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Partager Partager La Galerie Polka inaugure tout juste une programmation aussi dense qu’éclectique. De l’univers cinématographique de William Klein aux paysages introspectifs de Sebastien J. Zanella, en passant par les clichés acidulés de Matt Henry, la galerie compose une saison où se croisent imaginaire, mouvement et expérimentations visuelles. Une invitation à prendre un grand bol d’art frais à l’heure des premières chaleurs estivales. Dix ans après sa première exposition chez Polka, Matt Henry signe son retour avec « Palm », une série construite autour d’une figure inattendue : le palmier. Derrière cette icône tropicale devenue symbole de loisirs et d’opulence, le photographe déploie une réflexion aussi pop que politique sur les mythologies occidentales de l’après-guerre. Devant son objectif, l’arbre devient un véritable motif narratif. À Palm Springs, décor moderniste figé dans un rêve américain sous perfusion solaire, Matt Henry met en scène des personnages à la dérive, pris dans un monde trop parfait pour être totalement crédible. © Matt Henry Son esthétique volontairement théâtrale, saturée de couleurs et teintée d’un kitsch assumé, convoque autant David Lynch que John Waters. Entre satire sociale et fiction rétro, ses images oscillent sans cesse entre fascination et malaise. Le palmier devient alors le symbole d’une Amérique fantasmée, mais aussi le témoin silencieux des désillusions d’une époque. En traversant la cour menant au second espace de la galerie, on découvre « The Passenger », la série photographique de Sebastien J. Zanella, née d’un voyage à la fois intérieur et géographique. De la Turquie au Sahara, des îles hawaïennes à l’Amérique latine, jusqu’aux Canaries où il réside aujourd’hui, le photographe compose un récit sensible autour de notre manière d’habiter le monde. © Sebastien J. Zanella Paysages traversés, silhouettes fugaces, lumières mouvantes et fragments du réel dessinent une narration libre, portée par une forme de lâcher-prise. « Plus je perdais mes illusions, plus je me sentais appartenir au vivant », écrit l’artiste dans sa note d’intention. Enfin, la galerie consacre un accrochage inédit à l’œuvre filmique de William Klein. Figure majeure de l’image au XXe siècle, le photographe et cinéaste américain n’a cessé de brouiller les frontières entre photographie, cinéma et art contemporain. William Klein Dès les années 1950, Klein impose une esthétique instinctive et radicale. Avec son premier film Broadway by Light, consacré aux enseignes lumineuses de Times Square, il invente un langage visuel nerveux et expérimental qui influencera durablement la photographie de rue comme le cinéma moderne. La scénographie rassemble affiches originales, photographies de tournage, contacts peints et images iconiques issues de ses séries consacrées à New York, Rome ou Tokyo. Autant de fragments d’une œuvre foisonnante, où chaque image semble contenir le mouvement d’un film invisible. Avec cette triple programmation, la Galerie Polka propose trois approches différentes de l’image, témoignant chacune d’une envie de raconter le monde autrement. INFORMATIONS PRATIQUES Galerie Polka12, rue Saint-Gilles 75003 Paris ven22maisam01aouFILMS + KLEINWilliam KleinGalerie Polka, 12, rue Saint-Gilles 75003 Paris Détail de l'événementPour cette nouvelle exposition, la galerie a le plaisir de présenter le cinéma de William Klein, à l’occasion d’un accrochage inédit consacré à son œuvre filmique. Photographe majeur du XXe Détail de l'événement Pour cette nouvelle exposition, la galerie a le plaisir de présenter le cinéma de William Klein, à l’occasion d’un accrochage inédit consacré à son œuvre filmique. Photographe majeur du XXe siècle, William Klein occupe une place à part dans l’histoire de l’image. Son travail dépasse les frontières de l’image fixe pour inventer une écriture visuelle radicale, fondée sur le mouvement, la tension et l’énergie du réel. Dès ses débuts, Klein impose une approche directe, frontale, provocatrice, presque physique. Il ne se contente pas de cadrer le monde : il le met en scène. « Quiconque prétend être objectif n’est pas réaliste. » Pour William Klein, il n’y a pas de vérité qui tienne. Seules comptent la relativité des choses vues et la radicalité du regard. Né en 1926 à New York et décédé en 2022 à Paris, William Klein a tout au long de sa vie été un créateur et un observateur averti et impertinent. L’Américain expatrié est un artiste visuel complet : photographe, peintre, plasticien, graphiste et réalisateur. Adepte d’un cinéma direct, il a réalisé plus d’une vingtaine de courts, moyens et longs métrages, fictions et documentaires confondus entre 1958 et 2005. Klein a bousculé le cinéma, comme il l’a fait dans le monde de l’édition avec la sortie de son premier livre Life is Good & Good for You in New York en 1956. Dans Broadway by Light, son premier passage derrière la caméra, il filme les enseignes lumineuses de Times Square et compose probablement le premier film pop de l’histoire du 7e art. Avant-gardiste et iconoclaste, Klein l’est dans tous ses films et entretient un lien direct avec l’esprit de la Nouvelle Vague. L’exposition met en lumière cette continuité à travers une sélection de films majeurs : Broadway by Light (1958), Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? (1966), Mr. Freedom (1969), Muhammad Ali the Greatest (1974), ainsi que In and Out of Fashion (1998). Dans Mr. Freedom, satire politique et pop, Klein s’attaque frontalement aux dérives du pouvoir et aux représentations américaines, notamment autour de figures comme Trump avant l’heure, dans une critique déjà très acide de la culture du spectacle et de la domination. Ces œuvres témoignent d’une même obsession : celle d’une image en mouvement permanent, traversée par la lumière, le flou, les corps, les visages et l’énergie de ses personnages. La scénographie de l’exposition prolonge cette logique. Elle réunit des affiches originales de ses films, des photographies prises pendant les tournages, rares, Klein restant avant tout concentré sur la caméra, des contacts-peints ainsi qu’un ensemble d’images issues de son œuvre majeure, notamment New York, Rome ou Tokyo. Ces photographies, pour certaines iconiques, possèdent une intensité presque cinématographique : elles pourraient appartenir à des films qui n’existent pas. Elles incarnent, en réalité, son cinéma à lui. À travers cette mise en regard, l’exposition révèle ce qui traverse toute l’œuvre de William Klein : une même urgence du regard, une même énergie du cadre et une même volonté de faire de l’image, un choc ! À l’occasion de son centenaire, la galerie propose ainsi de reconsidérer le travail de William Klein non pas comme une alternance entre photographie et cinéma, mais comme un seul et même langage : celui d’un génie pour qui l’image est toujours en train de se faire. Dans la vie comme au cinéma. Dates22 Mai 2026 15 h 00 min - 1 Août 2026 17 h 00 min(GMT-11:00) LieuGalerie Polka12, rue Saint-Gilles 75003 ParisOther Events Galerie Polka Get Directions CalendrierGoogleCal Galerie Polka12, rue Saint-Gilles 75003 Paris ven22maisam01aouMatt HenryPalmGalerie Polka, 12, rue Saint-Gilles 75003 Paris Détail de l'événementDix ans après sa première exposition à la galerie, Polka accueille de nouveau Matt Henry avec « Palm », une série construite autour de la figure du palmier. Le photographe Détail de l'événement Dix ans après sa première exposition à la galerie, Polka accueille de nouveau Matt Henry avec « Palm », une série construite autour de la figure du palmier. Le photographe gallois de 48 ans rend hommage à la plus célèbre des plantes tropicales, en en faisant l’instrument d’une étonnante analyse socio-politique. 100 ans après les premiers voyages des photographes explorateurs autour de la Méditerranée, où les palmiers participent de tout un imaginaire fantasmé, voici qu’ils ressurgissent dans les années 1960 revisitées par Matt Henry. Les aventures orientalistes sont déjà loin. Une révolution industrielle et deux guerres mondiales sont passées par là. La photographie ressuscite en couleur et Kodak s’installe dans tous les foyers. Le palmier, ce vieux frère hier symbole du sublime exotique, façonné par les fantasmes d’abondance tropicale, resurgit dans l’imaginaire triomphant de l’après seconde Guerre Mondiale, cette fois-ci en plein cœur de l’Occident. Fasciné par la la culture et la contreculture américaines des années 1960 et 1970, Matt Henry travaille depuis dix ans sur des « short-stories », des fictions photographiques. « Palm » en réunit trois, dans une sorte d’essai photographique où le palmier fait figure de prisme analytique. « Je m’efforce de décrypter sa symbolique, à une époque où il devient surtout synonyme d’opulence et de loisir », note Matt Henry. C’est le sens du premier récit de son livre, dont l’intrigue se noue à Palm Springs, ce mirage moderniste suburbain de la cote Ouest américaine, en banlieue de Los Angeles. Sous les palmes, un rêve américain : une vie d’opportunités gorgées de soleil, des grandes maisons avec piscines olympiques et gazons à la chlorophylle dans des lotissements trop beaux pour être vrais. Le photographe — qui cite volontiers John Waters et David Lynch — y raconte la ville et le tonnerre qui gronde chez les habitants, avec l’oeil d’un cinéaste. « Je me vois comme un conteur. Je cherche avant tout à immerger le spectateur dans l’univers que je façonne. Les mondes que je construis sont des époques et des lieux imaginaires ; des fragments déformés de mémoire et de mythe. » Le palmier devient l’emblème d’un monde-fiction sur fond de culture consumériste exacerbée, de marchandisation des loisirs et de domestication de la nature. Mais aussi un totem vers les chapitres suivants, face aux ravages de la guerre du Vietnam et de la guerre culturelle qui s’annonce, ou encore sur la route du « hippie trail », en compagnie d’aventuriers d’un nouveau genre, avides d’exploration intérieure et d’expériences collectives partagées sur des plages luxuriantes bordées de cocotiers. Les « scènes » racontées par Matt Henry assument une théâtralité ouvertement « camp » voire kitsch, c’est à dire un brin criarde et fantasque, pour ne pas dire satirique. Une esthétique assumée, entre divertissement et clin d’œil subversif, qui trouve ses racines dans la culture populaire des années 1960. « La période actuelle est marquée par une pensée très manichéenne. La photographie n’y échappe pas. Je ne veux pas nier l’importance du travail documentaire, ni celle de l’art en tant que manifeste, mais comprendre leurs limites, c’est aussi réaliser qu’il y a une place pour des œuvres ludiques, satiriques ou absurdes », ajoute le photographe. Avant de conclure : « Les années 1960 me donnent toujours ce goût d’inachevé. Nous étions sur le point d’aboutir à quelque chose, puis tout a été balayé sous le tapis. D’une certaine manière, je me vois comme une sorte de Sisyphe : je m’attache à reprendre et pousser inlassablement sur le chemin des sujets et des motifs qui m’obsèdent, dans un monde que je me suis créé pour l’occasion. » En parrallèle de son exposition à la galerie Polka, Matt Henry a compilé cette série dans un ouvrage éponyme aux éditions Sturm & Drang. 136p., 69€. Disponible à la Factory Polka. Dates22 Mai 2026 15 h 00 min - 1 Août 2026 17 h 00 min(GMT-11:00) LieuGalerie Polka12, rue Saint-Gilles 75003 ParisOther Events Galerie Polka Get Directions CalendrierGoogleCal Galerie Polka12, rue Saint-Gilles 75003 Paris ven22maisam01aouSebastien J. ZanellaThe PassengerGalerie Polka, 12, rue Saint-Gilles 75003 Paris Détail de l'événementÀ l’occasion de sa première exposition, la galerie a le plaisir de présenter « The Passenger », nouvelle série photographique de Sebastien J. Zanella. À travers cette série inédite, Sebastien J. Détail de l'événement À l’occasion de sa première exposition, la galerie a le plaisir de présenter « The Passenger », nouvelle série photographique de Sebastien J. Zanella. À travers cette série inédite, Sebastien J. Zanella propose une œuvre profondément introspective, née d’un déplacement autant intérieur que géographique. Réalisé au fil d’un long voyage allant de la Turquie au Sahara, en passant par les îles hawaïennes, puis à travers l’Amérique latine jusqu’à son retour dans les îles Canaries, où il réside, « The Passenger » s’inscrit dans une réflexion sensible sur notre manière d’habiter le monde, de le percevoir et de nous y relier. Depuis plusieurs années, le travail de Sebastien J. Zanella explore les notions de mouvement, de mémoire et de présence. Avec « The Passenger », son regard évolue vers une approche plus méditative, où l’image devient un espace de suspension et de résonance intérieure. Cette démarche s’inscrit dans une filiation élargie avec certains gestes artistiques du XXe siècle, où l’acte de création devient avant tout une expérience physique et mentale du monde, à l’image des recherches de Jackson Pollock, pour qui le mouvement, le corps et le geste engageaient déjà une forme de traduction directe de l’intériorité. Loin de toute volonté documentaire, cette nouvelle série se construit dans l’abandon des certitudes et des catégories. Le photographe y interroge la perte des repères contemporains, tout en cherchant une forme de reconnexion au vivant, à la nature et au mystère des choses simples. Dans cette perspective, l’image ne cherche plus à représenter, mais à faire advenir une expérience perceptive et instinctive. « Plus je perdais mes illusions, plus je me sentais appartenir au vivant », écrit l’artiste dans sa note d’intention. Cette sensation traverse l’ensemble de la série : paysages traversés, présences furtives, fragments du réel et lumières mouvantes composent un récit ouvert, où l’expérience du regard prime sur l’affirmation. « The Passenger » évoque ainsi une forme de voyage intérieur, dans lequel le photographe accepte de ne plus chercher à maîtriser ou définir ce qu’il voit, mais simplement à l’éprouver. « À force de marcher, de regarder et de me perdre dans les paysages, j’ai cessé de penser à ce que je faisais, à qui j’étais censé être. Je suis devenu simplement un passager. » conclut le photographe. Dates22 Mai 2026 15 h 00 min - 1 Août 2026 17 h 00 min(GMT-11:00) LieuGalerie Polka12, rue Saint-Gilles 75003 ParisOther Events Galerie Polka Get Directions CalendrierGoogleCal Marque-page0
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