Novembre, 2026

Fiona Forte

mer04nov(nov 4)10 h i minjeu26(nov 26)18 h i minFiona ForteUn soleil d’or à la tombée de la nuitLa Maison des Photographes - UPP, 11, rue de Belzunce 75010 Paris 0 Ajouter à ma wishlist

Détail de l'événement

Lauréate de la 9ᵉ édition du Prix La SAIF – Les Femmes s’exposent, la photographe Fiona Forte exposera son projet primé « Un soleil d’or à la tombée de la nuit » à l’UPP à Paris du 4 au 26 novembre 2026. Dans son projet, Fiona Forte nous dévoile le Sítio Ágatha, une ferme agroécologique, féministe et antiraciste située dans l’État du Pernambuco, au nord-est du Brésil. Dans ce lieu de résistance, elle a été accueillie par les femmes de la famille Cavalcante, gardiennes de la nature, de la lutte et de la mémoire collective. Avec un regard situé qui cherche à inverser les codes du documentaire occidental, la photographe aborde les questions de justice sociale et environnementale, d’afroféminisme et d’afroécologie. Entre photographies, installations, carnets de bord et espace documentation, l’exposition se déploie comme une recherche vivante et féconde où se mêlent artisanal et spirituel, liens et gestes, magie et politique.

« Un soleil d’or à la tombée de la nuit » de Fiona Forte – Texte d’Agathe Kalfas, commissaire de l’exposition :

En 2020, l’artiste visuelle Fiona Forte part au Brésil, devenu son pays de coeur et point de départ de sa pratique documentaire. Au cours de son séjour, elle est accueillie au Sítio Ágatha, petite propriété agricole située dans le Pernambuco, au Nordeste brésilien. Durant cinq mois, elle y partage le quotidien de la famille Cavalcante : Luíza, Nzinga et Ágatha, trois générations de femmes afrodescendantes qui s’y sont installées en 2006. Dans le sillage du mouvement des sans-terre, et après huit années de lutte et d’occupation aux côtés de trois cents autres familles paysannes, elles ont obtenu un terrain à l’endroit même où l’une de leurs ancêtres fut autrefois réduite en esclavage. Fiona Forte écoute, prend notes, participe, photographie le combat de ces femmes engagées pour l’afroécologie et l’afroféminisme. Elle s’imprègne de leur mode de vie communautaire, découvre le travail de la terre, apprend le respect des savoirs anciens, des natures et des esprits.
Ce n’est que quelques années plus tard, de retour en France, que l’artiste replonge dans toute la matière collectée sur place : carnets de bord, archives et documentation de la lutte, photographies du quotidien, objets utilitaires ou sacrés… Elle cherche alors à restituer cette expérience singulière en s’affranchissant du cadre documentaire et descriptif d’origine pour affirmer un regard situé. Elle opère un basculement dans le sens de son travail, interroge sa position d’actrice et de narratrice de cette histoire, réinterprète ses images, produit une nouvelle matière à partir de l’existant. Ce déplacement donne naissance à une pratique qui procède par correspondances et forme des constellations, à la manière de la pensée archipélagique d’Édouard Glissant : le sens y circule sans jamais se figer. Pour Fiona Forte, il n’est pas question d’affirmer des vérités, mais de révéler des liens. Nourri par l’univers du conte et du merveilleux, son travail fait coexister des états contradictoires, une manière d’être au monde. L’exposition Un soleil d’or à la tombée de la nuit est le fruit de ce processus et présente pour la première fois l’ensemble des pièces de la série. Aux murs, les photographies sont le point d’origine : elles formalisent le contexte du projet et en sont le fondement. Au centre et en suspension, une pièce tissée assemble des fragments d’images et des extraits de journaux personnels écrits en 2020 et 2026, à l’aide de fils d’or. Par ce geste, Fiona Forte reprend la trame de son récit et dévoile son arborescence plutôt que sa chronologie. Le tissage devient métissage de matières et de mémoires : celles de l’artiste, des femmes qui l’ont accueillie, et du Sítio Ágatha. Un autel syncrétique ouvre un troisième espace, le plus intime. Imaginé à la manière des autels que l’on érige chez soi, il fait résonner la spiritualité de la famille Cavalcante, le candomblé, avec la sensibilité de la photographe. Leurs archives de lutte dialoguent avec une collection éclectique d’objets et de photographies glanés par l’artiste, qui dans un geste d’offrande nous dévoile ses trésors. Elle nous invite à reconnecter les différentes temporalités : celle des luttes passées, pour nous souvenir ; celle du recueillement présent, pour créer nos refuges ; celle enfin des prières futures, pour convoquer l’espoir d’un monde harmonieux et désirable.
Recherche vivante, l’exposition se fait espace d’accueil, ouvert comme l’a été le Sítio Ágatha pour l’artiste. Chacun est convié à découvrir cette histoire, à en faire l’expérience par la proximité des matières, et à se laisser déplacer dans son parcours.

Artiste visuelle et photographe documentaire née à Vitry-sur-Seine (France) vivant et travaillant à Marseille. Autodidacte, elle développe une pratique au long cours à la croisée de l’image documentaire, de l’écriture et de l’installation, nourrie par des études en littérature, philosophie et sciences sociales ainsi que par des engagements associatifs et culturels entre la France et le Brésil. Ses projets explorent des formes de narration fragmentaires où expériences intimes et contextes collectifs se rencontrent par associations d’images, de textes et d’archives. Partant de références communes ou de formes familières, elle fait se croiser différents registres pour bouleverser nos habitudes de lecture des images. Son travail interroge les processus de transmission, la construction des savoirs et les formes d’oppression produites par les récits établis. Elle cherche ainsi à faire émerger d’autres imaginaires pour recréer du lien et des formes d’émancipation. Son travail a été présenté en France et à l’international, notamment à Marseille, Paris et Rio de Janeiro.

Dates

4 Novembre 2026 10 h 00 - 26 Novembre 2026 18 h 00(GMT+00:00)

Lieu

La Maison des Photographes - UPP

11, rue de Belzunce 75010 Paris

La Maison des Photographes - UPP

11, rue de Belzunce 75010 ParisOuvert du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h

La Maison des Photographes - UPP

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