Janvier, 2026

Max Guillaud

mar06jan(jan 6)14 h 30 minmer28(jan 28)19 h 30 minMax GuillaudPierre du MidiMédiathèque Jean Prévost, 2 place Cumbernauld 69500 Bron

Détail de l'événement

À la recherche des vestiges des carrières de la Pierre blanche, utilisée depuis l’époque romaine dans les édifices lyonnais.

Les murs qui nous entourent viennent de quelque part.

À Lyon, un certain nombre de ces murs ont été bâtis à base d’un matériau nommé « Pierre du midi ». Une pierre blanche et calcaire dite biodétritique miocène. J’ai voulu aller voir d’où venait cette pierre, son origine, et les traces que son exploitation a pu laisser à l’endroit où elle a été trouvée.

Aujourd’hui, seul le murmure du vent berce cet endroit. Nos pas y résonnent, le silence qui y règne est aussi lourd que fascinant.

Pourtant, cet endroit est loin d’avoir toujours été un théâtre sans bruit. Nous y marchons dans les pas de centaines de travailleurs qui s’attelaient à une tache des plus assourdissante : l’excavation.
Il y a 111 ans, nous avons exploité ce lieu pour sa pierre particulière.

Aujourd’hui, il fait trace. Considéré comme patrimoine, il s’effondre pourtant chaque jour un peu plus.

Cet endroit est un cadavre, laissé à l’abandon. Seul lui reste son silence, qui nous impose le chuchotement.

Découverte et questionnement d’une cicatrice dans l’environnement, par Max Guilaud

Cet endroit gigantesque dont je n’ai foulé qu’une partie laisse une fracture certaine dans l’environnement. Lieu d’exploitation de la terre et de l’emploi de plus de 400 personnes pendant plus de 111ans, cette carrière stoppera brutalement son exploitation en 1914 |-1] et restera là, dans le paysage.

Un tel vestige amène à se questionner sur l’héritage que laisse une nature scarifiée par un capitalisme inconsidéré.

Aujourd’hui plus que jamais, la question de notre impact environnemental devrait être au centre de tous les débats. Pourtant, notre relation à la nature a bien du mal à se soustraire à notre égoïsme anthropique [ I-2]. La nature est prise comme un dû à notre espèce, que nous abandonnons dès que son exploitation brutale est devenu inutile.

Sur place, cet abandon se revêt d’une odeur certaine : celle du brulé. La carrière laissée à l’abandon s’effrite avec le temps, et s’effondre petit à petit. De ce long effondrement reste l’odeur des pierres qui s’entrechoquent, une odeur de brulé, de chaud, une odeur qui inquiète.

Que restera t-il de tout ça si ce n’est un paysage fracturé ? Des solutions existent pourtant concernant les carrières et lieux d’exploitations, permettant le renouveau d’écosystèmes protégés [-3].

[-1] http://www.patrimoine-minier.fr/ mines_carrieres_souterraines/saint-juste/index.html
[-2] https://www.mdpi.com/1660-4601/21/4/458
[-3] https://www.nss-journal.org/articles/nss/pdf/1995/05/nss199503sp66.pdf

Dates

6 Janvier 2026 14 h 30 min - 28 Janvier 2026 19 h 30 min(GMT-11:00)

Lieu

Médiathèque Jean Prévost

2 place Cumbernauld 69500 Bron

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