Février, 2020

sam29fev(fev 29)14 h 00 minven10avr(avr 10)19 h 00 minTeatri / PhotopastelsPatrizia MussaGalerie XII, 14 rue des Jardins Saint-Paul 75004 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Galerie XII Paris a le plaisir d’annoncer la première exposition personnelle de Patrizia Mussa à Paris, du 29 février au 10 avril 2020.
Depuis plusieurs années, Patrizia Mussa a entrepris un travail photographique de mémoire sur les théâtres implantés dans les villes d’Italie. Elle rehausse ses tirages au pastel, à la main, ce qui leur confère une poésie unique.

Après les photographies du Yémen exposées dans le cadre de la Troisième Biennale des photographes du monde arabe contemporain en 2019, Patrizia Mussa est de retour à la Galerie avec Teatri / Photopastels.
L’artiste photographie les théâtres de son pays, qu’elle ne considère pas seulement comme des lieux historiques. Elle les pense comme des «formes ouvertes», des espaces architecturaux transformés par le temps. Patrizia Mussa veut capturer l’essence même de ces lieux.
Depuis 2016, son travail dépasse la simple photographie. Elle utilise le pastel pour venir rehausser ses tirages à la main, de manière très subtile. Ainsi réinterprétées en photopastels, comme elle les nomme, ses images vont au-delà de la réalité. L’artiste en propose une lecture personnelle et revisitée, donnant sa propre définition du théâtre. Car le théâtre est aussi un lieu de l’imaginaire où le rêve et la poésie cohabitent et les couleurs lui permettent de le l’imaginer comme elle souhaiterait qu’il ait été, qu’il soit, et qu’il reste.

La série intitulée “The Time Lapse” de Patrizia Mussa, bien qu’étant photographie, nous transporte au-delà de la photographie. Sous l’action de sa main de peintre, par un traitement effectué avec pastels et aquarelles, ses photographies s’émancipent de leur nature mécanique, devenant des corps hybrides, dont l’essence imperceptible se situe à la limite de ce seuil qui sépare, comme le veut Walter Benjamin, l’oeuvre dotée d’une propre aura de l’oeuvre mécanisée et pouvant être répétée telle quelle à l’infini.
Chaque déclic des théâtres de Mussa s’avère une question qui interroge notre oeil, une énigme linguistique qui, même après avoir été dévoilée (elle peut vous indiquer où elle a opéré, avec la couleur et avec la main) ne perd rien de son caractère « auratique » particulier. Pouvoir de la peinture, force dés-objectivante d’une photographie qui ne se replie pas sur elle-même mais va au-delà, à la recherche d’un rapport profitable avec la peinture.
Par leur caractère unique absolu, chaque photographie est d’abord imprimée selon les modalités les plus adaptées à mettre en relief les qualités de chaque image et peinte ensuite de façon presque imperceptible mais significative afin de transformer la photographie d’une réalité donnée en une vision subtilement onirique, humblement grandiose et en mesure d’exalter avec fort pouvoir d’éloignement la vérité de lieux qui sont comme des oasis de l’imaginaire collectif de notre civilisation et qui nous parviennent, plus ou moins intacts, pour contribuer à la constitution de notre ADN culturel.
Dans cette série, Patrizia Mussa crée un portrait très personnel de lieux qui ont marqué l’histoire de l’architecture et de la culture : théâtres nés dans des prisons et commandités par les Académies émergentes de la Renaissance pour enseigner les nouvelles sciences ; théâtres voulus par des ducs pour célébrer selon un faste baroque la visite d’autres souverains, théâtres nés en tant que lieux éphémères ayant servi au cours des siècles tapour quelques représentations et jamais démantelés (heureuse inétertie de l’Histoire !) ; théâtres apparus dans le sillage des anciennes études de Vitruve, débordant de statues de dieux disparus et de nouvelles muses.
L’exposition, organisée par la Galerie XII Paris, présente une sélection d’oeuvres dont certaines inédites, réalisées entre 2018 et 2019, qui représentent : le Théâtre Farnese de Parme, le Théâtre Olympico de Vicenza, le Théâtre à l’Antica de Sabbioneta, le Théâtre Regio de Parme et le Théâtre Scientifico de Mantoue.
Pour les narrer, Patrizia Mussa emploie un langage photographique qui semble, au premier abord, de nature objectivante se caractérisant à la fois par une lumière naturelle, une vision frontale, une mise à feu totale, l’attention pour l’aspect particulier, la présence de détails, le tout s’insérant dans une « narration » calibrée, rationnelle, cristalline, omnisciente, omniprésente, omnivore, mais aussi harmonique, séraphique, claire, lumineuse et nette. Toutefois tout ceci ne vaut exclusivement que pour la photographie qui sous-tend l’image finale et sert de support à un élan de vision en mesure de récupérer le sens d’une unicité qui semblait destinée à périr sous les coups portés par le moyen de reproduction mécanique de l’oeuvre d’art. La photographie est donc la base ( si l’on veut, déjà autonome) sur laquelle P. Mussa édifie une vision qui est guidée et veut exalter ultérieurement le caractère plastique du lieu. Si la photographie révèle une certaine réalité, l’intervention picturale la relit et la redécouvre par le biais d’une opération de « maquillage » soutenu qui, rappelant les pratiques à l’aniline de l’époque du noir et blanc, transforme l’oeuvre en une véritable image mentale, une projection idéalisante et idéalisée de ce que pourrait et devrait être le lieu “théâtre”. Un lieu qui, durant des millénaires, a abrité non seulement la représentation du monde des humains mais aussi celui des dieux. Les histoires, qui s’y sont déroulées et qui ont traversé des générations, ont innervé d’idéaux et de mythes le système nerveux que nous partageons, nourrissant un rituel d’ “effet de reflet” qui, avec le rituel religieux, représente sans doute le Leitmotiv d’une histoire qui se répète au cours des diverses sédimentations des époques.
A ces corps débordant d’histoires du passé et dans l’attente de futures histoires, Mussa consacre une série photographique qui va au-delà de toute idée de « série » et de « photographie ». En réalité, il s’agit de portraits uniques et personnels de lieux abordés comme s’il s’agissait de visages de personnes possédant une âme, dotées d’une psychologie à facettes multiples et d’une histoire vécue qu’il nous incombe, à travers les oeuvres de Patrizia Mussa, de redécouvrir, d’étudier de nouveau et de faire revivre.
Par Nicola Davide Angerame

Dates

Février 29 (Samedi) 14 h 00 min - Avril 10 (Vendredi) 19 h 00 min

Lieu

Galerie XII

14 rue des Jardins Saint-Paul 75004 Paris

Galerie XII14 rue des Jardins Saint-Paul 75004 ParisLa galerie est ouverte du mardi au vendredi de 14 h à 19 h, le samedi de 12h à 19h, et sur rendez-vous. Fermeture en Août

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