Avril, 2026

Diseños habitados

mer15avr(avr 15)13 h 00 mindim23aou(aou 23)19 h 00 minDiseños habitadosChema Madoz & Helena AlmeidaLe Château d’Eau - Pôle photographique de Toulouse, 1, place Laganne 31300 Toulouse

Détail de l'événement

Photo : © Chema Madoz, sans titre 1986 – Fundació Foto Colectania/ADAGP

L’exposition « Diseños habitados » établit un dialogue entre deux grands artistes, Helena Almeida, portugaise (1934-2018) et Chema Madoz, espagnol (né en 1958). Elle met en résonance deux univers artistiques très différents mais profondément liés par leur approche de la photographie et du processus créatif. La présentation des carnets de croquis, dessins préparatoires et objets artisanaux, rarement montrés dans le travail de Chema Madoz, ainsi que des études et dessins d’Helena Almeida, permet d’appréhender au plus près leurs démarches de création.

Commissaire de l’exposition : Pepe Font de Mora, directeur de la Fundació Foto Colectania à Barcelone de 2002 à 2025.

« Diseños habitados » (« Des dessins habités ») s’appuie sur les résonances entre les oeuvres de deux des premiers artistes à avoir rejoint la collection Foto Colectania avec laquelle Le Château d’Eau présente cette exposition, révélant leur approche personnelle du processus créatif.

Le titre de l’exposition rend hommage à « Desenho habitado » d’Helena Almeida, première série dans laquelle l’artiste a utilisé la photographie. Pepe Font de Mora, commissaire de l’exposition et longtemps directeur de Foto Colectania, s’est également inspiré du concept du dessin admis à l’époque de la Renaissance, qui fait référence à la fois au dessin lui-même aini qu’au projet ; c’est donc le processus mental de traduction de l’idée d’un artiste en oeuvre. Une pratique qui définit avec précision le travail fascinant de ces artistes.

Le fait qu’Almeida et Madoz aient tous deux réalisé des croquis est peut-être lié à leur intérêt commun pour l’intime et l’expérientiel. Les deux artistes ont réalisé d’innombrables croquis – qui ne se sont pas toujours concrétisés en oeuvres – comme première étape vers la matérialisation de leurs idées à l’aide d’un crayon et d’une feuille de papier. Dans cette exposition, Font de Mora a voulu mettre en évidence la valeur intrinsèque de ces dessins en tant que simples et beaux croquis, le résultat final prenant vie grâce à la photographie. Almeida intervient parfois dans son travail avec des coups de pinceau ou des traits de crayon soigneusement exécutés, et nous fascine toujours par son étude de la réflexion et de la théâtralité.

Madoz dessine dans des carnets personnels qu’il a conservés au fil des ans, dont des facsimilés sont présentés dans cette exposition, aux côtés de certains de ses objets personnels qu’il assemble artisanalement.

« Diseños habitados » est une exposition qui se situe au point de convergence entre les oeuvres d’Helena Almeida et de Chema Madoz : deux artistes qui, bien qu’ayant des univers créatifs différents, ont en commun le choix de la photographie comme moyen d’expression pour nous transmettre des créations pleines d’imagination et de subtilité.

Helena Almeida expérimentait déjà les limites de la peinture dès ses premières oeuvres dans les années 60, avec différentes propositions telle celle d’échapper au cadre du tableau. Elle a poursuivi en ce sens dans divers travaux jusqu’au milieu des années 70. Elle a toujours expérimenté avec sa propre image, cherchant de nouvelles voies pour explorer la relation entre le corps humain et l’espace qui l’entoure. « Je traite mon corps comme s’il s’agissait d’une installation visuelle et je le fixe à travers la photographie, pour ensuite l’intégrer. Je préfère parler de sculpture éphémère plutôt que de performance, car j’essaie de fixer un moment pour attirer l’attention sur ce qui est plus subtil, pour que l’image soit figée, immobile. C’est pourquoi je choisis la photographie et aussi le noir et blanc », disait Helena Almeida.

Pour sa part, Chema Madoz oscille souvent entre des concepts opposés (le virtuel et le réel, l’apparence et la réalité), manifestant parfois une tension qu’il traduit à travers des photographies aux cadrages précis et symétriques. « J’ai toujours eu le sentiment de pouvoir manipuler le sens des images. C’est une chose avec laquelle je sais bien jouer », explique Chema Madoz.

Almeida et Madoz ont tous deux suivi une formation artistique qui les a finalement orientés vers des univers où l’image occupe une place centrale, un domaine qu’ils maîtrisent avec une habileté particulière et qu’ils abordent sous des angles différents. Alors qu’Almeida a commencé par exposer des peintures et des dessins avant de se tourner vers la photographie pour ses séries en 1974, Madoz s’est consacré à ce médium dès ses débuts.

Bien qu’ils aient été en lien avec les mouvements artistiques de leur époque, leurs oeuvres n’ont pas suscité un intérêt particulier à leurs débuts. Cependant, dans les deux cas, ils ont par la suite obtenu une reconnaissance importante, tant de la part du public, de la critique et des collectionneurs que de leurs propres collègues.

La différence la plus significative entre les oeuvres des deux auteurs réside dans leur approche : alors qu’Almeida s’intéressait à briser les limites formelles de la création, s’exprimant toujours à travers son propre corps (« mon oeuvre est mon corps, mon corps est mon oeuvre »), Madoz se concentrait sur la conceptualisation d’idées à travers une pratique hybride, dans laquelle les outils de la poésie visuelle ou la tradition de l’objet surréaliste sont incorporés au registre photographique.

Malgré ces divergences, les oeuvres d’Almeida et de Madoz présentent de nombreux points communs. « Diseños habitados » vise à montrer les travaux des deux artistes en soulignant les points communs entre leurs processus créatifs.

De l’esquisse à la photographie

Madoz dessine dans des carnets personnels qu’il a conservés au fil des ans. Les esquisses d’Almeida ont été publiées et exposées à plusieurs reprises, généralement aux côtés de ses oeuvres photographiques. L’exposition présente pour la première fois les carnets de Madoz ainsi que les esquisses réalisées par Almeida pour sa série O perdâo.
La coïncidence remarquable qui réside dans le fait que ces artistes réalisent tous deux des croquis – comme première étape pour transposer leurs idées à travers le crayon et le papier – est peut-être liée à l’intérêt de leurs oeuvres pour l’intime et l’expérientiel. Ces dessins sont l’outil initial pour configurer l’oeuvre finale, même si tous ne se concrétisent pas. Ici, le talent de Madoz réside dans sa capacité à transformer ses croquis en objets et ses objets en images pleines de magie. Almeida, quant à elle, nous fascine en transformant ses dessins en exercices de réflexion et de théâtralité, capturés dans des photographies parfois retravaillées à l’aide de coups de pinceau ou de traits de crayon.

Dates

15 Avril 2026 13 h 00 min - 23 Août 2026 19 h 00 min(GMT+00:00)

Le Château d’Eau - Pôle photographique de Toulouse

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