Mars, 2020

sam28mar(mar 28)10 h 00 mindim03mai(mai 3)18 h 00 minEvénement annuléL’Emoi Photographique Organisateur: L'Emoi Photographique Type d'événement:Festival,Photographie

Détail de l'événement

L’Emoi Photographique est un festival de photographie qui se déroule à Angoulême en Charente du 28 mars au 03 mai 2020, organisé par une équipe de bénévoles.
Il fait une place d’honneur à la photographie dite d’auteur avec une prédilection pour les travaux de l’ordre du récit. En 2020, il va parcourir le thème du détournement.

Selon le petit Larousse :
Détournement : action de détourner
Détourner : modifier le cours, la direction ; contraindre, par la menace ou la force ; diriger vers un autre centre d’intérêt ; en donner une interprétation qui s’écarte du sens véritable ; tourner la tête d’un autre côté pour éviter de voir ou d’être vu ; soustraire frauduleusement.

Le détournement ou action de détourner est multiple :
« Détournements »
L’artiste l’utilise le plus souvent pour obliger le spectateur à modifier son point de vue, l’engageant, par ce déplacement intellectuel ou physique, dans une dynamique. Que l’on soit d’accord avec l’auteur ou l’autrice, que l’on aime son travail ou pas, la remise en question de la transformation de la réalité, l’analyse pour en disséquer le fonctionnement, vous emmène dans un mouvement. Il favorise alors la discussion, engendrant critique ou assentiment. Père de conversations passionnées, rationnelles ou pas, il peut même arriver à vouloir vous faire changer le monde.

Le choix de ce thème pour la huitième édition du festival « L’Emoi Photographique » veut réveiller les énergies, brouiller les cartes pour susciter la curiosité et engager la conversation. Pour cela, nous avons choisi l’artiste plasticien Georges Rousse comme invité d’honneur, nous avons sélectionné 21 photographes d’après notre appel à candidature et noué un partenariat avec le centre LGBT-Adhéos pour présenter la collaboration du vidéaste Gérard Chauvin et du photographe Daniel Nassoy.
Georges Rousse crée des perspectives magiques dans ses photographies. Il y réinvente l’espace, rendant presque palpable le vide dans lequel se meuvent ses créations géométriques. En détournant la réalité grâce à ses anamorphoses, il nous propose un autre monde.
Point de départ de notre programmation, le travail de Georges Rousse ouvre la discussion sur les possibilités multiples de l’utilisation du détournement. L’éclectisme de la programmation du festival veut mettre en avant les caractéristiques du travail d’auteur : « Si ce travail existe, c’est parce que c’est moi ! Un autre ferait autrement. »
Quand l’étrangeté de l’image donne un sentiment de malaise et nous pousse à en découvrir le pourquoi, nous pouvons aborder des sujets tels la manipulation génétique avec Alain Gillet, l’asservissement animal et le réchauffement climatique avec Alastair Magnaldo, la noirceur des méandres de l’occupation d’un continent par un autre avec les Soeurs Chevalme, le désespoir avec Claudia Vialaret ou la recherche de l’acceptation de soi avec Dorothée Machabert.
Chez Catherine François tout est positif et négatif en même temps. Le regard créatif du duo Amaral et Barthès permet de se détourner de la raison de l’occupation d’une chambre d’hôpital.
Eric Droussent, quant à lui, trouve de la poésie dans tout objet ; ce détournement du quotidien réveille notre rapport à notre environnement immédiat tout comme Olivier Muhlhoff qui contraint nos paysages à nous émerveiller tels des kaléidoscopes géants, Paule Neel qui transforme les corps en paysages ou Jean-Michel Pouzet qui fait parler les objets.
Jean Cazelles, Syene et Jean-Yves Moirin ont choisi le mystère en nous emmenant nous promener dans le tout petit pour le premier, la ruine réinterprétée pour la deuxième et l’antiquité vivante pour le troisième. Avec Francis Juraszek la translation temporelle est moins ancienne mais Mouna 1er, clochard-philosophe, libertaire, pacifiste et écologiste, sacré en 1973, est souvent associé à mai 68. Ce travail m’amène à penser à l’Université Libre de Vincennes créée par Edgar Faure et rasée en 1980 par Jacques Chirac, ou aux bouleversements actuels de notre société que Mouna dénonçait déjà à son époque.
Hajime Art nous propose avec humour un autre phénomène de société : l’animal numérique ou une petite histoire de nos addictions.
Pour la grande histoire du changement climatique, il faudra visiter « Les trente géants de Don Quichotte » d’Anthony Morel ou « Quand la banquise fond » de Véronique Loh. Quant aux autodafés de Thierry Parezys, ils ouvrent le débat de la coexistence du livre papier et du livre numérique, une autre histoire !
Pour le duo photographe et vidéaste formé par Daniel Nassoy et Gérard Chauvin, un titre en forme de jeu de mot. Il s’agit de réemployer, entre autres, l’image et l’histoire des mineurs de fond. Celle des terrils européens pour le visuel et celle du Mozambique pour l’association au statut du mariage, ceci pour insister sur des libertés qui échappent à toutes formes de conventions morales.
Une projection des travaux photographiques de Justine Darmon, Dominique Lardet, Axel Pilier, Fernando Marante, Gisèle Mondet, Jean-Marie-Dupond, Laurence Verrier, Loic Casanova, Moss Lab, Pascal Sentenac et Véronique Khammisouk sera présentée à l’Hôtel St Simon pendant tout le festival.

Peggy Calvez-Allaire
Directrice artistique du festival « l’Emoi Photographique »

Photo : Bercy 1984 © Georges Rousse

Dates

Mars 28 (Samedi) 10 h 00 min - Mai 3 (Dimanche) 18 h 00 min

Organisateur

L'Emoi Photographiqueemoiphotographique@free.fr Angoulême

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