Mai, 2026

Les Photomobiles #9 : Aux quatre-vents

mar05mai9 h 30 minsam05sep18 h 00 minLes Photomobiles #9 : Aux quatre-ventsPaul Baudon & Hervé DezMusée Hébert, 1 Chemin Hébert 38700 La Tronche

Détail de l'événement

Photo : © Paul Baudon / le signal silencieux

Pour cette 9e édition, Les Photomobiles, créées par Tulipe Mobile, s’installent au musée Quesnel-Morinière de Coutances avec l’exposition Aux quatre-vents.

Aux quatre-vents est née d’une rencontre entre Paul Baudon (collectif Trigone) et Hervé Dez (Tulipe Mobile) en 2023 autour de leurs projets respectifs de caravane laboratoire photographique. La série Le signal silencieux de Paul Baudon a été une autre occasion de partager à la fois des pratiques documentaires et des préoccupations environnementales. Commencé en 2021, le corpus The drowning archives d’Hervé Dez s’est enrichi lors de sa résidence au centre départemental de création des Fours à chaux de Regnéville-sur-Mer et de la sollicitation du Musée Quesnel-Morinière de Coutances de porter un regard pho- tographique sur l’environnement proche. Deux territoires (Soulac-sur-Mer et l’ouest du Cotentin), deux approches mais un seul et même questionnement : de quelle manière et sur le temps d’une génération, le changement climatique va-t-il changer nos vies ?

LE SIGNAL SILENCIEUX / PAUL BAUDON

Le Signal, c’est le nom de cet immeuble qui fait face à l’océan à Soulac-sur-Mer, en Gironde. Il y a soixante ans, lors de sa construction, il se trouvait à 200 mètres du rivage, l’érosion marine a réduit cette distance à 8 mètres. Les habitants ont tous été évacués en 2014, et cinq ans de procédures en ont découlé.
Ce bâtiment est donc devenu un symbole des transformations du territoire par le réchauffement climatique. Il représente aussi la fin de cette idée des années 60, que l’Homme et son économie de marché étaient une machine à rêves inépuisable. Cette enquête souhaite parler de ces gens à qui l’on avait promis de finir leurs jours face à l’océan, contre l’épargne d’une vie. Il veut aussi avancer l’idée que l’Homme comprend aujourd’hui qu’il ne pourra jamais dominer la Nature, et que peu de ses sujets et de ses représentants ne veulent en assumer la responsabilité. C’est ce lien entre un lieu et les personnes qui en sont privées que ce projet veut observer.
Ce travail a été finaliste de la Bourse Laurent Troude 2019.

Paul Baudon est né en 1993 à Libourne, en Gironde. Après avoir obtenu une licence en information et communication à l’université de Bordeaux Montaigne, il intègre l’ETPA de Toulouse en 2016 dont il est diplômé en 2019. Ses projets photographiques documentaires se concentrent sur des questions sociales, d’histoire et de démographie. Il travaille aujourd’hui entre Bordeaux, Toulouse et Paris. Il co-fonde le Collectif Trigone en 2019 avec Marianne Thazet et Anthony Jean, au sein duquel est produit la Résidence Trigone, le Festival Zoom en Couserans.
Paul Baudon participe à de nombreux programmes de transmission. Il est membre de Di- vergence Images. Ses travaux ont été récompensés par le Grand Prix de l’ETPA, le Prix Mark Grosset et la Bourse Laurent Troude.

THE DROWNING ARCHIVES / HERVÉ DEZ

Série réalisée en partie lors d’une résidence au centre départemental de création des Fours à Chaux à Regnéville, dans la Manche.
Nous avons tous fait l’expérience de l’instabilité des traces. Des pas sur l’estran effacés par la mer et le vent, une photographie jaunie, un crash de disque dur, des souvenirs de paysages en perpétuel mouvement. Les archives nous rassurent par leur sentiment d’éternité mais elles sont sensibles aux dégradations, aux pertes, aux absences, et aux changements de paradigme. Les archives sont un processus et une appropriation.
Les paysages, perçus par les humains, n’existent qu’à travers leurs regards et leurs représentations. Ils sont présents dans nos albums et dans nos mémoires : images persistantes, point de vue, cadre.
Ces paysages voient leurs transformations s’accélérer.

La mer mange les plages, les campings et les mielles, des falaises s’écroulent, les tempêtes plus fortes et plus fréquentes abattent des arbres, des marais et des havres me-
nacent de déborder.
Peut-on construire une histoire individuelle et collective dans cette temporalité intensifiée ?
Va-t-il falloir migrer ? Que va-t-il advenir de nos souvenirs, de nos photos de famille ?
Que reste-t-il dans nos archives ? Est-ce déjà arrivé ? Les couches du temps se superposent de manière simultanée.

Hervé Dez explore les rapports que les habitants entretiennent avec leurs paysages.
Paysages traversés, habités, travaillés, paysages-décors qui parfois finissent “instagramés”. A travers des débats et des interventions in situ, il questionne notre rapport au vernaculaire et par rebond au pittoresque. Une interrogation qui permet d’aborder les notions de lieux (habités) et d’espaces (traversés), ainsi que la part d’affection et de
mémoire que nous engageons collectivement et individuellement.
Cette approche se double régulièrement d’une réévaluation de l’emprise des images sur nos souvenirs et nos manières de nous raconter des histoires. Qu’est-ce que nos
archives photographiques familiales font à nos souvenirs ? Quelles fictions se dessinent dès qu’apparaissent des personnages dans les photographies collectées ou archivées ?
Précédemment, Hervé Dez a été membre du collectif de photographes « Le bar Floréal »
avec lequel il a exposé son travail documentaire sur l’ex-Yougoslavie « Transition amère », à la Maison Européenne de la Photographie, en 2005. Le documentaire multimédia «
Transkraïna » sur les nouvelles frontières de l’espace soviétique, réalisé avec Alexandre Billette pour le site du journal Le Monde et soutenu par le CNC, a obtenu le prix Philippe Chaffonjon 2015.

Dates

5 Mai 2026 9 h 30 min - 5 Septembre 2026 18 h 00 min(GMT-11:00)

Musée Hébert

1 Chemin Hébert 38700 La TroncheDu mercredi au dimanche, de 10h à 18h.

Musée Hébert

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