Septembre, 2018

ven14sep(sep 14)12 h 00 minsam27oct(oct 27)0 h 00 minLittle CommentaryEliso Tsintsabadze & Pavel FilkovGALERIE &CO119, 119 rue Vieille du Temple, 75003 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Depuis la nuit des temps, l’homme a contemplé le ciel et les étoiles, depuis cette surface qu’est la Terre qui nous connecte les uns aux autres. Simultanément, nous avons aussi cherché un moyen de décrire et de donner une explication à ce que nous voyions.
– Nous voulons conquérir, nous voulons être là, nous voulons être partout.
Un jour, peut-être, cela arrivera-t-il – et nous disparaîtrons alors une fois de plus dans ce vide intersidéral.

Little commentary (ou « Petit commentaire » en français) est la première collaboration majeure entre les artistes Eliso Tsintsabadze et Pavel Filkov. Ils ont réalisé ce projet aux États-Unis, alors qu’Eliso suivait une formation en photographie à l’International Center of Photography à New York.
Constat du décalage entre l’idée d’un Grand Ouest fantasmé et la réalité des paysages contemporains, le projet
interroge également le rôle que la photographie joue dans la construction puis la déconstruction des mythes.
À l’origine de ce projet, il y avait le désir de partir à la découverte du Grand Ouest Américain, dans ce Wild West qui était pour les deux artistes source de tant de fantasmes datant de cette époque où, enfants, ils découvrirent tirées des grandes encyclopédies les images de ces immenses étendues sauvages rapportées par les photographes américains des 19e et 20e siècles.
Sacs et chambre photographique sur le dos, Eliso et Pavel sont donc partis en voyage, assoiffés de grands espaces et de liberté, dans l’idée d’enfin rencontrer cette nature « monumentale ».

Cependant, une fois sur place, déception. La part laissée à la nature et au sauvage semble fragile, et même les plus grands espaces contiennent toujours une trace de la conquête de l’homme de ce grand Ouest.
Au début décidés à photographier à la chambre, les deux artistes se trouvent vite confrontés à des contraintes de cadrage. Un millimètre à droite, une route rentre dans le champ. Un millimètre à gauche, le flash d’un touriste prenant un selfie vient troubler leur composition qu’ils veulent vierge de toute présence humaine.
Où donc est cette nature à l’état sauvage tant fantasmée ? La notion même de paysage leur semble alors limitée, étriquée. C’est à ce moment là qu’ils décident de recourir au Polaroid. En effet, le petit format, souvent imparfait de par son mode de développement et de prise de vue, leur permet quelque chose de complètement différent.
Cela leur semble cependant mieux convenir à ces paysages du 21e siècle, dont l’apparence diffère aussi complètement de leurs attentes. Il n’y a alors plus la pression de « recréer » ou de « trouver », mais uniquement le désir de créer qui émerge.
Le stéréographe vient compléter ce sentiment surréel que les artistes ressentent à la vue de ces paysages transformés, et permet au spectateur de partager le ressenti de l’impossible conciliation entre réel et surréel. On plonge, le temps d’un coup d’oeil dans les petites boites en bois, dans une fenêtre qui mène aux paysages perdus de ces rêves d’enfant.
La seule image en noir et blanc de cette installation, où un cheval blanc telle une étrange apparition se tient devant un photomaton géorgien, vient donner un indice supplémentaire sur l’intention des artistes. Eliso et Pavel tentent, en s’éloignant du fantasme d’origine, de donner naissance à une nouvelle narration. Si leur voyage aux États-Unis s’est soldé d’une déception de leur imaginaire, pourquoi ne pas trouver de nouvelles histoires chez soi ? Pourquoi ne pas en créer, et ainsi initier un nouvel imaginaire pour les générations futures, à l’instar des photographes américains du 19e et 20e siècle ?
Cette image du cheval, improbable présence nécessaire dans la construction de ces nouvelles histoires, est finalement aussi et peut-être, le début de cette nouvelle quête dans lesquels les photographes semblent vouloir se lancer : la recherche de leurs propres histoires et de leurs propres rêves.

Dates

Septembre 14 (Vendredi) 12 h 00 min - Octobre 27 (Samedi) 0 h 00 min

Lieu

GALERIE &CO119

119 rue Vieille du Temple, 75003 Paris

GALERIE &CO119119 rue Vieille du Temple, 75003 ParisOuvert du mercredi au samedi 12h - 19h

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