Octobre, 2026

Kusukazu Uraguchi | Laure Gilquin

jeu29oct(oct 29)11 h i min2027mar19jan(jan 19)19 h i minKusukazu Uraguchi | Laure GilquinÀ marée basseGalerie Écho 119, 1 rue des Minimes, 75003 Paris 0 Ajouter à ma wishlist

Détail de l'événement

Photo : Kusukazu URAGUCHI, Sous l’eau, 1965

Depuis plus de trois mille ans, les ama, « femmes de la mer » japonaises, peuplent les rivages de l’archipel, plongeant en apnée à la recherche d’algues et d’ormeaux. Leur lien sensuel à l’eau, leur intrépidité et leur souveraineté ont, au fil des siècles, fasciné les poètes et les artistes.

Le photographe japonais Kusukazu Uraguchi (1922-1988) est originaire de Shima (préfecture de Mie), sur la côte du Pacifique. Il a consacré plus de trente années à traduire en images la vie des ama de sa région. Ses photographies mettent en lumière leurs pratiques séculaires, alors déjà menacées de disparition, tout en capturant leur énergie de chaque instant. Nourri par leur vitalité et la confiance qu’elles lui ont accordée, il a développé un langage visuel marqué par l’intensité et l’expressivité : noirs et blancs contrastés, décadrages, gestes saisis dans leur spontanéité ancrent les ama dans leur époque – les années 1960 et 1970 principalement – tout en rendant hommage à leur féminité puissante et assumée et à l’interaction harmonieuse qu’elles ont su établir avec leur environnement. L’exposition puise dans l’archive d’Uraguchi, riche de plusieurs dizaines de milliers de négatifs et longtemps restée inexplorée.

À l’occasion de cette exposition, le travail d’Uraguchi est mis en perspective avec celui de l’artiste française Laure Gilquin (*1981). Céramiste, photographe et relieuse spécialisée dans l’objet-livre, Laure Gilquin élabore depuis quelques années des œuvres de terre cuite – brute, engobée ou émaillée – dont les reliefs complexes et les crêtes délicates, sans renvoyer littéralement aux règnes de la nature, évoquent leurs formes et leurs processus. Choisies dans son atelier, ses sculptures déclinent une palette de noirs et de blancs proche de sa propre pratique photographique, tout en ouvrant un dialogue inattendu avec Uraguchi. La brillance de son émail résonne ainsi avec la moire des algues ramassées par les ama, ses lignes de vertèbres aux nuances calcaires prolongent les « cordes de vie » assistant les plongeuses, ses copeaux anthracite composent de périlleux horizons de vagues sombres. Organismes suspendus entre le végétal et l’animal, concrétions semblant issues du monde marin, réminiscences de paysages côtiers viennent par ailleurs souligner la dimension merveilleuse et mystérieuse de l’univers des ama, rappelant ce waka de la poétesse Izumi Shikibu (xie siècle) : De nombreuses formes / Étranges et belles / Nagent dans les eaux nocturnes / J’hésite à les partager / Avec d’autres plongeuses le jour…

Nous nous réjouissons de partager avec vous les œuvres de Kusukazu Uraguchi et Laure Gilquin qui, de captures du réel en visions poétiques, nous plongent dans les profondeurs de l’océan, de ses créatures et de ses transformations.

Sonia Voss, commissaire d’exposition

Dates

29 Octobre 2026 11 h 30 - 19 Janvier 2027 19 h 00(GMT-11:00)

Galerie Écho 119

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