Décembre, 2025

Gaspar Gasparian

jeu11déc(déc 11)11 h 00 min2026sam07mar(mar 7)19 h 00 minGaspar GasparianLe Modernisme brésilienLa Galerie Rouge, 3 Rue Du Pont Louis-Philippe 75004 Paris

Détail de l'événement

Photo : Começa o Dia, 1943 © Gaspar Gasparian

A l’occasion de l’année du Brésil en France, la Galerie Rouge organise une exposition personnelle du photographe brésilien Gaspar Gasparian (1899-1966). Avec Thomas Farkas et Marcel Giró, il est un représentant éminent du courant moderniste brésilien d’après-guerre qui a poussé la photographie toujours plus loin dans les recherches formelles et l’abstraction. Cette « école » a récemment donné lieu à une exposition passionnante aux Rencontres de la Photographie d’Arles à l’été 2025 intitulée « Construction Déconstruction Reconstruction, La photographie moderniste Brésilienne (1939-1964) ».

La pratique de Gaspar Gasparian, qui évolue d’un style proche du pictorialisme à une quasi-abstraction, reflète l’histoire du modernisme brésilien et plus largement du modernisme photographique à l’international. Ses oeuvres font en effet écho à la Subjective Fotografie de Otto Steinert et Peter Keetman en Allemagne et au New Bauhaus/Institute of Design de Chicago incarné par Harry Callahan et Aaron Siskind.

L’école de São Paulo a une spécificité puisqu’elle s’est développée au sein d’un club de photographie amateur, le Foto Cine Clube Bandeirante fondé en 1939, qui s’impose rapidement comme le foyer de pratiques et de recherches novatrices. Aux côtés de figures telles que Geraldo de Barros, Eduardo Salvatore, Ademar Manarini, German Lorca et Thomaz Farkas, Gasparian contribue à affirmer la photographie comme un médium autonome, affranchi des codes picturaux. Membre très actif de ce groupe qu’il intègre en 1942, Gasparian bénéficie de sa politique de partage et de diffusion. Il échange ses photographies avec d’autres clubs internationaux, voyage, participe à des concours et à des salons, ce qui lui permet d’être largement exposé et publié dans le monde entier.

À ses débuts, Gasparian aborde la photographie d’une manière assez académique : il réalise des natures mortes dans des compositions harmonieuses. A partir de 1942, Gasparian pose son regard sur la ville et ses rues à la recherche d’un nouveau langage. Il isole les figures humaines, recherche les effets de perspectives et les correspondances de formes. A partir des années 1950, il travaille davantage au sein de son studio situé dans son appartement, lieu idéal pour expérimenter librement. Dans ses compositions, qu’il capture à l’aide d’un Linhof puis d’un Plaubel 6×9, il prend le temps d’assembler minutieusement des objets – verre, bouteilles, fruits – introduit des fonds abstraits, place devant ses compositions des vitres striées, floutées, cannelées, transformant ses natures mortes en véritables abstractions. Une géométrisation marquée s’impose : ombres et lumières sculptent les contours, simplifient les volumes, densifient la composition.

Au même moment, il quitte le Foto Cine Clube avec cinq autres membres pour créer « Le Groupe des Six ». Ensemble, ils décident d’aller encore plus loin dans l’abstraction et l’expérimentation photographiques. Gaspar Gasparian abandonne alors tous repères spatio-temporels et crée des images extrêmement graphiques jouant sur les contrastes entre noir et blanc et l’accumulation d’objets comme des tonneaux ou des tuiles en ciment. Pendant le développement de ses photographies, Gasparian commence à inverser le sens de l’image. Ce travail de re-composition de l’image qui tend à l’abstraction est central dans son travail. Il photographie avec un objectif grand angle de manière à inclure la totalité d’une scène au moment de la prise de vue, puis, à partir du tirage contact, il re-cadre l’image en ignorant l’élément central de l’image pour se concentrer sur un aspect abstrait comme une ombre ou un reflet. Peu importe le sujet – que ce soit un chantier à São Paulo, les voiles d’un bateau, ou des bouteilles en verre – ce qui l’intéresse c’est de faire surgir des formes abstraites à partir du réel.

Sur une vingtaine d’années particulièrement fécondes, de 1942 à 1964, Gasparian a su construire une vision qui lui soit propre au sein de la scène moderniste brésilienne. Son héritage photographique est aujourd’hui conservé au sein de la Collection Gaspar Gasparian, créée par son fils qui oeuvre sans relâche pour préserver et diffuser les images réalisées durant l’âge d’or du photoclubisme au Brésil. Ses oeuvres ont depuis quelques années rejoint les collections de musées prestigieux comme le MoMa, NY et la Tate Modern, Londres.

Dates

11 Décembre 2025 11 h 00 min - 7 Mars 2026 19 h 00 min(GMT+00:00)

La Galerie Rouge

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