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Partager Partager L’exposition de l’artiste britannique et mexicaine d’adoption, Leonora Carrington au Musée du Luxembourg (co-organisation GrandPalaisRmn et MondoMostre) est un évènement en France après une première révélation en avant-première aux madrilènes à la Fondation Mapfre de Madrid en 2023. J’avais eu la chance de découvrir cet opus à l’occasion de la foire ARCO. La 59ème Biennale de Venise (2022) avait choisi pour titre « Le Lait des rêves » d’après l’un de ses livres et dévoilé plusieurs de ses peintures. Vue de l’exposition Leonora Carrington – scénographie Véronique Dollfus © Didier Plowy pour GrandPalaisRmn, 2026 Les commissaires : Tere Arcq (Museo de arte moderno, Mexico) et Carlos Martín (Fondation Mapfre) sont de nouveau aux commandes autour de 120 œuvres exceptionnellement réunies dont certaines révélées pour la première fois au public parisien. L’Italie et la France sont deux villes fondatrices dans le parcours de Leonora. Florence pour la découverte des grands maîtres à l’âge de 15 ans et Paris, ville du surréalisme et de Max Ernst, son compagnon avec qui elle fuit Londres à 20 ans pour s’installer en Ardèche, faisant de leur maison une œuvre d’art totale et un ancrage mental au milieu de tous ses déplacements entre l’Espagne, le Portugal, New York, Mexico au gré des soubresauts de l’histoire collective et personnelle : captivité de Max Ernst, fuite à Madrid où elle subit un viol collectif par des soldats… Une expérience traumatisante suivie par un internement de force, un traitement ravageur aux électrochocs et au cardiazol. Autant d’épreuves qui vont donner lieu à des réinventions entre folie et lucidité, refus du conformisme et refuge dans l’ésotérisme. Fascinée par les récits de sa mère irlandaise, petite en Angleterre, elle montre une capacité précoce pour le dessin suivi par la série d’aquarelles « Sisters of the Moon », dotées d’une sorte de cosmogonie ésotérique du féminin et de la sororité. Vue de l’exposition Leonora Carrington – scénographie Véronique Dollfus © Didier Plowy pour GrandPalaisRmn, 2026 Puis la « Mariée du vent » comme la surnomme Ernst, se lance dans une itinérance dominée par la perte et le hasard, le déracinement tandis que son imaginaire s’ouvre à d’autres mondes. L’éveil de la conscience, de la psyché et la quête de cartes intérieures pour pouvoir naviguer au milieu de toutes ces influences : alchimie médiévale, figures mythologiques, formes de vie souterraine, signes cabalistiques, archétypes…donnant lieu à des œuvres aussi énigmatiques que « Voulait être un oiseau », « Le Mage Zoroastre rencontrant sa propre image dans le jardin », « Levitasium », l’artiste refusant toujours à expliquer ses sources. Leonora Carrington, Double portrait (self-portrait with Max Ernst), 1938 © 2026 Estate of Leonora Carrington -ADAGP, Paris © Courtesy Gallery Wendi Norris, San Francisco Comme le confie le poète Edward James qui deviendra son ami et confident : « Ses peintures ne sont pas littéraires. Ce sont des images distillées dans les cavernes souterraines de la libido, vertigineusement sublimées ». Sa feuille de route passe par des phases de révélation selon le concept du mythologue Joseph Campbell qu’elle admire et qui défend une « traversée héroïque » favorisant un éveil de la conscience. Un autre accès au savoir est désormais possible autour d’une nouvelle forme de sagesse et un amour du vivant sous toutes ses facettes : l’animal-humain-femelle. C’est au Mexique qu’elle finit par trouver l’apaisement aux côtés de son nouveau mari, le photographe hongrois Chiki Weisz, compagnon de Capa, dont elle a deux fils. Sa maternité lui apporte une nouvelle inspiration. Activiste dans l’âme, elle reprend le combat et s’engage pour les droits des femmes mexicaines. Elle bénéfice d’une exposition au musée d’art moderne de Mexico et d’une vraie reconnaissance internationale. Malheureusement le projet de transformer sa maison en musée suite à son acquisition par l’Universidad Autónoma Metropolitana, ne verra finalement pas le jour. Kati Horna, Retrato de Leonora Carrington, 1947, photo argentique, 25 x 20 cm, collection privée © Estate of Kati Horna, Mexico © Archivo Fotografico Kati y José Horna Féministe et écologiste dans l’âme, touchée par l’exil, l’ostracisme et la maladie mentale, Leonora Carrington, peintre et écrivaine, n’a eu de cesse de mener une quête aux confins de l’invisible et de l’irrationnel. Longtemps invisibilisée par ses collègues surréalistes, elle prend enfin toute la lumière. Partir à sa rencontre, c’est aborder des contrées inconnues d’une profondeur infinie. Une visite s’impose au musée du Luxembourg qui propose une riche programmation en résonance. Catalogue GrandPalaisRmn éditions, 208 pages, 160 illustrations, 45 euros. INFOS PRATIQUES : Leonora Carrington Jusqu’au 19 juillet 2026 Musée du Luxembourg 19 Rue de Vaugirard 75006 Paris Horaires : Tous les jours, de 10h30 à 19h Plein tarif : 14 € / Tarif réduit : 10 € https://museeduluxembourg.fr/fr/agenda/evenement/leonora-carrington Marque-page0
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