Janvier, 2019

lun21jan(jan 21)11 h 00 minmer26jui(jui 26)19 h 00 minAzzedine Alaïa - Collectionneur - Adrian & Alaia - L'art Du TailleurGalerie Azzedine Alaïa, 18 rue de la Verrerie 75004 ParisType d'événement:Exposition

Détail de l'événement

Une exposition inédite, conçue par l’Association Azzedine Alaïa, réunit deux grands noms qui ont modifié l’histoire de la mode : Gilbert Adrian et Azzedine Alaïa.

Pour la première fois les modèles d’Azzedine Alaïa conversent avec ceux de Gilbert Adrian. Couturier américain mythique, Adrian est représenté en nombre important dans les collections patrimoniales que Monsieur Alaïa a constituées avec minutie et respect de l’histoire.

Organisée par l’Association Azzedine Alaïa sous la direction d’Olivier Saillard, cette exposition montre comment le goût pour l’élégance intemporelle, la quête d’un style avant celle de la mode, l’exigence de la coupe, peuvent se transmettre entre deux grands couturiers que les décennies et les continents séparent.

A travers le prisme des tailleurs dont tous deux partagent l’excellence, l’exposition montre à quel point la conception et la construction des vestes unissaient ces deux grands de la mode.

Les choix des tissus, la recherche des formes, la finesse des détails sont des traits d’union entre eux.

Dans les modèles de l’un, on peut lire le secret héritage de l’autre, de la main d’un maître à celle de l’autre comme seuls les plus talentueux et les plus exigeants peuvent le faire.

Présentés sous la forme d’un dialogue entre les vêtements créés au cours de leurs carrières respectives, deux grands couturiers partagent un discours unique sur le tissu et la coupe.

Gilbert Adrian, plus simplement connu comme Adrian tout au long de sa carrière, était le directeur des costumes à la MGM à Hollywood pendant “l’âge d’or” du cinéma des années 1930. Son travail devint synonyme du glamour hollywoodien sur grand écran. Le talent d’Adrian variait, de la garde-robe de femme fatale de Jean Harlow dans “Les invités de 8 heures”, aux costumes du “Magicien d’Oz”, ou encore à l’incroyable garde-robe de toutes les actrices du film “Femmes” en 1939.

Ses créations étaient si recherchées que dans les années 1940, Adrian quitta Hollywood pour fonder sa maison de couture à New-York, où ses tailleurs structurés, portés par Katherine Hepburn, Greta Garbo et Joan Crawford, seront précurseurs de la mode américaine des années 1940 et 1950.

Arrivé à Paris dans les années 1960 et malgré des moyens financiers modestes dus à son jeune âge, Azzedine Alaïa avait toujours l’œil pour dénicher les pièces rares. Il commença à collectionner des objets d’art, de design et de mode tout en créant ses collections.

Alors qu’il avait à peine vingt ans, il acheta dans un petit magasin une exceptionnelle statuette ancienne représentant une tête copte. C’est seulement plus tard qu’il découvrit que cette statuette avait appartenu à la comtesse de Greffulhe, qui inspira à Marcel Proust l’héroïne de la Duchesse de Guermantes. Ce talisman l’accompagna toute sa vie.

À la fermeture de la prestigieuse Maison de Cristobal Balenciaga en 1968, Alaïa recueillit des chefs-d’œuvre de coupe qu’il ne pouvait supporter de voir disparaître. Il en reçut une véritable responsabilité d’ordre patrimonial et c’est ainsi qu’il commença sa collection de pièces de grands noms de la mode, passés ou récents.

Il fut en outre le premier à collectionner les pièces du designer Jean Prouvé.

Alaïa deviendra également un collectionneur majeur, si ce n’est le plus important, du travail d’Adrian, peu représenté dans les musées français. La collection constituée par Alaïa, de plus de 150 pièces, est une représentation fidèle de toutes les facettes du couturier hollywoodien.

Créateur de costumes et couturier, Adrian était admiré par Azzedine Alaïa pour ses constructions techniques sophistiquées, l’esprit de ses créations influencées par la haute couture parisienne, les détails, la coupe, et sa façon de travailler le tissu et de le courber selon son imaginaire fertile.

Mais c’est le “Power suit” des années 1940, aux larges épaules et cintré à la taille, pionnier de la révolution des garde-robes des femmes, qui a le plus impressionné le jeune Alaïa. Depuis sa Tunisie natale dans les années 1950, il admirait l’élégance, la force et l’invulnérabilité des femmes parisiennes. L’esthétique Alaïa deviendra plus puissante à partir de cette mémoire. L’art de la sculpture et du modelé, qu’il avait étudié à l’école des Beaux-Arts de Tunis, va contribuer à forger son style personnel.

En 1979, alors qu’il se trouvait dans son atelier de la rue de Bellechasse, une de ses fidèles clientes couture, la baronne Cécile de Rothschild, se présenta avec une amie proche, Greta Garbo. Ce fut une rencontre décisive dans la vie d’Azzedine Alaïa. La recluse Greta Garbo, qui avait porté les costumes d’Adrian dans les années 1940, à la scène comme à la ville, demanda à Alaïa de lui créer un pantalon et un manteau de coupe ample et masculine en cachemire bleu marine. Alaïa parlait souvent de cette rencontre en ces termes : « une femme belle et puissante en chaussures plates ». Il y a quelques années, il put racheter aux enchères le manteau qu’il lui avait confectionné, lors d’une vente célèbre qui suivit la disparition de la Divine.

Partageant de nombreuses affinités avec Adrian dans l’exécution des ses modèles ainsi que dans l’obsession pour la technique au service de l’art de la couture, Azzedine Alaïa passait des nuits entières sur la même veste noire sans jamais être satisfait, à la recherche de la perfection. Formé à la sculpture, il devint le maître de la coupe et de la silhouette, véritable architecte des corps à partir des années 1980.

La collection des maîtres de la Couture assemblée et réunie par Azzedine Alaïa tout au long de sa vie représente l’un des départements les plus importants des archives de l’Association Azzedine Alaïa, aux côtés de ses collections en nom propre.

Cette exposition est une sélection rigoureuse du travail de Gilbert Adrian, amplement collectionné au fil des ans par Azzedine Alaïa. Tous les modèles choisis et voulus par Monsieur Alaïa témoignent de la passion unique et de l’amour qu’il nourrissait pour l’histoire de la mode.

Parallèlement à l’exposition, deux films seront projetés et mettront en lumière les talents d’Adrian et d’Alaïa : “Les femmes”, 1939 – avec les stars Norma Shearer, Joan Crawford, Rosalind Russell, Joan Fontaine, Paulette Goddard, et de nombreuses figurantes habillées par Adrian.
“Dangereusement vôtre”, 1985 – un James Bond, pour lequel Azzedine Alaïa a réalisé les costumes de Grace Jones, qui joue le personnage de May Day

Dates

Janvier 21 (Lundi) 11 h 00 min - Juin 26 (Mercredi) 19 h 00 min

Lieu

Galerie Azzedine Alaïa

18 rue de la Verrerie 75004 Paris

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