Avril, 2026

Michael von Graffenried

jeu16avr(avr 16)14 h 00 minsam04jul(jul 4)19 h 00 minMichael von GraffenriedNu au ParadisEspace MVG, 36 rue Falguière, 75015 Paris

Détail de l'événement

« Ce n’est pas par hasard que le nudisme a connu son apogée au moment où l’art et les sciences ont évolué à l’unisson, sous l’effet d’une nécessité interne, vers une conception nouvelle de l’homme comme Gesamtkunstwerk, comme oeuvre d’art totale. »
— Harald Szeemann

« Les gens affirment collectivement leurs intentions pacifiques en se débarrassant de l’uniforme de la société, se rendant ainsi aussi vulnérables que seuls des êtres humains désarmés et dénudés peuvent l’être. Si cela constitue un message, de leur part ou de celle de Graffenried, c’est celui-ci : ce ne sont pas les corps qui se comportent mal et font du mal aux autres, mais les esprits. »
— A.D. Coleman

« La première heure passée dans le plus simple appareil s’avère difficile, mais je ne tarde pas à retrouver mon aisance. Il est interdit de prendre des photos: un mur entoure le domaine. Je n’obtiens le feu vert qu’après plusieurs entretiens. Pendant une semaine, je me présente comme un reporter, je montre des diapositives et je récolte les signatures des naturistes qui veulent bien se laisser photographier: “Je donne mon accord à la publication.” Beaucoup d’entre eux ne peuvent pas se permettre que parents, voisins et collègues de travail apprennent où ils passent l’été. Le dimanche, un prêtre dévêtu célèbre un service en plein air. Impossible de fixer cette scène sur la pellicule, la paroisse s’y opposerait. « Die neue zeit” (temps nouveaux), située au bord du lac de Neuchâtel, constitue l’une des plus anciennes organisations naturistes du monde. Etre nus ne suffit pas aux “Lichtfreunde » (amis de la lumière), nom que le groupement porte depuis sa fondation voilà soixante ans. Ils ne fument pas, ne boivent pas d’alcool, ne mangent pas de viande. Ils aspirent à l’amélioration et à l’ennoblissement de l’homme. »
— Michael von Graffenried

Pendant plus de dix ans, entre 1987 et 2001, Michael von Graffenried s’immerge dans le quotidien d’une des plus anciennes associations naturistes au monde, installée à Thielle, au bord du lac de Neuchâtel, en Suisse. Derrière les murs du camp Die Neue Zeit, les membres des Schweizerische Lichtfreunde (« Amis de la lumière ») cultivent un mode de vie fondé sur la nudité, mais aussi sur une certaine idée d’élévation personnelle : pas d’alcool, pas de tabac, pas de viande. Si l’oeuvre de Graffenried est souvent associée à des contextes politiques tendus ou à des situations de conflit, Nu au Paradis marque un déplacement inattendu : ici, le photographe ne confronte plus la violence de l’histoire, mais la vulnérabilité fondamentale du corps humain. Les images révèlent une vie étonnamment ordinaire : faire un pique-nique, pratiquer un sport, danser, cuisiner, tout en étant nu. La nudité, loin d’être spectaculaire, devient presque banale.

Protégé par de hauts murs et méfiant envers toute représentation extérieure, le lieu interdisait toute prise de vue. Il fallut plusieurs séjours et un véritable engagement personnel du photographe, qui accepta de se mettre à nu, artistiquement et littéralement, pour gagner la confiance des résidents. Certains craignaient d’être reconnus par leur famille ou leurs collègues ; d’autres voyaient dans ce projet une manière de rendre visible une communauté habituellement tenue à l’écart. Au fil des étés, une relation s’est construite, donnant naissance à la série et au livre Nu au Paradis, où l’intime et le collectif se rencontrent, révélant un monde à la fois fragile, idéaliste et profondément humain. À travers cette série, Michael von Graffenried propose une réflexion sur la visibilité du corps et sur les formes de vie collective qui se construisent à l’écart du regard public.

Dates

16 Avril 2026 14 h 00 min - 4 Juillet 2026 19 h 00 min(GMT+00:00)

Espace MVG

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