Septembre, 2020

mer09sep(sep 9)0 h 00 mindim20(sep 20)0 h 00 minL'écho du silenceExposition CollectiveType d'événement:Art Contemporain,Exposition,Photographie

Détail de l'événement

Une proposition philanthropique initiée par des collectionneurs en faveur des artistes qu’ils soutiennent.

Le monde citadin, foyer du tumulte des gens pressés et des sonorités urbaines ne laisse plus la place au silence. La perception de l’homme en devient lacunaire et restrictive. L’exposition L’écho du silence nous interroge sur notre capacité à écouter, à percevoir et à ressentir le monde.
L’astrophysicien Hubert Reeves explique que le rôle de l’homme est de «donner un sens à la réalité.» L’humain privilégie souvent une stratégie d’ « opposition » définie par une soif de puissance (instinct de survie). Nous sommes témoins aujourd’hui d’une situation globale préoccupante sur les enjeux écologiques.
Les réponses sont mises en demeure alors qu’il existe également dans la nature une logique complémentaire à celle de puissance : la logique de «coopération ».
La pollinisation en est un exemple, les oiseaux et papillons en s’abreuvant du nectar des fleurs leur permettent de se reproduire.

17 artistes

Les artistes, résistants et visionnaires, nous apportent leur regard singulier sur ce qu’ils entendent par les mots nature et éléments.
Quelle perception les artistes ont-ils de la nature ? Comment s’intègre-t-elle dans leur travail ?
Dans quelle mesure nous aident ils à prendre conscience des possibilités d’une réalité plus coopérative et harmonieuse ? Dans ces temps d’émulation, il nous est offert une chance de voir différemment notre environnement.
L’homme, en changeant son regard et en développant sa sensibilité, peut agir positivement sur son milieu. Le naturaliste Alexander Von Humboldt explique que pour comprendre la nature, l’émotion et la poésie sont nécessaires. Notre subjectivité alliée à notre intelligence nous permet d’entendre le monde, d’en saisir son unité, et par conséquent de le respecter et de l’aimer.

Vision anthropocentrique

Notre vision occidentale anthropocentrique ne mérite-t-elle pas d’être repensée ? Dans notre société occidentale, la vision macrocosmique est souvent oubliée, pour être centrée sur les êtres “ terrestres ”. Comme écrit Platon dans Protagoras : ‘‘ l’homme est la mesure de toutes choses ”.
L’homme occidental a développé une position en surplomb, en retrait avec son environnement.
L’anthropologue, Philippe Descola montre que le concept de nature est questionnable. En effet, pour les occidentaux la nature réfère aux non-humains. Il y a une distanciation sociale entre l’homme et ce qui ne l’est pas. Alors que pour d’autres cultures comme par exemple, la tribu Jivaros Achuar d’Amazonie, les Kogis de Colombie ou encore les Bishnoïs en Inde, le concept de nature n’existe pas.
L’homme fait partie d’un tout où les plantes, les animaux sont à l’égale des hommes ayant chacun une âme et une vie autonome.

Redécouvrir les éléments de la nature

Théorisé par les présocratiques (Pythagore, Empédocle, Héraclite) et déjà présente dans les civilisations protohistoriques, la théorie des 4 éléments fait référence en philosophie au concept de “cosmos” (origine et compréhension du monde). Cette théorie révèle une volonté d’ordonner, de classer, de définir, de hiérarchiser et de faire correspondre. L’homme s’est efforcé de créer des principes organisateurs qui l’ont aidé à comprendre sa place dans l’univers mais aussi à agir sur celui-ci.
Le monde se suffit à lui-même et n’a pas besoin de s’expliquer. Or l’homme a besoin d’objectiver ce qu’il voit, mais aussi de tisser des liens entre ce qu’il voit et ce qu’il croit. C’est pour cela qu’il crée des symboles et des mythes, afin de pallier ce qui lui échappe. De cette théorie résulte le constat d’une nature harmonieuse composée de forces naturelles voire sacrées : l’air, l’eau, la terre, le feu et l’éther (variant selon les cultures). Cette harmonie dépend de l’équilibre de ces forces qui, si elles sont perturbées, mettent en péril autant la présence humaine que biologique.

L’homme et la nature : relations ambivalentes

A travers les siècles, les conceptions du monde, vu par l’homme, ont été très diverses. Dans les cultures primitives, la Terre était le centre du monde et l’humanité était issue des Dieux. Puis, la Renaissance ouvre un monde beaucoup plus vaste avec l’apparition des télescopes. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’univers se densifie avec la découverte de notre galaxie. Aujourd’hui,
l’univers nous apparaît comme infini et sans limite. En plus de ces découvertes astronomiques, celles de la biologie et de la psychologie ont radicalement changé nos perceptions et en cela ont influencé nos croyances et nos actions. La perception est donc le terreau de notre réflexion mais aussi de nos agissements. L’exposition L’écho du silence permet de souligner les rapports qu’entretient l’homme avec son environnement et d’en isoler les contradictions, les scissions ou au contraire les symbioses et les métamorphoses.
La pluralité de ces interprétations explique comment la perception peut agir sur nos actes et nos jugements. Cette exposition invite les visiteurs à admirer et s’émerveiller de nouveau mais aussi questionner leur environnement et concevoir un rapport neuf à la nature.

Artistes : Béatrice Bissara // Dorian Cohen // Esmeralda Da Costa // Léa Dumayet // Julia Gault // Charlotte Gautier Van Tour // Anouk Grinberg // Julie Legrand // Sandra Matamoros // Laurent Pernot // Johanna Perret // Francesca Piqueras // Dorothée Louise Recker // Estera Tajber // Nicolas Tourte // Jean-Claude Wouters // Alexandre Zhu

Commissaires : Clarisse Russel et Valérie Delaunay

Photo : Panic Point – Pérou – Vague verte, paronamique NDI, 2015 © Francesca Piqueras

Dates

9 (Mercredi) 0 h 00 min - 20 (Dimanche) 0 h 00 min

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