Novembre, 2018

mer07nov(nov 7)13 h 30 minsam24(nov 24)18 h 00 minSurfacesMarie Sommer Musée de Minéralogie MINES ParisTech, 60 boulevard Saint Michel 75006Type d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

*Je parle de pierres qui ont toujours couché dehors ou qui dorment dans leur gîte et la nuit des lons. Elles sont du d but de la planète, parfois venues d’une autre toile. Elles portent alors sur elles la torsion de l’espace comme le stigmate de leur terrible chute. Elles sont d’avant l’homme; et l’homme, quand il est venu, ne les a pas marquées de l’empreinte de son art ou de son industrie. Il ne les a pas manufacturées, les destinant à quel
usage trivial, luxueux ou historique. Elles ne perp tuent que leur propre m moire. Elles sont demeurées ce qu’elles étaient, parfois plus fraîches et plus lisibles, mais toujours dans leur vérité : elles-mêmes et rien d’autre (…)

Je parle des pierres plus âgées que la vie et qui demeurent après elle sur les planètes refroidies, quand elle eut la fortune d’y clore. Je parle des pierres qui n’ont même pas à attendre la mort et qui n’ont rien à faire que laisser glisser sur leur surface le sable, l’averse ou le ressac, la tempête, le temps (…)

Les siècles ont passé. Les descendants lointains des constructeurs démunis disposent d’un pouvoir quasi illimité. Ils peuvent lire dans les pierres, rien que des pierres mises à l’aplomb du sol et que leur science d concertée désigne d’un terme grec, le premier témoignage d’une ambition obscure, la leur, aussi démesurée, aussi mal dégrossie et aussi solitaire qu’elles. Et ils admirent que des stèles difformes inaugurent l’histoire entière de leur espèce.*

Roger Caillois, Pierres, 1966

Les ruines du village espagnol, Belchite en Aragon, sont conservées comme monument de propagande depuis 1937, en souvenir des bombardements de la guerre civile. Installées dans une vallée désertique, ces ruines semblent vouloir revenir peu à peu à leur état originel de champs de pierre. Cette réflexion engage une recherche sur le paysage minéral ou les pierres sont vues comme un possible conteneur mémoriel. Au travers de celles-ci, apparaît la possible représentation d’un espace originel, du temps d’avant l’histoire comme du temps qui lui succédera.

La recherche s’est développée en Espagne dans les carrières de marbre de Markina, le village en ruine
de Belchite, les grottes aragonaises et le musée minéralogique de Madrid. Elle se termine à Hiroshima au Japon, avec l’installation vidéo d’une lente apparition de l’une des uniques ruines de pierre de la ville, le d me de Genbaku.

Dates

7 (Mercredi) 13 h 30 min - 24 (Samedi) 18 h 00 min

Lieu

Musée de Minéralogie MINES ParisTech

60 boulevard Saint Michel 75006

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