Février, 2020

mar18fev(fev 18)11 h 00 mindim05avr(avr 5)19 h 00 minTerritoire tranquilleFrancesca PiquerasLa Galerie de l'Europe, 55 rue de seine 75006 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Alors que le Brexit relance le débat sur l’indépendance de l’Ecosse, c’est vers ses rivages que nous invite à faire cap Francesca Piqueras. Les plateformes pétrolières comme les dispositifs militaires en ruine qu’elle a pris pour sujet apparaissent dans ses photographies comme des monuments immémoriaux qui délimitent ce territoire au destin singulier. Un territoire que Piqueras interroge depuis la mer en nous offrant, comme toujours, des images au fort pouvoir métaphorique.
Pour cette série “Territoire tranquille”, Francesca Piqueras s’est intéressée à trois type de structures maritimes :
– le chantier de maintenance de plateformes pétrolières situé au large de Cromarty, où elle s’était déjà rendue il y a une dizaine d’années ; – des cibles d’entrainement pour les bombardiers de la Royal Air Force, construites en 1937 à Luce Bay, et aujourd’hui abandonnées ; – les vestiges de la barrière anti sous-marins édifiée pendant la Seconde Guerre mondiale entre l’Ile de Cramon et le rivage Ecossais. Ces structures de béton et d’acier permettent à Piqueras de jouer sur les paradoxes. D’abord parce qu’emblématiques de l’ère industrielle, elles paraissent ici sorties du fond des âges. Les plateformes évoquent des totems érigés à la gloire de quelques divinités marines. Les enfilades de pyramides de Cramon font écho aux alignements de Sphinx de Louxor. Les cibles de Luce Bay font immanquablement penser à ces pierres levées du mégalithique, que l’on trouve d’ailleurs en nombre en Ecosse.
Autre paradoxe sur lequel joue la photographe : si ces plateformes et ces vestiges marquent les lien étroits (militaires, économiques) de l’Ecosse avec le reste du Royaume Uni, ils semblent ici délimiter et isoler le “territoire tranquille” que l’on aperçoit en arrière-plan de ses photographies. Comme si ces structures étaient des éléments d’une seule et même barrière immémorielle, qui prolongerait par mer le mur qu’Hadrien fit édifier pour isoler l’antique Calédonie de l’Empire Romain.
Dans ses premières séries sur les structures maritimes, le point de fuite des photographies de Francesca Piqueras était constitué par l’horizon marin. Son propos était alors essentiellement de souligner la fragilité des oeuvres humaines face aux éléments naturels. Le changement qu’elle opère ici et qu’elle a initié dans sa série “In Fine” (2018), prise en Sibérie, marque au propre comme au figuré un changement de perspective.
Ses photographies sont moins méditatives, plus frontales. Le rapport aux éléments et à la lumière est à la fois plus naturaliste et plus nuancé. Son oeuvre atteint un point de maturité en continuant à nous interroger sur la destinée humaine. Seulement ce n’est plus par la confrontation de nos artefacts aux élé-ments marins. C’est à ce rivage qui apparait désormais en arrière-plan, qu’ils sont d’abord confrontés.
Pour les Aborigène d’Australie, chaque parcelle de territoire est habitée depuis sa création par un rêve. Quel rêve habite ce territoire pour s’entourer de tels monuments marins ?

Dates

Février 18 (Mardi) 11 h 00 min - Avril 5 (Dimanche) 19 h 00 min

Lieu

La Galerie de l'Europe

55 rue de seine 75006 Paris

La Galerie de l'Europe55 rue de seine 75006 ParisOuvert du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h

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