Avril, 2026

Ingar Krauss

ven17avr(avr 17)12 h 00 minsam06jui(jui 6)19 h 00 minIngar KraussLa paisible lueur des chosesGalerie Camera Obscura, 268 Boulevard Raspail 75014 Paris

Détail de l'événement

Ingar Krauss est né en 1965 à Berlin-Est.
Autodidacte, il a commencé à peindre, puis à photographier, en marge d’un travail alimentaire de gardien de nuit dans un hôpital psychiatrique.
C’est au début des années deux mille que son travail est découvert : d’abord montré en Allemagne, il atteint vite une audience internationale avec des expositions aux Etats-Unis, en Italie, en France et ailleurs en Europe.
Il a reçu des bourses du département de la culture de la ville de Berlin, de la Fondation Robert Bosch, du ministère de la culture du Brandebourg, du Künstlerhaus Schloss Wiepersdorf et a bénéficié de résidences artistiques à Moscou, Kaliningrad, Turin, Reggio Emilia, Jena, Dresde et Davao (Philippines).
Il est représenté en France par la galerie Camera Obscura depuis 2009.

Ingar Krauss est photographe, mais il élève aussi des abeilles et cultive un jardin où poussent fleurs et légumes. Cette activité tient une grande place dans sa vie, tout comme la création d’images dont elle est d’ailleurs une parfaite métaphore : comme le jardinier tente de maîtriser et mettre en ordre la nature, l’artiste compose une image du monde.
Le jardinier fait avec ses arbustes et ses plantes ce que le poète fait avec les mots, les assemblant en telle sorte qu’ils paraissent nouveaux et étranges et aussi, comme pour la première fois, totalement eux-mêmes.
Hugo von Hofmannsthal

Fasciné par le portrait (c’est ainsi que son travail a été tout d’abord reconnu), il s’est ensuite intéressé à la nature morte qui l’occupe presque exclusivement depuis plusieurs années.
Ce n’est pas un hasard si ces deux genres majeurs dans l’histoire de l’art sont au coeur du travail d’Ingar Krauss, qui voue une admiration à Balthus et aux natures mortes de Juan Sánchez Cotán (1560, Tolède -1627, Grenade). Portrait et nature morte ont en commun une exploration du monde qui laisse de côté la hâte et le mouvement pour se concentrer sur un cadre immobile et méditatif.
Cette photographie est conforme à son caractère : concentré et en prise directe sur les choses, tel un paysan ou un artisan.

L’observation de la nature et le travail dans le jardin sont les principales sources d’inspiration d’Ingar Krauss et il choisit souvent de cultiver un légume ou une fleur dans le but de les photographier.
Pour la prise de vues, l’idée d’isoler ses sujets dans une boite s’est imposée intuitivement et permet de les photographier en lumière naturelle, sans disposer de studio ni d’éclairage, en créant un espace intime et réservé, hors du temps.
La lumière qui en résulte évoque la peinture classique qui, dans la pénombre des ateliers orientés au nord, s’évertuait à capter minutieusement la présence physique, mais surtout spirituelle des objets.
Mais, à la différence de cette tradition, il n’y a aucun symbolisme à déchiffrer dans les photographies d’Ingar Krauss, simplement la présence et le rayonnement des choses. Sinon que cette présence suspendue dans le temps évoque en creux la disparition, le memento mori de toute nature morte.

Ingar Krauss travaille de façon traditionnelle en moyen ou grand format analogique.
Il réalise lui-même les tirages de ses oeuvres par agrandissement sur un papier argentique noir et blanc qu’il met en couleur avec de la peinture à l’huile. Cette technique qui lui est propre consiste en glacis de peinture à l’huile appliqués sur le papier humide afin que la couleur pénètre la gélatine sans affecter la surface du papier photographique.
Il limite ses tirages à huit exemplaires.

Dates

17 Avril 2026 12 h 00 min - 6 Juin 2026 19 h 00 min(GMT+00:00)

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