Janvier, 2019

mer16jan(jan 16)13 h 00 mindim17mar(mar 17)19 h 00 minJe pense que vous devez être plusieursVincen BeeckmanLe Château d’Eau - Pôle photographique de Toulouse, 1, Place Laganne 31300 ToulouseType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Le Château d’Eau présente pour la première fois en France une exposition du photographe belge Vincen Beeckman. Sous le titre «Je pense que vous devez être plusieurs» sont présentées quatre séries emblématiques de cet artiste : «Claude et Lily», « Famille de Mons », « La Devinière» et «Les restaurants Chinois» et surtout certains de ses nombreux carnets qui sont à la fois un système lui permettant de s’y retrouver dans la sorte d’inventaire à la Prévert qu’il ramène de ses pérégrinations, une façon de raconter des histoires et une manière de nourrir sa réflexion sur son travail.

De manière générale, Vincen Beeckman s’engage dans des projets socio-artistiques, dans des intégrations de l’espace public et son approche du médium photographique s’attache à collectionner des photos de la vie de tous les jours.

Il développe des projets photographiques par accumulation d’images de choses ou de portraits de gens rencontrés au fil du hasard. Avec les personnes, il noue des liens s’inscrivant dans la durée, connaître son modèle, communiquer et échanger, se revoir, apporter du réconfort, partager des moments simples, sont les bases de la démarche de Vincen Beeckman. Il tente d’apprivoiser les quotidiens qui l’entourent en restant proche de ces hommes, de ces femmes, de ces familles, dont il capte des moments d’une vie sans singularité et souvent décalée. Sincèrement proche d’eux, il réalise des images concentrant l’intimité et la vie, loin de tout stéréotype et sans jugement social.

Mais si V.Beeckman mène des projets sociaux dans des quartiers périphériques, il voyage aussi.

Naturellement porté vers des sujets ordinaires, il pose un regard doux et étonné sur le monde d’où il débusque tout un tas de curiosités touchant au suréalisme et prêtant à sourire, à s’émouvoir ou à s’interroger sur la vie.

Vincen Beeckman étale des petits paquets de photos couleur comme s’ils étaient des jeux de cartes.
Contrairement à beaucoup de grands photographes, il est indifférent au seul fétichisme de la mise en forme du cliché photographique, à la quête des grand thèmes ou à l’emphase des effets de style. Son approche du médium photographique est aussi simple que cela : il collectionne des photos de la vie de tous les jours.

La collection d’images-in progress de Beeckman contient des photos habituelles de choses habituelles comme des portraits d’amis et de famille, des natures mortes, des détails du paysage urbain, des coins d’intérieurs, le chemin au travail, l’appareil de fitness, des autoportraits,…de tout. L’ensemble est clair et naturel et est de ce fait expérimenté comme formant une unité. Les simples instantanés sont d’une naïveté réfléchie. Ils s’adressent personnellement à celui qui les contemple, comme les photos de l’amateur qui met en image son propre univers dans l’album de famille.

Beeckman utilise son appareil pour documenter le monde dans lequel il vit au moment et à l’endroit où il en fait partie. L’inverse donc des prises de vue, distanciées et rapportant une réalité extérieure, qui sont à la mode dans la photographie contemporaine. Ses images sont implicites et il en fait ressortir sa propre perspective en relation avec son environnement, que ce soit les Marolles ou un endroit exotique au Vietnam. Par des sélections et des combinaisons d’images toujours différentes, Beeckman en arrive à des mosaïques de photos originales comme Album Belge ou Lost in Saigon (2004), qui laissent loin derrière les clichés du chercheur de Belgitude ou des photos touristiques.

L’interaction dynamique entre le photographe et la situation donnée caractérise aussi les interventions de Vincen Beeckman dans l’espace public. C’est ainsi qu’il a distribué des milliers de «fausses amendes» (les fausses amendes, 2004) derrière les essuies-glace de voitures parquées dans les rues de Bruxelles.

Il s’agissait de petits portfolios photographiques présentés comme une contravention. Pour le projet «Recyclart 2003-2005», il a intégré des affiches de grande dimension dans l’architecture de la chapelle de la gare de Bruxelles. Les photos en avaient été réalisées par les gamins du quartier qu’il avait familiarisés avec l’appareil photo.

Pour son projet actuel «Casting» dans la station de métro Anneesens à Bruxelles (2005), il invite plus de 300 habitants du quartier à réaliser ensemble une frise de portraits et de natures mortes de leurs «biens préférés». Le photographe joue ici le rôle du médiateur qui permet à tout un quartier de s’approprier l’espace public. Dans le même temps, Beeckman vient de démarrer un projet de recherche à Seraing, une région sinistrée depuis la fermeture des usines Cockerill. Il monte dans ce cas un projet de documentaire dans lequel les habitants se retrouvent via une trame de contacts provoqués par des interviews et des rencontres.

Ces recherches sur les apports du documentaire photographique en interaction avec d’autres moyens et avec un environnement existant montrent combien le travail de Beeckman est innovateur et pertinent.

Inge Henneman

Dates

Janvier 16 (Mercredi) 13 h 00 min - Mars 17 (Dimanche) 19 h 00 min

Lieu

Le Château d’Eau - Pôle photographique de Toulouse

1, Place Laganne 31300 Toulouse

Le Château d’Eau - Pôle photographique de Toulouse1, Place Laganne 31300 ToulouseOuvert de 13h à 19h du mardi au dimanche

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