Novembre, 2018

ven30nov(nov 30)11 h 00 min2019sam12jan(jan 12)18 h 30 minOculusYusuf SevinçliGalerie Les filles du calvaire, 17 rue des Filles-du-Calvaire 75003 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Oculus n’est jamais que la seconde exposition personnelle de Yusuf Sevinçli à la Galerie des Filles du Calvaire. Cinq années la sépare de Post, le solo show qui l’avait fait découvrir, en 2013 aux amateurs parisiens. Cinq années durant lesquelles Yusuf, né en Turquie en 1980, n’a cessé de traquer où que ce soit dans le monde une seule et même lumière noire – la couleur n’a encore jamais pénétré son regard.

Il y a cinq ans il se présentait au monde comme un « good dog » (c’était le titre de son premier photobook) et on retenait alors surtout l’image du chien, fidèle en cela à la définition du statut du photographe par ‘un de ses maîtres en obscurité, le japonais Daïdo Moriyama : un animal errant, reniflant partout, prenant le chemin de traverses, regardant surtout là où c’est déconseillé.

Tolède, Moscou, Paris, Zagreb, La Rochelle, Latina en Italie, Berlin, l’Ile d’Oléron, Lisbonne, Tbilisi, Montelimar, Sarajevo, Bursa, Assisi, New York, New Delhi, Le Cap Corse, Naples avec quelques retours à la ville qui lui sert de base : Istambul : Oculus est une carte. Voici en 46 instantanés le manifeste chien de race d’une photographie qui ne tient pas en place, qui revendique son statut d’errance, qui carbure à la recherche. Ce qui fait courir Yusuf n’a pas encore de nom précis. La fugue, le mouvement propre à la fuite se suffit encore à elle-même. Une fois rassemblées, ces 46 photographies offrent moins un carnet de route qu’un autoportrait en bougeotte,

On a pu confondre les photographies de Yusuf Sevinçli avec le mouvement même qui les a produit. C’est en partie cela qui a aussi changé en cinq ans : si les voyages se sont multipliés comme jamais, le déplacement a conditionné deux états qui co-habitent : une première impression, voulue, de confusion, de chaos, de flux émotionnel, avec pour obsession récurente, le passage des oiseaux dans le ciel. Une seconde sensation habite aussi en ces photographies : celle d’un regard qui, en se heurtant à la rencontre ou à la chose à photographier, espère à travers elle obtenir une réponse. Et cette réponse vaut bien un temps d’arrêt, une pause, un moment de fixation intense.

Et on se souvient alors du sens que les architectes prêtent à l’oculus : cette ouverture dans une porte permettant de voir de l’autre côté.

Philippe Azoury

Dates

Novembre 30 (Vendredi) 11 h 00 min - Janvier 12 (Samedi) 18 h 30 min

Lieu

Galerie Les filles du calvaire

17 rue des Filles-du-Calvaire 75003 Paris

Galerie Les filles du calvaire17 rue des Filles-du-Calvaire 75003 ParisLa galerie Les Filles du Calvaire, fondée en 1996 à Paris, a pour vocation de montrer et de défendre la création contemporaine. Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h30

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