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Partager Partager Journaliste et photographe, Alessandro Calvi traite de sujets politiques et sociétaux. Ses reportages sont notamment publiés dans Internazionale, et repris par Courrier International. Nombre de ses photographies sont issues de son travail de journaliste. Metamorphosis est une exposition engagée sur la vulnérabilité des paysages italiens dans un contexte de tourisme de masse. Alessandro Calvi se préoccupe de notre manière d’habiter le monde, du respect du vivant. L’écrin de l’Abbaye Saint-André à Villeneuve-Lez-Avignon, site majestueux et préservé, entre en résonance avec cette quête d’harmonie. Basilicata © Alessandro Calvi Les images sont volontairement décalées Alessandro Calvi (né en 1970) s’initie à la photographie très tôt. A l’entrée dans l’adolescence, son père lui offre un Nikon FM2 de type Reflex. Sa passion est restée intacte, mais il délaisse le médium, faute de temps, pendant ses premières années dans le journalisme politique. Il renoue avec la photo pour retenir des informations. Progressivement, il réalise des images thématiques. Metamorphosis rassemble une cinquantaine de tirages sur la campagne italienne, Venise et la Sicile. Pour ses prises de vue, Alessandro Calvi centre le sujet avec de l’espace tout autour. Les images sont volontairement décalées, créant un effet irréel. L’élément essentiel est presque en retrait par le choix du cadrage pour questionner les interactions entre l’être humain et la nature. Les paysages sont artificiels car façonnés par l’homme, ce ne sont pas seulement des œuvres de la nature, et ils continuent à se modifier. Puglia © Alessandro Calvi La première série Puglia est consacrée à une région pauvre. Pendant la période de l’après-guerre, des terres agricoles ont été attribuées aux paysans, mais les parcelles étaient trop petites. En raison de l’installation d’une usine Fiat, les habitants sont devenus ouvriers. Les maisons n’ont pas été occupées, et les routes ne se rejoignent pas. Ces paysages peu connus sont métamorphosés par l’abandon. L’atmosphère est étrange même si les photos sont poétiques. L’aspect esthétique n’est pas recherché par le photographe. Les compositions épurées sans personnages sont saisies aux moments les moins favorables, dans une lumière dure. Alessandro Calvi emploie le téléobjectif pour tendre vers l’abstraction. A la seconde section, le photographe rappelle qu’il y a eu un important travail sur la lagune qui a depuis des siècles protégé Venise. La deuxième moitié du XXe siècle marque un tournant, le phénomène s’inverse, Venise se remplit d’eau. « Le pacte entre l’homme et la nature est rompu et il ne tiendra pas, regrette Alessandro Calvi. Les touristes s’arrêtent devant des paysages cartes postales, mais ils méconnaissent les dangers qui guettent la nature. » A une vingtaine de kilomètres de Venise, une ancienne usine de sucre apparaît submergée. L’inexorable montée des eaux efface des paysages. Alessandro Calvi © Fatma Alilate « C’est comme si toutes ces personnes photographiées par Martin Parr étaient sorties de la photo. » Le photographe joue sur les clichés de la Toscane avec un cyprès cerné d’un grand champ de blé. La douceur est trompeuse, ce cyprès a disparu. Alessandro Calvi essaie de faire découvrir ce qu’on ne voit pas. Même s’il est inquiet, il reste profondément attaché à ces lieux qu’il connaît, et il les valorise de façon inattendue par des angles de vue particuliers. « A l’heure actuelle, ce sont des décors maintenus de façon artificielle, sans attention apportée aux besoins réels de la nature », constate Alessandro Calvi. La Toscane est prisonnière d’une forte pression touristique, et la nature reprend ses droits, bouleversant aussi des lieux de vie. Le journaliste-photographe regrette le manque d’anticipation et de réflexion des pouvoirs publics. Basilicata © Alessandro Calvi Dans ses reportages, Alessandro Calvi adopte une attitude neutre, il recueille des témoignages. Depuis plusieurs années, les habitants des campagnes font part de leur consternation. Des champs sont piétinés pour une photo. La grande salle de l’Abbaye Saint-André présente une série sur le Cretto d’Alberto Burri. Cette œuvre en ciment a été conçue sur les ruines de Gibellina, en Sicile, après le tremblement de terre de 1968. Il s’agit de l’un des plus grands projets de land art, s’étendant sur la superficie du village. Pour le photographe, c’est un linceul monumental. Son cadrage accentue le côté futuriste des fragments aux formes géométriques. Il confronte blocs de béton immaculés et ciel bleu. Cretto © Alessandro Calvi Cretto © Alessandro Calvi En fin de parcours, un lien est établi avec les derniers articles d’Alessandro Calvi. Des photos ont été prises d’un bateau de croisière, à Venise. Certaines situations semblent surréalistes. Dans notre époque égocentrée, c’est la vie en mode selfie. La ville de Venise connaît de profondes mutations et des contrastes. Une place est déserte en plein jour, car il n’y a plus d’habitants permanents. Laguna di Venezia © Alessandro Calvi Dans une des publications d’Alessandro Calvi parue récemment dans Internazionale, les touristes dans des bus, près du Colisée à Rome, ont tous leurs téléphones aux yeux : « Ce qui est étonnant c’est ce peu d’entrain pour les réelles découvertes, ce manque de curiosité, commente-t-il. Les touristes voyagent pour se raconter, se mettre en scène. Ils font des kilomètres pour faire toujours les mêmes photos. Or une photo, c’est de l’esthétique et aussi du contenu. » Pour la préparation de Metamorphosis, Alessandro Calvi a beaucoup pensé à Martin Parr. Il observe une bascule dans les comportements : « On est passé à une autre époque. Partout, partout. C’est comme si toutes ces personnes photographiées par Martin Parr étaient sorties de la photo. » Fatma Alilate INFORMATIONS PRATIQUES Abbaye Saint Andrérue Montée du Fort -30400 Villeneuve Lez Avignon mer05aou(aou 5)10 h i minsam31oct(oct 31)18 h i minAlessandro CalviMetamorphosisAbbaye Saint André, rue Montée du Fort -30400 Villeneuve Lez Avignon 0 Ajouter à ma wishlist Détail de l'événementPhoto : © Alessandro Calvi Après une déambulation dans les « jardins imaginaires » de Gustave Fayet, l’Abbaye Saint-André convie le public à s’arrêter et à contempler les paysages du Détail de l'événement Photo : © Alessandro Calvi Après une déambulation dans les « jardins imaginaires » de Gustave Fayet, l’Abbaye Saint-André convie le public à s’arrêter et à contempler les paysages du photographe italien, Alessandro Calvi. Dévoilés au public pour la première fois du 5 août au 31 octobre 2026 dans l’exposition « Metamorphosis », cette cinquantaine de tirages invitent à découvrir, à première vue, une nature lisse et sereine d’où l’homme est absent. Pourtant, le photographe, aussi journaliste, a mené l’enquête avant de saisir ces paysages italiens qui font tant rêver : « Ce que je cherche à montrer à travers mes photographies, c’est l’interaction entre le travail de l’homme et celui de la nature dans la construction du paysage italien » commente-t-il. Souvent, la main invisible des hommes y a laissé une trace, a façonné et ordonné la nature afin qu’elle se plie aux exigences esthétiques ou pratiques des hommes. Au regardeur de prendre conscience des enjeux qui se jouent au coeur de ces paysages idéalisés comme ceux de la Toscane et de ses routes sinueuses aux airs si romantiques. Le paysage italien, célébré et représenté depuis des siècles dans l’art, et abondamment utilisé à partir du XXᵉ siècle par le cinéma et la publicité dans le monde entier, est une création artificielle. Il n’est donc pas seulement l’oeuvre de la nature, mais aussi celle de l’homme. Parfois par nécessité, comme dans le cas de la lagune de Venise. Parfois par caprice : c’est l’histoire, parmi tant d’autres, de certaines routes sinueuses qui serpentent sur les collines de Toscane. Ces routes, aujourd’hui très admirées par les touristes, ont en effet été conçues au XXᵉ siècle par des architectes paysagistes qui se sont inspirés de représentations picturales médiévales, comme le cycle de fresques d’Ambrogio Lorenzetti conservé à Sienne. Ce paysage, en outre, apparaît éternel au regard du visiteur, mais il est en perpétuelle transformation. Et ce sont les campagnes, plus encore que les villes, qui racontent cette histoire. Certaines, comme celles de la Basilicate et de la Sicile, incarnent parfaitement l’apparente éternité d’un monde où rien ne semble avoir changé au fil des siècles. Ailleurs, par exemple dans certaines zones de la Toscane, la modernité — incarnée avant tout par le tourisme de masse — a tout bouleversé, et le territoire s’est transformé en une caricature de lui-même afin de complaire aux visiteurs. Naturellement, il existe aussi des lieux qui, malgré tout, résistent et conservent intacte leur beauté. Deux lieux constituent l’expression la plus aboutie de cette collaboration entre la nature et l’homme, ainsi que de ce dialogue entre l’éternité et le changement. Le premier est la lagune de Venise, splendide artifice que la Sérénissime République de Venise a maintenu pendant des siècles afin de garantir sa puissance, et que le XXᵉ siècle est en train de détruire, pour l’essentiel de manière inconsciente. Le second est le Cretto d’Alberto Burri, l’une des oeuvres de land art les plus vastes et les plus célèbres au monde, réalisée sur les ruines de Gibellina, en Sicile — une ville dévastée par le tremblement de terre de 1968 — repensée comme une oeuvre d’art à partir de 1983 par l’artiste et transformée, en intégrant ses décombres dans de grandes structures de béton blanc évoquant les îlots de l’ancien bourg, en un immense linceul étendu dans le vide ouvert de la campagne sicilienne. Dates5 Août 2026 10 h 00 - 31 Octobre 2026 18 h 00(GMT+00:00) LieuAbbaye Saint Andrérue Montée du Fort -30400 Villeneuve Lez AvignonOther Events Abbaye Saint Andrérue Montée du Fort -30400 Villeneuve Lez AvignonEn mars de 10h-13h et 14h-17h, en avril 10h-13h et 14h-18h, de mai à septembre : de 10h à 18h. En octobre 10h-13h et 14h-17h. Abbaye Saint André Get Directions How do you plan to get there? CalendrierGoogleCal Instagram Alessandro Calvi https://www.instagram.com/cronachette/?hl=fr Marque-page0
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