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Partager Partager Cette semaine, c’est la photographe Orianne Ciantar Olive qui prend les rênes de notre rubrique L’Invité·e ! Basée à Marseille, elle est membre du collectif Solar, un espace féminin et solidaire dédié à la photographie contemporaine, et elle vient de lancer Monolit, un atelier permanent et collaboratif destiné aux photographes et artistes en art visuel, pour échanger, collaborer et faire réseau. Une résidence est organisée à Paris à l’occasion de Paris Photo, une autre est prévue fin janvier à Bruxelles. Portraits d’enfance d’Orianne Ciantar Olive © Archives personnelles Artiste installée à Marseille, Orianne Ciantar Olive est passée par le théâtre, le cinéma, l’archéologie, la criminologie et le journalisme. Elle est également diplômée de l’ENSP. Après plusieurs années de photojournalisme au Moyen-Orient, puis comme rédactrice en chef, elle quitte la presse en 2017 et développe une pratique fondée sur la recherche, entre essai visuels et littéraires. Elle travaille sur les images de conflit en passant par le détour : elle déplace le regard, et le renversement est devenu le principe de son travail. Pellicules retournées, gravure sur négatif, solarisation, art génératif, dispositifs interactifs : la forme découle du fond, et tout s’opère en réaction. Son travail a été montré au Centre Pompidou, à la Biennale d’architecture de Venise, à la Villa Pérochon, et, cette année, aux Rencontres d’Arles (Les Ruines circulaires, 2026). Elle intervient dans plusieurs écoles d’art et a créé les ateliers gratuits Réagir au monde qui réunissent 480 participant·es chaque dimanche depuis plus d’un an, puis l’atelier permanent collaboratif Monolit. Elle est membre du collectif SOLAR. https://orianneciantarolive.format.com/ Instagram @orianne.ciantarolive Monolit Monolit est un atelier permanent et collaboratif consacré à la démarche artistique. Il prolonge le travail de transmission et de réflexion que je mène en écoles d’art comme dans les ateliers Réagir au monde, atelier photographique envoyé par lettre gratuitement tous les dimanches matin. Il est né d’une expérience personnelle. Pendant des années, j’ai cherché des lieux où mon travail pouvait être discuté, questionné et accompagné. J’ai créé Monolit pour que ces espaces existent et qu’ils soient accessibles à d’autres, à l’heure où les financements et l’accès aux ressources devient de plus en plus difficile. Le point de départ est simple : la plupart des photographes et des artistes travaillent seul·es. Or sans écho, sans mouvement, sans dialogue et sans regardeur·euses, il est difficile de voir ses angles morts, de débloquer une recherche et de garder une pratique régulière, visible et vivante dans la durée. Monolit est donc un espace de recherche et de création collaboratif, dédié à la photographie et aux arts visuels. C’est mon propre atelier que j’ai ouvert. C’est à la fois un collectif de travail, un atelier permanent et un écosystème professionnel. Des acteur·rices du monde photographique y sont invité·es à porter un regard attentif sur des artistes au travail. Monolit réunit des profils très variés, du photographe émergent à l’artiste très confirmé·e, c’est ce qui fait la richesse du groupe et des échanges. Chacun·e s’appuie sur la force du groupe pour nourrir sa démarche artistique personnelle. Les membres se recommandent, collaborent, partagent des opportunités, réfléchissent ensemble, s’engagent, et font circuler leurs projets. Ce que propose Monolit Des ateliers réguliers, en visio et en présentiel, avec le replay intégral des ateliers enregistrés Des sessions critiques en petits groupes Des rencontres régulières avec des professionnel·les du secteur : commissaires, éditeur·rices, chercheur·euses, artistes, iconographes… Des chantiers de réflexion et de discussion sur des sujets de fond, liés au secteur artistique et photographique en particulier, à des questions d’ordre éthique, à des formes de manifestes, etc… Des échanges de savoir-faire, avec un partage d’expertises et de techniques entre pairs Une bibliothèque méthodologique Un espace partagé, où chaque membre dispose de sa table d’édition pour travailler seul·e ou en groupe Une vie collective, avec des événements réguliers de monstration et de rencontre Des résidences de travail Après une première résidence à Marseille en août, Monolit organise une nouvelle résidence pour ses membres à Paris, pendant Paris Photo. À cette occasion, le collectif présentera au public un film photographique le vendredi 13 novembre au Quai de la Photo. Une autre résidence est prévue fin janvier à Bruxelles. Pour rejoindre Monolit, il faut commencer par remplir la fiche de renseignements (en cliquant-ici). Une fois la fiche validée, la personne accède à mon calendrier pour réserver un rendez-vous de lecture de portfolio ou un entretien. Ce rendez-vous permet de vérifier que nous partageons les mêmes valeurs fondatrices et permet d’assurer un équilibre nécessaire au groupe en termes de pratiques et d’échanges. Insta : @monolit_collective Le portrait chinois d’Orianne Ciantar Olive Si j’étais une œuvre d’art : Real Pictures d’Alfredo Jaar Si j’étais un musée ou une galerie : Le BAL, à Paris, pour l’aspect lieu qui pense l’image-document au lieu de simplement l’accrocher. Ou alors la fondation Carmignac, pour l’écrin. Si j’étais un·e (autre) photographe : Sophie Calle pour son travail fait d’enquêtes, de protocoles et de filatures, et le fait que le texte y compte autant que l’image. Ca fait échos avec plus de légèreté à mon passé de journaliste et de diplômée en criminologie, discipline que j’ai toujours voulu associer à ma pratique artistique (je n’y suis pas encore parvenu). Si j’étais un livre : En ce moment, Toutes les vies, de Rebecca Warrior. Sinon, une bande dessinée, Joe Sacco ou Lamia Ziadé Si j’étais un film : Une journée particulière, d’Ettore Scola Si j’étais un morceau de musique : Pride (times are changing) de Madball, Let England shake de PJ Harvey et « Dark Was the Night, Cold Was the Ground » de Blind Willie Johnson, sans transition. Si j’étais une photo accrochée sur un mur : Peu importe l’image, ce le mur qui compte Si j’étais un souvenir d’enfance : Les départs à 4h du mat’ pour les autres bouts du monde Si j’étais une citation : « Les hiboux ne sont pas ce qu’ils semblent être. » (Twin Peaks, David Lynch) Si j’étais un sentiment : le calme, intranquille Si j’étais un objet : un compas de relèvement (celui de mon père) Si j’étais une expo : Soulèvements, de Georges Didi-Huberman, au Jeu de Paume en 2016, seulement pour le riche débat qui en a suivi et pour provoquer la prise de parole affutée d’Enzo Traverso Si j’étais un lieu d’inspiration : le pont de mon voilier, en partant ou en revenant dans le golfe de Fos. Tout est là. Si j’étais un breuvage : un café blanc libanais : de l’eau chaude et de la fleur d’oranger Si j’étais un héros ou une héroïne : Martha Gellhorn Si j’étais un vêtement : une veste réversible Si j’étais un instant décisif : Ils le sont tous Si j’étais un procédé photographique : Une solarisation. À LIRE Lancement du Collectif Solar, un espace féminin et solidaire dédié à la photographie contemporaine À l’infini des ruines, l’ouvrage aux éditions Dunes d’Orianne Ciantar Olive Marque-page0
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