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Max Slevogt, correspondances françaises

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Guère connu en France, Max Slevogt est particulièrement bien représenté dans les collections du Saarlandmuseum de Sarrebruck. Pour le 150e anniversaire de la naissance du peintre, une exposition  invite les toiles de ses contemporains français à dialoguer avec les siennes. Une fête esthétique.

Le projet de confronter la production de Max Slevogt à celle de ses confrères d’outre-Rhin est d’autant plus légitime que la relation du peintre à la France connaît divers points de contact.  Quand il suit un semestre de cours à l’Académie Julian à Paris en 1889, l’artiste a tout juste 21 ans, il en a passé cinq à l’académie des Beaux-Arts de Munich, il restera un artiste allemand attaché aux courants artistiques de son pays. Slevogt adhère à la Sécession munichoise dès sa fondation en 1892 et devient titulaire de celle de Berlin vingt ans plus tard. Autant d’engagements qui n’altèrent en rien son intérêt pour ce qui se passe en France,  intérêt renouvelé par les découvertes successives de Daumier, Delacroix, et un peu plus tard, des Impressionnistes avec lesquels le peintre entretient des liens d’amitié générateurs d’influences réciproques.

Près de deux cents œuvres présentées dans le bel espace de la Moderne Galerie du Saarlandmuseum ressuscitent en neuf sections l’effervescence créatrice partagée entre Slevogt et des confrères nommés Cézanne, Courbet, Delacroix, Manet, Monet ou Renoir. Si elle appuie la tentation pédagogique des ressemblances, la scénographie permet au public de se familiariser d’une manière transversale avec les courants qui occupaient les peintres et enthousiasmaient les collectionneurs d’un âge d’or chevauchant deux siècles. À l’appel des trois genres majeurs du Portrait, de la Nature morte et du Paysage, le visiteur s’immerge dans ce temps qui sépare la guerre de 1870 et le premier conflit mondial qu’évoquent des visions tragiques qui font écho à celles d’un Manet. On apprécie d’autant mieux  la sérénité des Scènes de loisir, les essais des uns et des autres sur l’enjeu d’une représentation de la danse, le goût pour l’Orientalisme, le retour aux scènes mythologiques et enfin les contributions graphiques à l’illustration romanesque et à la caricature.

INFORMATIONS PRATIQUES
Slevogt et la France
Jusqu’au 13 janvier 2019
Saarlandmuseum
Moderne Galerie
11-19 Bismarckstraße
Sarrebruck, Allemagne
https://www.kulturbesitz.de

Hervé Le Goff
Venu à l'enseignement et au journalisme après des études d'architecture et de cinéma, Hervé Le Goff a enseigné à L'Institut Français de Photographie, à l'Université Paris-Descartes, à l’Ecole Efet, à l'École nationale supérieure Louis-Lumière, à l'Université de l'Océan Indien de Saint-Denis de La Réunion ; il a écrit pour plusieurs revues et magazines, notamment l'Officiel de la photo et du cinéma, Le Photographe, Photo Journal, Zoom, Vogue Hommes International, Photographie, Photo Reporter, L'Événement du jeudi, Les Inrockuptibles, Télérama, Images magazine. Il collabore actuellement à l’encyclopédie Universalis et publie dans les pages événement-culture du magazine Chasseur d'Images.

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