Avril, 2019

jeu04avr(avr 4)12 h 00 minsam18mai(mai 18)19 h 00 minLe corps, infiniment Henri FoucaultHenri FoucaultGalerie Thierry Bigaignon, 9 rue Charlot 75003 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Les images de Henri Foucault conjurent la planéité photographique transformant la photographie en médium de la trois dimensionnalité. Comme si, avec un brin de facétie, c’était précisément à travers elle que Foucault tenait à démontrer après Rodin qu’il faut toujours « considérer une surface comme l’extrémité d’un volume ». D’autant qu’Henri Foucault a trouvé dans le corps la matière idéale – sans pourtant la modeler au sens propre – pour maintenir les formes dans un suspens vibratoire qui les fait osciller entre aplanissement et relief.

La surface n’est jamais ce qu’elle semble être chez lui. Car il ne cesse de l’altérer, de l’expérimenter, de la retravailler par couches successives d’interventions qui finissent par absenter le sujet de ses photographies. Comme souvent chez Foucault, le corps autopsié se joue des oppositions qui fondent le processus artistique – vide/plein, interne/externe, fond/forme – de la même manière qu’il brouille parfois les frontières entre le positif et le négatif photographique.

Cette dialectique sous-tend le travail de Foucault. Il s’amuse à contourner les limites du papier. Le sculpteur en lui sait retirer de la matière et faire usage du vide. Foucault perce, perfore, creuse encore et encore ses photographies. La béance est petite certes mais l’artiste n’a de cesse de porter atteinte à la deux-dimensions. Son obsession est éminemment sculpturale : il s’agit toujours de percevoir la ligne qui confère son existence au visible, de tracer (quitte à la subvertir) la frontière entre le dedans et le dehors, entre la surface et l’espace.

Objet sculptural, le corps peut être dédoublé, fragmenté, réduit, au bord de l’effacement, à son contour ou à une éclaboussure de lumière. Il est parfois tout entier dans l’espace qui l’enveloppe. Car ultimement, c’est peut-être à une forme de dissection conceptuelle que Foucault s’emploie. Il n’ouvre sur rien. Il resplendit dans une froide et précieuse luminosité.

Et si l’épiderme vaut pour le contenu, le plein pour le vide, le fond pour la forme, le bas pour le haut (et vice versa), c’est parce qu’Henri Foucault retourne la photographie comme un gant, l’analyse de l’intérieur, depuis ce qu’il pense d’une forme. Il dissèque moins le corps que l’image afin d’en feuilleter des degrés de visibilité, générant simultanément une matière décorative. Percée ou moirée par les épingles, la surface tient de l’orfèvrerie.
Le corps n’est souvent plus là. Mais il vibre encore, brille aussi.

ALIX AGRET

Dates

Avril 4 (Jeudi) 12 h 00 min - Mai 18 (Samedi) 19 h 00 min

Lieu

Galerie Thierry Bigaignon

9 rue Charlot 75003 Paris

Galerie Thierry Bigaignon9 rue Charlot 75003 ParisLa Galerie Thierry Bigaignon est exclusivement dédiée à la photographie. La galerie met l’accent sur une programmation internationale et entend défendre une certaine vision de la photographie : une photographie classico-contemporaine, une photographie éclectique et exigeante. Ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h

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