Octobre, 2019

sam12oct2020sam01fevLe ciel par-dessus le toitMaxence RiffletCentre photographique Rouen Normandie, 15, rue de la Chaîne 76000 RouenType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Entre avril 2016 et novembre 2018, Maxence Rifflet a photographié dans sept prisons en collaboration avec des prisonniers. Il s’agissait de partager avec eux une interrogation sur la représentation des lieux d’incarcération à travers une pratique commune de la photographie : comment photographier dans un espace de surveillance sans le redoubler ? Comment cadrer sans enfermer ? Pour répondre à ces questions, il a fallu s’écarter de l’intention d’illustrer l’enfermement, de représenter la prison en général, pour décrire des lieux spécifiques, avec des histoires et des fonctionnements singuliers : photographier des prisons, plutôt que la prison. Ce faisant, le travail révèle des architectures dont la diversité interroge la nature de la peine qui est infligée au prisonnier. Car si les lieux où il est condamné à vivre un temps sont si variés, peut-on se contenter de définir une peine de prison par sa durée ?
Une architecture carcérale est une machine optique au service de la surveillance. Ce que voit le surveillant, ce que ne voit pas le prisonnier depuis sa cellule ou le passant depuis la rue, tout cela est prévu par l’architecte. Faire des images en prison revient à participer à un jeu de regards contraint et inégal. En s’intéressant à l’architecture, Maxence Rifflet a mis cette difficulté au centre de son travail photographique.
Dans chaque prison, il a organisé des ateliers avec des prisonniers, eux qui se confrontent quotidiennement à ces architectures. Tout en documentant les espaces, certains l’ont utilisé pour mettre en scène une expérience, figurer un imaginaire, illustrer un message. Dans cette démarche, la photographie est autant un outil d’enregistrement que le moyen et l’enjeu d’une interaction.
L’architecture des prisons est à la fois le sujet du travail et l’espace dans lequel il se fait : il s’agissait donc, finalement, de photographier en prison. Les corps sont la mesure de ces espaces, ils les activent, les révèlent et tentent parfois d’y résister.
Dans l’atelier, à distance des prisons, les images sont réinvesties dans une pratique de laboratoire expérimentale qui donne lieu à des objets singuliers.
L’hétérogénéité des formes qui en sortent n’est pas l’application d’un principe d’expérimentation : elle provient d’une attention aux situations et aux rencontres, d’une recherche de justesse vis-à-vis de l’expérience vécue.
Dans le cadre du partenariat avec le Centre national des arts plastiques, seront présentées une sélection d’oeuvres de Jane Evelyn Atwood issues de «Trop de peines», un corpus qui fit date dans la représentation photographique de l’environnement carcéral. De 1989 à 1998, la photographe américaine a photographié des prisons de femmes dans neuf pays, dont la France. Les images réalisées à la maison d’arrêt de Rouen, où Maxence Rifflet a également travaillé trente ans après, ouvriront un dialogue. À partir d’un même sujet, les images témoignent de deux attitudes et de deux regards différents.

Dates

Octobre 12 (Samedi) 14 h 00 min - Février 1 (Samedi) 19 h 00 min

Lieu

Centre photographique Rouen Normandie

15, rue de la Chaîne 76000 Rouen

Centre photographique Rouen Normandie15, rue de la Chaîne 76000 RouenOuvert du mardi au samedi de 14h à 19h sauf jours fériés

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