Janvier, 2022

sam15jan(jan 15)17 h 00 minsam26mar(mar 26)19 h 00 minTerresAnne-Marie FilaireCentre Claude Cahun pour la photographie contemporaine (anciennement Galerie Confluence), 45 rue de Richebourg 44000 Nantes

Détail de l'événement

La question du territoire raconte une histoire, celle du 20e siècle, celle des crises économiques, des guerres et des mouvements de populations, celle des confrontations et celle de ces individus oubliés ou volontairement laissés de côté qui construisent, habitent et détruisent ce territoire.

« Le territoire ne vaut que par les moyens d’en sortir » écrivait Gilles Deleuze. Les images d’Anne-Marie Filaire, elles, racontent un territoire qu’on a sorti de lui-même, un territoire dépossédé de toute définition géographique. Un territoire déplacé, comme les images d’Anne-Marie Filaire qui nous portent là où nous ne pensions pas aller, là où il n’y a rien à voir, circulez! Mais les images d’Anne-Marie Filaire ne circulent pas, elles arrêtent, elles creusent, elles arpentent, elles épuisent des masses de terre qui n’auraient jamais du être montrées. Depuis trois ans, Anne-Marie Filaire regarde ces terres de Paris excavées des profondeurs des sous-sols de la capitale pour construire le Grand Paris Express qui définit le territoire du Grand Paris. La terre n’est rien, ce sont les déplacements des corps qui comptent. C’est donc le réseau de transport qui détermine ce nouveau territoire en construction. Pour creuser ce réseau, les terres enfouies sont extraites par des tunneliers qui cassent les molécules de la terre. Cette terre mise à nue, sans fard, sans habit, sans eau n’avait pas à voir le jour. Sous le soleil elle devient une boue grise et compacte entre carton et goudron. Cette masse, arrachée au noyau du sol est ensuite déversée au-delà des banlieues, sur les pourtours de l’Ile de France : Annet, Chelles, Villeneuve-sous-Dammartin deviennent des extensions de Paris. Les villes qui accueillent les nouvelles gares se transforment en purs trajets, stations, passage, seul compte le temps de parcours d’un point A à un point B. Le territoire s’efface, seul reste le paysage. C’est celui-ci qu’Anne-Marie Filaire récolte à travers un road trip photographique. Anne- Marie Filaire, regarde, explore, collecte, remonte des paysages sans ancrage, des paysages comme des personnages de film perdus dans un désert, des paysages qui cherchent leur définition. Comment raconter une terre déplacée ? Comment la montrer ? À la manière de ses travaux réalisés en Palestine, Anne Marie Filaire offre un regard complexe sur des paysages suspendus. Nous voyageons entre ciels et terres avec des photographies qui plongent dans des zones désertes qui semblent tout droit sorties de films de Michelangelo Antonioni. Nous sommes pourtant aux portes de Paris. Anne-Marie Filaire capte ainsi les derniers déserts urbains avant leur complète disparition.

L’exposition débute le samedi 15 janvier à 15h.

Centre Claude Cahun pour la photographie contemporaine (anciennement Galerie Confluence)45 rue de Richebourg 44000 NantesOuvert du mercredi au samedi, de 15H à 19H et sur RDV