Pour sa troisième carte blanche, notre invitée de la semaine Catherine Rossi-Batôt, directrice de LUX Scène nationale, s’attaque à l’une des tensions les plus fascinantes qui soit : celle entre la danse et la photographie. L’une est art du mouvement et de l’éphémère, l’autre suspend le geste et l’immobilise pour l’éternité. Et pourtant, de cette apparente contradiction naît quelque chose d’unique : la trace visible d’une énergie invisible.

Une forme d’antinomie semble exister entre la danse – art du mouvement et de l’insaisissable – et la photographie, qui suspend, immobilise le geste… Face à la danse, l’exercice photographique exige de se projeter dans le mouvement, de s’insérer dans un flux, d’anticiper le geste pour en saisir l’énergie.

Création « Hasard » de Pierre Rigal, Cie Dernière minute, au ZEF, scène nationale de Marseille, les 13 et 14 octobre 2022. Avec Yohann Baran, Clara Bessard, Carla Diego, Camille Guillaume, Mathilde Lin, Elie Tremblay. © Vincent Beaume

La rencontre entre danse et photographie révèle des forces invisibles, ainsi que l’écrit le chorégraphe Pierre Rigal, en parlant d’une photographie de l’un de ses danseurs : je reconnais cet effort, il s’agit d’un effort de sacrifice : là où le danseur déploie toutes les énergies qu’il lui reste encore, le spectateur ne verra rien de ce mouvement. Il n’en verra qu’une trace immobile suspendue dans l’espace.

Pierre Rigal présentera à LUX son spectacle Hasard en décembre 2026.

https://lux-valence.com/

La Rédaction
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