Novembre, 2026

Ce que l'image traverse

sam07nov(nov 7)14 h i minsam12déc(déc 12)18 h i minCe que l'image traverseExposition collectiveGalerie Olivier Waltman, 16 Rue du Perche, 75003 Paris, France 0 Ajouter à ma wishlist

Détail de l'événement

Photo : Cédric Arnold, Apophéniac XXIV, tirage Lambda, 110 x 140 cm, Édition de 5+2EA

Avec les photographies de : Assaf Shoshan, Tali Amitai-Tabib, Cédric Arnold et Linda Tuloup.

Une photographie semble arrêter le temps. Elle conserve un visage, un lieu, une lumière et nous donne l’illusion que quelque chose a été sauvé de la disparition. Les œuvres réunies ici interrogent au contraire ce que l’image ne parvient pas à retenir : ce que le temps altère, ce que la mémoire reconstruit, ce que l’absence transforme et ce que la matière elle-même finit par déplacer.

Cette instabilité traverse Apophéniac de Cédric Arnold, où les négatifs fondus et recomposés matérialisent une mémoire qui ne cesse de réécrire le passé. L’image y devient une matière fragile, soumise à la disparition, à la fusion et à la recomposition. Ce qui semblait enregistré définitivement se transforme sous nos yeux.

Avec Seule une douceur me possède, Linda Tuloup fait du corps le lieu d’une étrange floraison. Ses autoportraits en noir et blanc négatif, imprimés sur verre, accueillent de véritables fleurs, cueillies puis disposées derrière l’image par l’artiste. Renversé par le négatif, le corps se défait de sa présence immédiate ; il devient une surface énigmatique, un territoire ouvert, un conte, une chambre intérieure dont la transparence nous révèle un jardin d’Éden.
Dans To Discover America, Tali Amitai-Tabib travaille elle aussi à partir d’images et de temporalités déplacées. En intégrant des figures féminines issues d’archives historiques à des paysages qu’elle a elle-même photographiés tout au long de ses 50 ans de carrière, elle construit des scènes qui n’ont jamais existé en tant que tel. Le montage devient ici un outil de projection et de réinvention : il ne s’agit plus de retrouver exactement le passé, mais d’ouvrir dans l’image un espace où d’autres récits deviennent possibles.

Enfin, avec 10 Years of Solitude, Assaf Shoshan revient, dix ans après leur première rencontre, vers des hommes et des femmes sans papiers qu’il avait photographiés à Paris. La répétition du portrait révèle moins une permanence qu’un écart : entre une image et une existence, entre l’identité que l’on tente de fixer et celle que le temps ne cesse de déplacer. Retrouver ces personnes devient alors autant une enquête qu’une méditation sur les limites de la photographie.

Dans cette exposition, la photographie apparait moins comme une preuve ou une empreinte définitive que comme une surface de passage : entre présence et absence, mémoire et fiction, permanence et transformation. Ce qu’elle conserve importe autant que ce qu’elle laisse échapper.

Dates

7 Novembre 2026 14 h 00 - 12 Décembre 2026 18 h 00(GMT-11:00)

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