Août, 2021

jeu26aou(aou 26)10 h 00 minjeu07oct(oct 7)18 h 00 minOn That DayChervineGalerie Esther Woerdehoff - Suisse, rue Marguerite-Dellenbach 3 , 1205 Genève, SuisseType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

« Mes photos sont réalisées dans des lieux ordinaires, des endroits banals, là où la vie charrie son train-train. J’ai toujours considéré les rues de New York comme autant de scènes et ses habitants comme autant d’acteurs qui interprètent leur propre pièce, leur histoire, leurs vies ».
Chervine

Photographier New York est devenu un cas d’école. Conscient de cet héritage, le photographe franco-iranien Chervine (né en Iran en 1972) parvient pourtant à nous surprendre en montrant la ville sous un jour nouveau.
Ingénieur de formation, il est un photographe autodidacte.
Le regard que pose Chervine sur New York est celui d’un bâtisseur de lumière.
Guidées par le course du soleil, les scènes urbaines qu’il nous montre portent en elles une réflexion sur le temps. Ce sont les surgissements gracieux d’instants enfuis, où des passants sont saisis au détour d’un boulevard, à la terrasse d’un café ou au milieu d’une rue, toujours baignés d’une lumière enveloppante et radieuse.
La ville est dans l’attente, en retrait, laissant ses habitants surgir timidement de l’opacité urbaine. Les individus, seuls ou en groupe, n’y apparaissent que par bribes, comme des jaillissements lumineux. Plongées dans l’obscurité, les imposantes façades urbaines prennent ainsi la place subsidiaire du décor de théâtre qui attend que le projecteur se braque sur lui.
L’oeuvre de Chervine est une histoire d’ombres qui s’écrit sous le signe du clair-obscur. Avec son Leica, l’artiste photographie la ville au lever du jour et au coucher du soleil, aux moments de la journée où la clarté se fait vacillante.
Les personnages de ses photographies habitent l’obscurité avec une grâce toute fragile, signalant leur discrète présence par touches lumineuses. Nous entrons ainsi dans le paysage urbain à travers la carrosserie d’une camionnette, le flamboyant chapeau rouge d’une femme, la façade immaculée de l’Empire State Building ou l’enseigne lumineuse d’un café.
L’univers cinématographique est une constante dans l’oeuvre de Chervine, donnant à l’espace urbain les allures d’un plateau de tournage dans lequel l’artiste se laisserait porter au gré des déambulations géographiques des individus qu’il croise sur son chemin. Ces derniers semblent tout droit sortis d’un film noir, à la fois hors du temps et étrangers au monde qui les entoure.
Mais que recherche vraiment l’artiste ?
Si l’on est absorbé par ces photographies où l’on se plaît à imaginer l’histoire de chacun de ces anonymes et ce que serait un voyage dans leur journée, Chervine fait pourtant planer le doute, ne dévoilant rien du monde qui les habite. Il laisse aller les chemins sinueux de notre imaginaire : « J’ai un rapport très distant avec mes personnages. Je ne m’en approche jamais. Je tente de les insérer dans ma composition comme un élément parmi d’autres. », explique-t-il.

Dates

Août 26 (Jeudi) 10 h 00 min - Octobre 7 (Jeudi) 18 h 00 min