Mai, 2018

ven18mai(mai 18)11 h 00 minsam08sep(sep 8)19 h 30 minSuites japonaisesAliska Lahusen & Klavdij SlubanGalerie du Canon, 10 rue Pierre Semard 83000 ToulonType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Née à Lodz (Pologne). Diplôme aux Beaux-Arts de Varsovie en 1972, puis École Supérieure des Beaux-Arts de Paris et Paris I Sorbonne – Art et Archéologie.
Vit et travaille à Paris et en Bourgogne.

Dans le domaine de l’art on oppose traditionnellement l’apollinien au dionysiaque, la symétrie à la dissymétrie, chacune de ces dimensions étant en elle-même porteuse d’un univers particulier. Dans le cas d’Aliska Lahusen, son œuvre telle qu’on peut la voir depuis de nombreuses années s’éloigne progressivement du baroquisme tourmenté qui semble avoir marqué son travail pendant les premières décennies pour atteindre aujourd’hui une sorte d’immobilité frontale et contemplative qui la rapproche de l’art d’un Giorgio Morandi. Comme chez le maître de Bologne les sujets traités par Aliska Lahusen se concentrent sur des objets simples du quotidien, tels un bol, un lit, une barque, qui prennent sous ses doigts une monumentalité silencieuse et une spiritualité propres au religieux. Un religieux qui pourrait prendre ses origines dans les racines polonaises de l’artiste mais également dans le bouddhisme zen qui l’a baignée lors de son séjour au Japon. Ainsi le thème du bol, propre aux moines mendiants, celui des porte sommeil, et plus généralement l’emploi des grandes formes circulaires, en référence à l’Enso, le cercle japonais symbole de la peinture Zen, témoignent de son ancrage nippon, comme les grandes pièces intitulées pluies inspirées des « cinquante-trois étapes de la route du Tökaidö » d’ Hiroshige. Il faut évoquer enfin la mystérieuse lumière sourde et grise qui baigne les tableaux peints sur des feuilles de plomb, nous ramenant à Morandi dont on sait qu’il interdisait que la poussière déposée sur les objets dans son atelier soit enlevée, procurant ainsi à ses natures mortes leur lumière unique.

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Klavdij SLUBAN

Né en 1963 à Paris.

Quelle force irrésistible pousse Klavdij Sluban à arpenter sans fin notre planète, choisissant de préférence les régions les moins accueillantes souvent situées à ses confins? Peut-être la nostalgie de son enfance passée chez sa tante en Slovénie, une période enchantée à laquelle il a été arraché lorsque ses parents émigrés à Paris le firent les rejoindre; on sous-estime la puissance des impressions et des souvenirs de l’enfance que nous autres adultes cherchons inlassablement à retrouver avec l’espoir toujours déçu d’y trouver la clé de notre identité, comme Rosebud pour Welles. Pour Sluban cette quête du retour impossible à l’enfance l’a notamment conduit autour de la mer Noire et de la mer Baltique, en Russie et en Chine, en Amérique centrale et à Jérusalem.
Divagation, sur les pas de Basho est la deuxième expérience photographique de Sluban en terre nippone. On retrouve dans la cinquantaine de photographies qu’il a sélectionnées à partir des milliers de clichés engrangés, la Sluban touch, faite de cadrages millimétrés (sans recadrages ultérieurs), de structures semi-abstraites fondées sur l’orthogonalité des lignes et des masses, du jeu des noirs profonds transpercés de trouées de lumière, des portraits de passants anonymes qui interrogent notre humanité. Peut-être que l’expérience japonaise a imprégné son travail d’une frontalité architecturale, d’une netteté plastique et d’une dimension contemplative auxquelles, par bonheur il n’a pu échapper. Une forme contemporaine de Japonisme.

Dates

Mai 18 (Vendredi) 11 h 00 min - Septembre 8 (Samedi) 19 h 30 min

Lieu

Galerie du Canon

10 rue Pierre Semard 83000 Toulon

Galerie du Canon10 rue Pierre Semard 83000 ToulonOuvert du mardi ­au samedi de 11h00 à 19h30. Nocturne tous les premiers jeudis du mois jusqu’à 21h00

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