Novembre, 2025

Paul Reas

ven21nov14 h 00 min2026mer21jan18 h 30 minPaul ReasFables of FaubusGalerie Le Carré d’Art - Centre Culturel Pôle Sud, 1 rue de la Conterie - 35131 Chartres de Bretagne

Détail de l'événement

En partenariat avec le GUERNSEY PHOTOGRAPHY FESTIVAL et GLAZ FESTIVAL (2èmes Rencontres Internationales de la Photographie en Bretagne), une rétrospective du photographe documentaire britannique Paul REAS est organisée pour la première fois en France.
Commissariat : Jean-Christophe Godet et François Boucard

Fables of Faubus aborde, en six chapitres, l’œuvre de ce photographe documentaire britannique, qui s’étend sur trente années (1982-2012). Paul Reas fait partie de la génération de photographes qui a révélé la classe ouvrière et montré le déclin industriel du Royaume-Uni dans les années 80 et 90. Grâce à une observation fine de la société, et parfois avec humour, il a été le témoin de l’émergence d’un nouveau monde, devenu individualiste, et où la consommation de masse est devenue la norme.
Cet extraordinaire corpus d’images revient sur trois décennies de bouleversements politiques, sociaux et économiques en Grande-Bretagne, mais il dévoile surtout le parcours inédit et atypique d’un artiste qui a su, au fil des décennies, creuser sa place dans le monde artistique grâce à un travail exigeant et à un questionnement permanent de son approche photographique.

Un regard acéré sur une Grande-Bretagne en mutation Paul Reas est né en 1955 dans une famille ouvrière de Bradford, au Royaume-Uni. Il quitte l’école à 15 ans et suit une formation de maçon pendant cinq ans, avant de partir étudier la photographie documentaire au Newport College, au Pays de Galles, en 1982. Issu d’un milieu ouvrier, Reas ne photographie pas le monde d’en haut, mais depuis l’intérieur, avec une lucidité empreinte de compassion et d’ironie. Son œuvre, traversée par les tensions de la désindustrialisation, de la montée du néolibéralisme et du consumérisme triomphant, s’inscrit dans la tradition documentaire critique britannique aux côtés de Martin Parr, Paul Graham ou Chris Killip.

La série Industry (1982) compose une première série de travaux réalisés pendant que Paul Reas étudiait au Newport College of Art and Design, au Pays de Galles. Il se concentre ici principalement sur la mine de Desmond et sur toute la main-d’œuvre masculine, près de Pontypool, au sud du Pays de Galles.

Penrhys Estate (1984) est un domaine d’habitation construit à l’origine pour héberger des mineurs de charbon, qui ne sont jamais venus… Situé à 335 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans la vallée de Rhondda, cet ensemble immobilier, composé de petites maisons identiques, a été utilisé comme « dépotoir » pour les familles « à problème ». Pour gagner la confiance de la communauté, on a établi « The Free Studio » dans la zone commerciale, qui est devenue le point d’entrée dans la communauté.

Le projet Valleys (1985) décrit l’impact du déclin des industries de l’acier et du charbon et de l’émergence des nouvelles technologies. Les sociétés informatiques voulaient employer principalement des femmes, qui, selon elles, étaient les mieux adaptées à l’assemblage complexe de circuits imprimés, mais ils souhaitaient également une main-d’œuvre n’ayant aucune expérience antérieure du travail – donc n’ayant pas été et n’étant pas syndiquée – ce qui a conduit à l’emploi d’épouses et de filles de mineurs et d’ouvriers sidérurgiques licenciés.

Avec I Can Help (1988), Paul Reas adopte la couleur et affine sa critique : dans les centres commerciaux clinquants des banlieues de villes britanniques, il photographie les rituels absurdes de la consommation de masse. La satire n’exclut jamais l’empathie ; ce qui frappe chez Paul Reas, c’est sa capacité à observer sans condescendance, à dénoncer sans mépris.

Dans Flogging a Dead Horse (1993), il poursuit sa réflexion en s’attaquant à l’industrie du patrimoine, qui transforme la mémoire collective en produit marketing. Ici, les musées industriels thématiques offrent un nouveau sentiment d’appartenance et d’identité. Le passé recréé par ces attractions touristiques faisant fi des contradictions pour créer une version fictive et romantique du passé, les reconstitutions y apparaissent comme autant de fables rassurantes masquant les fractures bien réelles de la société britannique.

Dans Flogging a Dead Horse (1993), il poursuit sa réflexion en s’attaquant à l’industrie du patrimoine, qui transforme la mémoire collective en produit marketing. Ici, les musées industriels thématiques offrent un nouveau sentiment d’appartenance et d’identité. Le passé recréé par ces attractions touristiques faisant fi des contradictions pour créer une version fictive et romantique du passé, les reconstitutions y apparaissent comme autant de fables rassurantes masquant les fractures bien réelles de la société britannique.

Paul Reas nous donne ainsi à voir une Angleterre sans fard, rugueuse et poignante. Sa photographie, loin d’être purement documentaire, est un art politique : un regard sans illusion, mais pas sans espoir, sur les récits que la société se construit pour oublier ceux qu’elle laisse derrière.

Dates

21 Novembre 2025 14 h 00 min - 21 Janvier 2026 18 h 30 min(GMT-11:00)

Galerie Le Carré d’Art - Centre Culturel Pôle Sud

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