Mars, 2026

Yasuhiro Ogawa

sam28mar(mar 28)12 h 00 minsam16mai(mai 16)19 h 00 minYasuhiro OgawaInto the Silence/Lost in Kyotobox galerie, 102 chaussée de Vleurgat 1050 Bruxelles

Détail de l'événement

Yasuhiro Ogawa (°1968, Chigasaki, préfecture de Kanagawa), dont nous présentons le travail pour la première fois, est ce que l’on pourrait appeler un «photographe errant», en ce qu’il ne cherche rien de précis lorsqu’il part en quête d’images, mais préfère se fier à ce que le monde qui l’entoure lui offrira en cadeau.
Si ses différents projets sont liés à des territoires plus ou moins circonscrits, l’aspect strictement documentaire est on ne peut plus secondaire dans sa proposition. Il convient plutôt d’y voir une longue déambulation silencieuse au cœur du Japon d’aujourd’hui, déambulation exempte de tout cliché réducteur.
Avec Ogawa, nous cheminons lentement, en prenant le temps nécessaire à l’immersion, en découvrant avec lui ce qu’un esprit moins disponible aurait plus que vraisemblablement manqué.
Rien de spectaculaire ni d’exceptionnel, mais une succession d’émerveillements tout simples, à la portée de qui veut bien accorder du temps au temps.
Le monde tel que nous le propose le photographe se découvre souvent à travers la fenêtre d’un train, d’un autocar ou d’un ferry — moyens de transport privilégiés lorsque l’expérience du voyage, du déplacement, importe plus que la destination.
Pour cette exposition, nous avons choisi de montrer de larges extraits des deux séries les plus récentes de Yasuhiro Ogawa, qui toutes deux ont donné lieu à une monographie: Into the Silence et Lost in Kyoto. Nous avons également pris le parti d’en mélanger les images, tant il nous a paru qu’il s’agissait bien, au-delà d’une thématique précise, d’une même signature visuelle, d’une même manière d’aborder le réel pour en donner image.
Into the Silence, pour lequel Ogawa s’est basé sur Le chemin étroit vers les contrées du Nord, livre écrit au 17e siècle par le poète Matsuo Bashō, nous invite à parcourir la région de Tōhoku, une province aujourd’hui quasi désertée au nord-est de l’île de Honshū, où l’artiste a été particulièrement sensible à l’isolement et à la solitude.
Pour sa part, Lost in Kyoto nous permet d’aborder l’ancienne capitale de l’empire du Soleil Levant, une ville vielle de quelque douze siècles que le photographe compare volontiers à une «créature vivante» qui se serait nourrie de l’existence de tous ceux qui y ont vécu depuis sa création, qui y ont versé leur sang, qui y sont morts… Y demeurent selon lui les joies, les peines, les prières, les désirs, les larmes et les luttes de tous ceux qui s’y sont suivi au fil des ans.
Dans une longue séquence sans véritable début ni fin, les saisons succèdent aux autres, les paysages défilent, montagnes enneigées ou perdues dans la brume, mers démontées, rues et forêts détrempées, jardins de sable, stations service surgissant dans la nuit, rideaux séparant le dedans du dehors…
Les voyageurs et les voyageuses se perdent dans leurs pensées, seuls au monde. Les corbeaux croassent. Les arbres se parent des teintes de l’automne. Un enfant dessine sur la buée qui s’est formée sur la vitre, un autre salue le train qui passe…
Il est donc question d’errance. D’itinéraires linéaires ou sinueux. De vide, d’apparitions fugaces. D’hommes, de femmes, d’enfants plus entrevus que rencontrés. De couleurs à la fois étranges et naturelles.

Alain D’Hooghe

Dates

28 Mars 2026 12 h 00 min - 16 Mai 2026 19 h 00 min(GMT-11:00)

box galerie

102 chaussée de Vleurgat 1050 BruxellesLa galerie est ouverte du mercredi au samedi de 14h à 19h

box galerie

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