Janvier, 2026

Anne Greuzat

ven23janToute la journéedim22fevAnne GreuzatHerbariumThe Palm Beach Gallery, rue Meyerbeer 61 à 1190 Bruxelles

Détail de l'événement

Dans le cadre de Photo Brussels Festival

La série Herbarium se déploie comme une exploration intime du monde végétal, à la fois simple et énigmatique. La photographie est utilisée ici comme un outil d’observation minutieuse, un mécanisme pour sonder le réel avec précision.

Pourtant, derrière cette rigueur scientifique se dissimule une dimension plus intime, où la végétation ne se donne pas à voir telle qu’elle est, mais en tant que porteuse d’autres images, d’autres symboles.
Chaque plante, isolée de son environnement naturel, est photographiée sur un fond blanc uniforme, avec une attention particulière au détail. La lumière est douce, homogène, effaçant les ombres pour souligner la pureté et la complexité de chaque feuille, chaque tige, chaque inflorescence.
Ce fond neutre et lumineux, dépouillé de toute distraction, agit comme un révélateur.
Il met en exergue les lignes, les formes, les textures et les contrastes, conférant au sujet une présence tactile.
Imprimées sur un papier coton de type Canson, la nature de ces images interroge.
Le blanc du fond se confond avec celui du support, créant une ambiguïté visuelle : s’agit-il d’une photographie ou d’une illustration botanique à l’aquarelle ?
Ce qui captive, au-delà du sujet, c’est son potentiel d’évocation. Chaque image d’une plante est une métamorphose visuelle : elle évoque autre chose. Le cliché d’une plante peut, selon l’oeil du spectateur, évoquer des figures aussi diverses qu’une araignée, de la dentelle, des poils pubiens, un phallus, un oiseau, une grotte, une flamme… Ces associations ouvrent un espace où l’image se dérobe et devient une projection de l’imaginaire: c’est la photographie d’une plante qui ressemble à autre chose, un vecteur de l’invisible.
Lacan, dans ses écrits sur le regard et le visible, parlait de cette fracture entre ce qui peut être perçu et ce qui, dans ce qui est visible, nous échappe.
Herbarium s’inscrit dans cette tension. Tout est fait pour centrer l’attention sur le sujet – la plante, l’objet de la photographie – et pourtant, ce n’est jamais uniquement la fleur que l’on voit. C’est ce qui lui échappe, ce qui s’y cache et se dévoile à chaque nouveau regard, à chaque nouvelle lecture de l’image.
Cette ambiguité sur la nature du médium et le sujet qui se dérobe questionnent de façon plus large notre rapport à l’image et plus particulièrement à la photographie qui oscille constamment entre objectivité et fiction.
Mais, avant tout, ce travail nous invite à ralentir, à prendre le temps de regarder et de laisser son imaginaire dériver. En entretenant une tension entre observation minutieuse et évocation poétique, ce simple portrait végétal nous invite à la contemplation.

Née en 1979 à Paris, Anne Greuzat vit et travaille à Bruxelles depuis 2008.
Elle est représentée par la galerie The Palm Beach. Diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, elle expose son travail en Belgique et à l’étranger (Autriche, Croatie, France, Suisse).
Elle a publié deux ouvrages : Tempo Largo chez Yellow Now en 2017 et Rhizomes en 2022.
La question du paysage traverse l’ensemble de son travail. Plutôt qu’une approche documentaire, ses paysages sont davantage des espaces de projection de mondes intérieurs.
La dimension contemplative est toujours centrale.

Dates

23 Janvier 2026 - 22 Février 2026 (Toute la journée)(GMT-11:00)

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