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Partager Partager Cette semaine, notre invitée est Angèle Ferrere, historienne de la photographie et curatrice. Mercredi, elle inaugure à la Fondation Henri Cartier-Bresson une exposition issue d’un travail de recherche mené sur la couverture des luttes féministes par la photographe Martine Franck à partir des années 1970. Ce projet a été primé dans le cadre de la première Bourse de recherche curatoriale Martine Franck, décernée en 2025. L’exposition, à voir du 21 octobre au 7 mars 2027, est l’occasion de découvrir des photographies pour la plupart inédites. Portrait d’enfance d’Angèle Ferrere © Archives personnelles Angèle Ferrere est historienne de la photographie et curatrice. Elle étudie l’histoire de l’art et la littérature à l’Université Jean-Jaurès à Toulouse, puis s’installe à Paris, où elle obtient un diplôme de l’École du Louvre. Après une thèse en esthétique sur la photographie de chantier à l’Université Paris 8, elle est lauréate de la bourse de la Fondation Louis-Roederer en 2020 pour un projet de valorisation des femmes photographes dans les collections de la BnF, où elle s’intéresse plus particulièrement à celles ayant photographié les espaces urbains et périurbains en France entre 1970 et 1995. Elle développe également un axe de recherche portant sur les photographies parues dans la presse féministe française, en s’intéressant par exemple à la revue Des femmes en mouvements, avec la chercheuse Véra Léon. En 2025, elle est la première lauréate de la bourse curatoriale Martine-Franck, pour un projet d’exposition et de publication portant sur les luttes féministes photographiées par Martine Franck. Angèle Ferrere a enseigné l’histoire de l’art et de la photographie dans plusieurs universités et a publié des articles dans les revues Focales, Marges et Transbordeur. À côté de son activité professionnelle, elle est également militante bénévole au sein de l’association Archives, Recherche et Culture Lesbienne (ARCL) à Paris. Le portrait chinois d’Angèle Ferrere Si j’étais une œuvre d’art : La méduse du Caravage Si j’étais un musée ou une galerie : la Fabuloserie Si j’étais un·e (autre) photographe : Rosine Nusimovici Si j’étais un livre : L’art de la joie, de Goliarda Sapienza Si j’étais un film : Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma Si j’étais un morceau de musique : Space Oddity, de David Bowie Si j’étais une photo accrochée sur un mur : Une photo prise à l’occasion d’un road trip à travers l’Europe de l’Est dans une vieille Fiat Uno Si j’étais un souvenir d’enfance : ma caverne d’enfant préhistorique sous le pommier de mes oncles en Bourgogne Si j’étais une citation : « Feminism encourages women to leave their husbands, kill their children, pratice witchcraft, destroy capitalism and become lesbians » – du pasteur évangéliste américaine Pat Robertson, détournée par le mouvement féministe Si j’étais un sentiment : Le doute Si j’étais un objet : la bague de ma grand-mère Marguerite Si j’étais une expo : L’exposition “Lesbian Future” pour les 40 ans des ARCL Si j’étais un lieu d’inspiration : l’île d’Ouessant Si j’étais un breuvage : un café crème, avec sucre Si j’étais un héros ou une héroïne : Buffy contre les vampires Si j’étais un vêtement : Un pull noir Si j’étais un instant décisif : Une étoile filante Si j’étais un procédé photographique : Sans grande originalité, la photographie argentique INFORMATIONS PRATIQUES Fondation Henri Cartier Bresson79, rue des Archives 75003 Paris mer21oct(oct 21)11 h i min2027dim07mar(mar 7)19 h i minMartine FranckImages, presse et luttes féministesFondation Henri Cartier Bresson, 79, rue des Archives 75003 Paris 0 Ajouter à ma wishlist Détail de l'événementPhoto : Martine Franck, Rassemblement MLF pour la commémoration des femmes de la Commune à l’occasion de son centenaire, square d’Issy-les-Moulineaux, 28 mars 1971 © Martine Franck / Magnum Photos Dans Détail de l'événement Photo : Martine Franck, Rassemblement MLF pour la commémoration des femmes de la Commune à l’occasion de son centenaire, square d’Issy-les-Moulineaux, 28 mars 1971 © Martine Franck / Magnum Photos Dans les années 1970, Martine Franck (1938-2012) photographie les luttes féministes, principalement à Paris. En tant que femme photographe, l’attention qu’elle porte aux mobilisations du Mouvement de libération des femmes (MLF) infléchit son regard sur le monde social et oriente durablement son œuvre. La question des images s’impose dans les luttes féministes en réaction aux représentations médiatiques d’une culture visuelle dominante, qui objectifie les corps des femmes et peut détourner ou discréditer leurs revendications. Membre fondatrice de l’agence Viva (1972), Martine Franck partage cette vigilance à l’égard des images. Viva est conçue comme un « refuge de photographes qui savent la portée de l’image, connaissent son pouvoir d’information, refusent l’utilisation qui pourrait en être faite, et ne veulent pas s’échapper de leur réalité sociale. » Cette exposition présente des photographies pour la plupart inédites, qui soulignent la dimension collective d’une culture visuelle féministe des années 1970. Celle-ci se manifeste à travers la représentation des mobilisations, mais aussi par l’essor de la presse féministe, devenue laboratoire des luttes. Les périodiques constituent également un support privilégié de diffusion des images. À partir des années 1980, le féminisme s’institutionnalise et Martine Franck réalise les séries « Des femmes et la création » puis « Des métiers et des femmes » dans le cadre de commandes publiques. Son rapport au féminisme s’individualise progressivement mais demeure déterminant dans son œuvre. Commissariat : Angèle Ferrere, docteure en histoire et esthétique de la photographie, lauréate de la Bourse de recherche curatoriale Martine Franck 2025. L’EXPOSITION Première exposition d’envergure consacrée aux photographies des luttes féministes réalisées par Martine Franck, ce projet aborde sous un angle inédit un aspect de son œuvre pas encore thématisé en France. Il réunit des tirages pour certains jamais montrés ni publiés en dehors de la presse féministe des années 1970. MARTINE FRANCK (1938-2012) Martine Franck naît à Anvers en Belgique le 2 avril 1938 ; elle suit des études d’histoire de l’art à l’Université de Madrid puis à l’École du Louvre à Paris et présente un mémoire sur l’influence du cubisme sur la sculpture. Sous l’impulsion d’Ariane Mnouchkine, en grande partie motivée par son intérêt pour le théâtre oriental, Martine Franck entreprend en 1963 un long périple en Asie. Ce voyage marque un tournant décisif dans sa vie car elle y découvre un nouveau mode d’expression : la photographie. En 1965, elle est embauchée par Hugh Moffett, rédacteur en chef de Time Life, à Paris, comme stagiaire au laboratoire puis elle travaille comme assistante auprès des photographes Eliot Elisofon, Gjon Mili et Mark Kaufman. Poussée par Hugh Moffett, elle devient pigiste pour des magazines tels que Life, Sports Illustrated, Fortune, Vogue, The New York Times… Son amitié avec Ariane Mnouchkine l’amène à suivre, dès sa création le 29 mai 1964 et jusqu’à sa disparition en 2012, la troupe du Théâtre du Soleil. Martine Franck intègre l’agence Vu en 1970. Le 15 février 1972, elle cofonde l’Agence Viva aux côtés d’Hervé Gloaguen, Guy Le Querrec, François Hers, Jean Lattès et Richard Kalvar. D’abord pigiste, elle en devient salariée de 1974 jusqu’à 1979. En 1980, elle rejoint l’agence Magnum Photos en tant que membre associé puis en devient, en 1983, membre à part entière. En 2002, elle crée, avec Henri Cartier-Bresson et leur fille Mélanie, la Fondation Henri Cartier-Bresson, dont elle assure la présidence jusqu’à son décès, le 16 août 2012. Dates21 Octobre 2026 11 h 00 - 7 Mars 2027 19 h 00(GMT-11:00) LieuFondation Henri Cartier Bresson79, rue des Archives 75003 Paris Photo : © Cyrille Weiner | Other Events Fondation Henri Cartier Bresson79, rue des Archives 75003 ParisLa Fondation est ouverte du mardi au dimanche de 11h à 19h. Plein tarif 10 € / Tarif réduit 5 € (sur justificatif) Fondation Henri Cartier Bresson Get Directions How do you plan to get there? CalendrierGoogleCal EGALEMENT À LA FONDATION Fondation Henri Cartier Bresson79, rue des Archives 75003 Paris mer21oct(oct 21)11 h i min2027dim07mar(mar 7)19 h i minSusan MeiselasNicaragua, Histoire, MémoireFondation Henri Cartier Bresson, 79, rue des Archives 75003 Paris 0 Ajouter à ma wishlist Détail de l'événementPhoto : Susan Meiselas, Molotov Man, sandinistes aux abords du quartier général de la Garde nationale d’Estelí, 1979 © Susan Meiselas/Magnum Photos Les images vivent leur vie indépendamment de ceux qui Détail de l'événement Photo : Susan Meiselas, Molotov Man, sandinistes aux abords du quartier général de la Garde nationale d’Estelí, 1979 © Susan Meiselas/Magnum Photos Les images vivent leur vie indépendamment de ceux qui les créent. C’est au Nicaragua que Susan Meiselas l’a compris. En 1978, la photographe, tout juste âgée de 30 ans, s’y rend pour la première fois. Elle a auparavant étudié l’éducation par l’image à l’université de Harvard, publié un premier livre très remarqué sur les spectacles de strip-tease et rejoint l’agence Magnum Photos. Dans ce pays d’Amérique centrale, l’insurrection populaire se transforme alors en guerre révolutionnaire opposant le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) à la Garde nationale du régime dictatorial du Président Anastasio Somoza Debayle soutenu par les États-Unis. Au cours de plusieurs séjours, elle photographie la vie quotidienne, les combats de rue et la victoire de la Révolution. En 1981, une première sélection de ces documents pour l’Histoire est publiée dans un ouvrage sobrement intitulé Nicaragua, juin 1978-juillet 1979. Après cette publication, Susan Meiselas éprouve la nécessité de retourner au Nicaragua afin d’interroger ceux qui figurent dans ses images. Depuis quatre décennies, elle y est souvent revenue, documentant l’usage qui était fait de ses clichés reproduits sur divers artefacts (T-shirts, timbres, boîtes d’allumettes, etc.) ou des fresques murales, le plus souvent à la gloire de la Révolution, mais aussi, parfois, pour la critiquer ou la combattre. Elle a ainsi constaté que ses photographies étaient désormais douées d’une existence autonome. Avec le temps, un sensible écart s’est instauré entre ce qu’elles documentaient et ce qu’elles symbolisaient dans l’imaginaire collectif. Les images de Susan Meiselas sont ainsi devenues le lieu même d’une forme de tension entre Histoire et Mémoire. C’est précisément cette dialectique qu’à travers plus d’une centaine d’œuvres, de documents ou d’extraits de films, l’exposition de la Fondation Henri Cartier-Bresson et l’ouvrage qui l’accompagne, publié par l’Atelier EXB, ont pour ambition d’explorer. Commissaire de l’exposition Clément Chéroux Directeur de la Fondation Henri Cartier-Bresson L’EXPOSITION Cette exposition est la première à aborder la série Nicaragua sous l’angle inédit de la vie des images — leur circulation, leur transformation, leur appropriation collective. Elle réunit plus d’une centaine d’œuvres et objets, dont des photographies inédites, jamais exposées ni publiées. Pour prolonger cette réflexion sur la perception du fait historique à travers l’image, quatre artistes contemporains — Alfredo Jaar, Arno Fischer & Peter Voigt, Joy Garnett, et Gabriel Pérez-Setright — présenteront des travaux en écho avec l’œuvre de Meiselas. Susan Meiselas a reçu le Prix Henri Cartier-Bresson pour l’ensemble de l’œuvre en 2025. SUSAN MEISELAS Née en 1948 à Baltimore, États-Unis, Susan Meiselas vit et travaille à New York. En 1976, elle est l’une des rares femmes à être invitée à rejoindre l’agence Magnum Photos — sa série Carnaval Strippers (1972-1975), consacrée au strip-tease forain, ayant déjà révélé la singularité de sa démarche. Ce projet fondateur pose les bases d’une œuvre construite sur la durée et la collaboration : Susan Meiselas y fait résonner les voix de ses sujets en mobilisant, au-delà de la photographie, le son, le texte, le livre et le film. C’est son travail sur les zones de conflit d’Amérique centrale (1978-1983), et notamment au Nicaragua, qui lui vaut une reconnaissance internationale. Son œuvre embrasse depuis lors un champ géographique et thématique très vaste, des droits humains à l’identité culturelle, de la guerre à l’industrie du sexe. Elle a reçu certaines des récompenses les plus prestigieuses de la photographie, parmi lesquelles le MacArthur Fellowship (1992), le Prix de la Fondation Hasselblad (1994), le Guggenheim Fellowship (2015), le Prix Women in Motion décerné par Kering en partenariat avec les Rencontres d’Arles (2019), le Lifetime Achievement Award de l’International Center of Photography (2025) et le Prix Henri Cartier-Bresson pour l’ensemble de l’œuvre (2025). Dates21 Octobre 2026 11 h 00 - 7 Mars 2027 19 h 00(GMT-11:00) LieuFondation Henri Cartier Bresson79, rue des Archives 75003 Paris Photo : © Cyrille Weiner | Other Events Fondation Henri Cartier Bresson79, rue des Archives 75003 ParisLa Fondation est ouverte du mardi au dimanche de 11h à 19h. Plein tarif 10 € / Tarif réduit 5 € (sur justificatif) Fondation Henri Cartier Bresson Get Directions How do you plan to get there? CalendrierGoogleCal À LIRE Angèle Ferrere est la 1ère lauréate de la Bourse de recherche curatoriale Martine Franck Marque-page0
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