Mai, 2026

collectif_fact: Afterimage

jeu21mai(mai 21)10 h 00 minjeu25jui(jui 25)19 h 00 mincollectif_fact: AfterimageWilde, Bd Georges-Favon 19, CH - 1204 Genève

Détail de l'événement

Afterimage désigne la sensation visuelle qui persiste après la disparition du stimulus lumineux qui l’a provoquée. Pour leur deuxième exposition chez Wilde, Annelore Schneider et Claude Piguet empruntent ce titre afin d’explorer notre relation aux paysages et aux dispositifs techniques qui les produisent. En associant procédés analogiques et technologies numériques, les œuvres mettent en lumière les tensions entre préservation et disparition. Ainsi, elles révèlent les traces matérielles, énergétiques et extractives inscrites dans chaque image.

Au rez-de-chaussée, la série Deep Blue Echoes plonge le visiteur dans l’exposition avec cinq impressions en cyanotype. Celles-ci sont composées de plantes aquatiques en voie de disparition et re-générées par l’intelligence artificielle sous forme d’objets tridimensionnels. Ces paysages marins sont ensuite imprimés en cyanotype grâce à la lumière UV d’un projecteur vidéo. Durant l’exposition, des fragments de plastique sont déposés directement sur la surface sensible, inscrivant dans l’image des traces matérielles de pollution. Ce procédé, à la fois analogique et numérique, révèle le paradoxe des méthodes énergivores et extractives mobilisées pour préserver ce qui disparaît, marquant chaque image de la trace de notre impact. Au sol, des galets bleus prolongent l’installation. Leur teinte, issue de la technique du cyanotype, puis du charbon, évoque les profondeurs marines tout en rappelant une nature altérée par l’intervention humaine.

À l’étage, une seconde série, Lightburn, explore la matérialité de l’image face à la destruction qu’elle documente. Des séquences vidéo d’incendies de forêt collectées en ligne servent de sources lumineuses pour produire des cyanotypes par longue exposition, faisant de l’irradiation à la fois le sujet et l’agent de la création. Le procédé incorpore du charbon, prolongeant visuellement la combustion et réintroduisant, de manière symbolique, les résidus d’arbres calcinés. Dans cette même logique, une forêt imprimée sur papier vient recouvrir un écran. À travers elle, les flammes s’accumulent, consumant progressivement l’image jusqu’à la faire basculer d’un gris dense à un blanc surexposé. Traversée par deux temporalités, l’installation oscille entre destruction et régénération, où l’image, comme le paysage, se transforme continuellement.

La dernière salle oriente l’attention vers le rôle de la technologie, réunissant la vidéo The World Without Them et la série de dessins Digital Canopy. La nature y apparaît comme un territoire continuellement filmé et surveillé. Les dessins représentent des scènes de tempête captées par une caméra numérique. En s’approchant, les images révèlent une grille de pixels tracés à la main, rappelant les écrans LCD qui transforment le monde en sous-pixels rouge-vert-bleu. Ces sous-pixels sont invisibles à l’œil, mais ils sont au cœur de la fabrication de l’image, hors de notre perception directe. De la même façon, le rôle de la technologie dans les changements climatiques reste largement invisible, alors qu’il participe en profondeur aux conditions matérielles et énergétiques de ces transformations.

Cette réflexion se prolonge avec The World Without Them, qui adopte la forme du documentaire animalier pour interroger l’avenir des banques d’images commerciales à l’ère de l’intelligence artificielle. Le narrateur décrit ces images comme des êtres vivants, observant leurs comportements et les raisons qui les ont placées sur la liste des espèces en voie de disparition. Ces images font aujourd’hui partie de notre ADN visuel : elles alimentent les algorithmes d’IA et, par ce biais, définissent notre écosystème visuel.

À travers ces trois espaces, l’exposition explore les relations entre paysage, image et technologie. Les œuvres révèlent la matérialité des images, les infrastructures qui les produisent et les transformations qu’elles imposent à notre perception du monde. Entre captation, altération et reconstitution, elles interrogent la manière dont les systèmes techniques définissent notre rapport au vivant et déplacent progressivement le regard humain vers une perception médiée par la machine.

Dates

21 Mai 2026 10 h 00 min - 25 Juin 2026 19 h 00 min(GMT+00:00)

Get Directions