carrément de face, il y en a. Mais la tendance irait plutôt vers l’étrange, le bizarre, le manipulé quand ce n’est pas le défiguré. Sous une couverture signée Ben Vautier en autoportrait au miroir, le livre adopte la forme ludique joliment nommée Leporello, à feuilleter page par page ou à déplier en accordéon, visible sur deux faces. Où l’on découvre, à travers une sélection étalée en quatre-vingt seize pages finement numérotées et légendées en fin d’ouvrage, une nette prédilection pour la photographie contemporaine ou récente, avec quelques incursions dans les périodes ancienne et moderne. Parcours original d’un genre majeur qui fait voisiner Man Ray avec Arnulf Rainer, Brassaï avec Denise Colomb, Mathieu Pernot avec Annie Leibovitz, ce curieux volume métamorphosé en double fresque ouvre la visite impressionnante et ludique d’une galerie hétéroclite de têtes et de styles, de figures et de factures, pour, au bout du compte, conduire à la jubilation partagée d’un collectionneur.

INFORMATIONS PRATIQUES
Cent portraits. Extraits de la collection Antoine de Galbert
96 pages 17x24cm
Texte de Christian Caujolle
Co-édition Actes Sud/Fondation Antoine de Galbert
30 euros

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