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« Lettre à mon frère Guy Gilles, cinéaste trop tôt disparu » : le film de Luc Bernard rendait en 1999 l’hommage fraternel à un metteur en scène suivi par toute une génération de cinéphiles. Auteur d’une douzaine de courts métrages connus, empreints d’une sensibilité nourrie de souvenirs, de désirs et d’ailleurs, Guy Gilles s’était constitué un public de fidèles, habitués des cinémas classés, dans ces années 1960,  » d’art et d’essai ».

La confidentialité de l’œuvre saluée par Marguerite Duras et Jean-Louis Bory ne l’empêchait pas de recueillir la participation d’acteurs aussi en vue qu’Edwige Feuillère, ou Jeanne Moreau, pour « Le Clair de Terre » et « Absences répétées », ses deux longs métrages les mieux reçus en salles, ni de répondre à des commandes de la télévision. Guy Gilles est mort il y a plus de vingt ans mais ses films gardent leur atmosphère et leur profondeur, comme en témoignent l’affluence à la rétrospective de la Cinémathèque française de 2014, et la place de sa filmographie en objet d’étude aux universités Paris VII et Paris VIII.

On redécouvre à la Galerie Patrick Gutknecht que Guy Gilles pratiquait la photographie sur un registre aussi fin que celui de ses films. Vingt-cinq tirages noir et blanc choisis sur une somme d’images dépassant les milles pièces rendent les lumières grises des premiers tournages et nous ramènent aux jours où, libre de toute préméditation de script, le cinéaste confiait à l’appareil léger de fixer les impressions offertes à ses errances, à Amsterdam, en Espagne ou aux rives de son Algérie natale, à la rencontre d’une adolescence flottant entre ses curiosités et son ennui, dans laquelle s’invite parfois le visage grave et tendre de Patrick Jouané, l’acteur aimé.

INFORMATIONS PRATIQUES

jeu04oct(oct 4)14 h 00 minsam10nov(nov 10)19 h 30 minGuy Gilles. Exposé paupières closesGalerie Patrick Gutknecht, 78 rue de Turenne 75003 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

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