Octobre, 2026

Jean-François Lepage

jeu01oct14 h i minsam31(oct 31)19 h i minJean-François LepageHALLOWEENGalerie Madé, 30 rue Mazarine 75006 Paris 0 Ajouter à ma wishlist

Détail de l'événement

Dix ans dans les archives (2014-2024)

En 2014, il rompt définitivement avec la commande pour se tourner vers son propre fonds d’archives et engager Genèse (The Recycle Project). Ce chantier de dix ans, refermé en 2024, voit la surface photographique retravaillée à la main, ne prenant jamais deux fois le même chemin. On y croise Prélude et son grain nostalgique, Zombie et ses corps décharnés proches d’Egon Schiele, ou encore Cent Vingt-Neuf Jours sur Terre et son abstraction sombre. D’une série à l’autre, aucune manière ne se répète. C’est peut-être la seule constante du projet que de n’en avoir aucune, un travail exigeant qui lui vaut d’être exposé internationalement et salué pour sa posture radicale. Dans les colonnes de Fisheye Magazine, en septembre 2021, Lou Tsatsas recueille de Lepage l’aveu d’une esthétique délibérément à rebours. Il dit chercher l’équilibre du côté de « la pente du non-beau », préférant une œuvre qui parle aux sens plutôt qu’au cerveau. Un parti pris qui irrigue tout le corpus, où la beauté froide de la mode s’efface sous la gouache, la griffure et la reprise picturale, jusqu’à ce que l’image d’origine ne soit plus que matière brute, presque méconnaissable. Le projet achevé, il change une dernière fois de nom. Il ne s’appelle plus Genèse, il s’appelle Babylone.

Ce qui vient après

Il y a, dans toute œuvre qui se prolonge assez longtemps, un instant où elle cesse de vouloir dire quelque chose et se met simplement à exister, comme un abîme attire le regard sans jamais rien promettre en retour. Babylone fut cet abîme-là. Une constellation entière suspendue au bord du silence, où chaque opus brûlait de sa propre lumière avant de s’éteindre dans le suivant. Ce furent dix années à errer parmi ses propres ruines, à cultiver cette ivresse un peu noire des choses qui touchent à leur fin. Et voici qu’Halloween se lève, à la galerie Madé, du 1er octobre au 31 novembre 2026. Non comme une aube, mais comme une de ces nuits dont on ne sait jamais si elles referment le jour, tant elles ressemblent déjà à l’immensité qui les suit. Si Babylone fut galaxie, Halloween n’en est ni la suite logique, ni la promesse d’un mieux. Elle en est le centre obscur, ce point exact où la lumière s’annule elle-même, où le temps s’enroule sur lui-même comme un serpent qui se dévore. On y entre sans bruit. On n’en revient pas tout à fait, mais il existe des ténèbres dont on ressort transfiguré, comme d’un vertige qu’on porterait désormais sous la peau.

Né à Paris en 1960, Jean-François Lepage a bâti son œuvre sur le refus constant des évidences et des automatismes. Dès ses débuts dans la mode en 1981, il se distingue par une approche physique et quasi chirurgicale du médium. Sur sa table lumineuse, il grave, scarifie et découpe le film ; explorant ainsi un « équilibre déséquilibrant » entre séduction et brutalité. À contre-courant d’une décennie hyper-commerciale, Lepage s’éloigne du marché pendant les années 1990 pour se consacrer entièrement au dessin et à la peinture. Lorsqu’il renoue avec la photographie de mode en 2001, c’est à nouveau sous le signe de l’indépendance. Il fait le choix d’investir les pages des magazines plutôt que de se plier aux impératifs des campagnes publicitaires. Il estime ce lien plus fertile pour la liberté de l’esprit, mais aussi pour la maturation de son art. S’extrayant du studio, il confronte ouvertement sa lumière artificielle à l’éclat du soleil, avec des têtes de flash posées à même le sol, telles des étoiles égarées.

Dates

1 Octobre 2026 14 h 00 - 31 Octobre 2026 19 h 00(GMT+00:00)

Galerie Madé

30 rue Mazarine 75006 ParisDu mardi au vendredi de 14h à 19h

Galerie Madé

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