Juin, 2019

sam22jui(jui 22)9 h 00 minjeu15aou(aou 15)18 h 30 minCréatures baroquesClaire et Philippe OrdioniGalerie Goutal, 3ter rue Fernand Dol 13100 Aix-en ProvenceType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Après leur passage remarqué au Musée des Tapisseries à Aix-en-Provence et au Musée Regards de Provence à Marseille, le duo de photographes Claire et Philippe Ordioni présente 10 ans de leur travail à la Galerie Goutal.

Anonymes et célébrités du monde de l’art comme Jean Claude Dreyfus, ont accepté de se prêter aux longues séances de maquillage et d’habillage. Derrière l’objectif Claire et Philippe captent cet instant « baroque » qui échappe à tout contrôle, ce supplément d’âme qui va transpirer à travers les personnages.

Défiant le temps et les codes esthétiques, les portraits baroques réalisés par le duo père-fille: Claire et Philippe Ordioni, sont une invitation à franchir « la ligne jaune ».
Celle-là même qu’ils considèrent comme le point de départ d’une aventure artistique et familiale.Une ligne que tout enfant rêveur et rebelle cherche à transgresser.
A une époque où les selfies, les icônes de la mode se mettent en scène sur les réseaux sociaux, ce duo de photographes réintroduit le mystère, la magnificence dans l’art du portrait tout en faisant éclater les codes de la bienséance.

Aussi pourrait-on parler d’un renouveau baroque. Claire et Philippe revendiquent cette filiation comme en témoigne le nom de leurs séries: Barocco, Baroquistador, Barocalypse , Divas Baroques.

D’un point de vue formel, leur oeuvre présente une ressemblance troublante avec la peinture de la renaissance dite classique. La composition est rigoureuse et minimaliste. Le fond est neutre et gris. Le sujet se détache, lumineux à la manière d’un Velasquez.

Mais un vent de révolte bouscule la sobriété de la mise en scène et contrarie les codes du classicisme.
Les personnages représentés tiennent plus de la cour du Roi Ubu que de celle des grands d’Espagne, comme ce monarque au teint blafard, coiffé d’un lustre et portant une collerette en éponge. Sa pose est emprunte de majesté mais ses attributs sont incongrus.

Car la démesure et les passions sont au coeur du travail de Claire et Philippe. Cette galerie de portraits offre au regard ce que la société s’efforce à gommer: les méandres de notre âme.

Emergeant de la pénombre, les personnages dévisagent le spectateur avec intensité, impudeur, le happant vers les profondeurs de leur monde. Le patient travail sur les costumes et le maquillage contribue pour beaucoup à cette extravagance.

De la robe dans laquelle se pavane une belle diva jusqu’à à la couronne posée sur la tête d’un roi lunaire, toutes ces pièces sont des matériaux de récupération détournés de leur usage initial. Ces objets abimés et oubliés par notre société inspirent les Ordioni car ils sont porteurs d’une histoire. Par le prisme de leur regard, ils perdent leur sens originel pour devenir les précieux colifichets d’un autre monde.

Le maquillage, inspiré du cinéma expressionniste renforce le choc visuel et la tension dramatique. La peau des modèles est maquillée de blanc, les yeux qui en disent long sont cernés de noir, la bouche carmin souligne le secret ou bien s’ouvre dans un cri muet.

Les modèles, quant à eux, ne sont jamais choisis pour leurs caractéristiques physiques. Les anonymes ou certaines stars comme Jean-Claude Dreyfus se sont prêtés au jeu. Ils se présentent tels qu’ils sont. Mais une fois maquillés et vêtus de ces costumes horsnormes, se produit la métamorphose. Derrière l’objectif, Claire et Philippe traquent patiemment « ce moment qui échappe à tout contrôle (…) ce supplément d’âme qui va transpirer à travers le personnage incarné ».

Les portraits baroques participent à un climat de confusion propre à créer une esthétique ambigüe, poétique et addictive. On se surprend à sourire face à ce bestiaire humain tiré à quatre épingles.
Ce sont des miroirs tendus vers notre monde. Ils nous invitent à réfléchir sur notre rapport à l’apparence et aux objets. Et du haut de leur cadre, ils nous murmurent qu’en chacun de nous, il y a des rêves d’enfants, verrouillés à double tour, qui n’attendent qu’à s’échapper.

Dates

Juin 22 (Samedi) 9 h 00 min - Août 15 (Jeudi) 18 h 30 min

Lieu

Galerie Goutal

3ter rue Fernand Dol 13100 Aix-en Provence

Galerie Goutal3ter rue Fernand Dol 13100 Aix-en ProvenceEntrée libre du mardi au Samedi de 9h à 13h et de 14h à 18h30. Fermée le mercredi

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