Février, 2019

mar12fev(fev 12)11 h 00 mindim02jui(jui 2)21 h 00 minFlorence LazarJeu de Paume, 1, place de la Concorde 75008 ParisType d'événement:Cinéma,Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Florence Lazar (née à Paris en 1966) est artiste, cinéaste et photographe. Elle s’attache dans son œuvre à faire surgir des récits minoritaires dans des contextes géographiques et sociaux particuliers. Le recours à l’enquête et l’attention portée au processus de transmission de l’histoire sont au cœur de son travail.

L’exposition de Florence Lazar au Jeu de Paume propose une mise en perspective de son œuvre à travers une sélection de films et de photographies datant de 2000 à aujourd’hui. À la fin des années 1990, au sortir des guerres d’ex-Yougoslavie, Florence Lazar se saisit d’une caméra vidéo et se rend sur place. Elle a besoin de comprendre ce qui vient d’avoir lieu sur ce territoire tout à la fois proche, par son histoire familiale, et étranger, parce qu’elle vit en France et n’en parle pas la langue. La forme documentaire fait ainsi irruption et s’impose durablement dans son œuvre.

Elle a ainsi réalisé un ensemble de films sur différentes situations issues du conflit en ex-Yougoslavie (la fin de la guerre, la chute de Milošević, la création d’une cour spéciale à Belgrade pour juger les crimes de guerre, la réécriture de l’histoire en République serbe de Bosnie). Parallèlement, elle a exploré d’autres contextes géographiques et sociaux, en s’intéressant à la restructuration urbaine d’une ville de la banlieue parisienne, Montfermeil, ou plus récemment, aux conséquences de l’usage massif du pesticide Chlordécone dans les bananeraies antillaises. L’ensemble de ces œuvres propose une relecture des évènements et questionne la notion de transmission dans des contextes d’entravement ou d’effacement de la mémoire collective. Ces problématiques se poursuivent dans son travail photographique où sont réanimés les débats nationaux et transnationaux autour de la période de la décolonisation et des fragments de l’histoire de la gauche autogestionnaire française.

L’enjeu de l’exposition est de rendre perceptible ces positions minoritaires et leur acuité, aussi bien dans l’urgence de la crise ou de la lutte qu’au regard de l’Histoire. Dans le film Les Paysans tourné en 2000 au sortir de la guerre, un paysan serbe livre sa vision du régime de Milošević. Kamen [Les Pierres, 2014] (2014) retrace la manière dont la falsification de l’histoire s’impose comme prolongement de l’épuration ethnique dans l’actuelle République serbe de Bosnie. Faisant entendre une voix dissidente et féministe, le groupe de parole des Femmes en noir (2002) montre un hors-champ de la guerre en ex-Yougoslavie. Dans Confession d’un jeune militant (2008), le père de l’artiste présente sa bibliothèque et redessine un cheminement intellectuel et militant à travers la gauche française.

Conjointement à cette sélection d’œuvres anciennes, l’exposition du Jeu de Paume dévoile la nouvelle création conçue pour l’occasion par Florence Lazar en Martinique. L’artiste y montre le combat d’une agricultrice pour un système qui tienne compte des spécificités et des besoins locaux.

« Tu crois que la terre est chose morte… c’est tellement plus commode ! (Morte, alors on la piétine.) »
Aimé Césaire

La Série photographique au collège Aimé-Césaire (2012-2016) réanime les débats nationaux et transnationaux autour de la période de la décolonisation, à travers couvertures de livres, revues, affiches et cartes saisies par de jeunes collégiens. La série Jeune militant (2008-2012), en écho au film Confessions d’un jeune militant, met en présence un adolescent et la revue Socialisme ou barbarie. Objets culturels et corps en devenir produisent un hiatus entre toucher et connaissance.

L’exposition s’attache à montrer comment la pratique documentaire de Florence Lazar s’est constituée, comment le plan fixe vidéo, issu de la photographie et d’une pratique antérieure du portrait, a évolué vers une image qui se creuse et un montage ciselé. Ce cheminement est aussi en soi une forme de transmission. Il est l’occasion de se rapprocher, de franchir le seuil de l’image pour accompagner ces mouvements, de circuler parmi des récits hétérogènes pour tenter de démêler les écheveaux de l’histoire qui s’est jouée ou se joue encore.

Le corpus d’œuvres de l’artiste traduit aussi une expérience du regard et de l’attention pour parvenir à discerner et à construire un point de vue. Rien n’est donné d’emblée. Aucune réponse en tant que telle, mais des fragments à assembler et des liens à tisser à partir de faits et de récits subjectifs défiant l’autorité de l’histoire dominante.

Après avoir été exposé au musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 2010, le travail de Florence Lazar a été présenté dans plusieurs festivals dont le FID Marseille, Cinéma du réel et l’International Women Film Festival de Barcelone. L’artiste a également obtenu le prix Qualité du CNC pour le film Les Bosquets (2012). Son film Kamen a remporté le prix de la Compétition française du festival Cinéma du réel 2014. Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques, notamment au Musée de Grenoble, au Centre national des arts plastiques, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris et au musée national d’Art moderne-Centre Pompidou.

Un catalogue est publié à l’occasion de l’exposition. Textes de Sandra Cattini, Dean Inkster, Rasha Salti et Giovanna Zapperi. 192 pages, 100 ill., 35 €

Dates

Février 12 (Mardi) 11 h 00 min - Juin 2 (Dimanche) 21 h 00 min

Lieu

Jeu de Paume

1, place de la Concorde 75008 Paris

Jeu de Paume1, place de la Concorde 75008 ParisEntrée 10€ / Tarif réduit 7,5€ Ouvert le mardi de 11h à 21h et du mercredi au dimanche de 11h à 19h.

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