Pour sa quatrième et dernière carte blanche, Marie Blin, cofondatrice de la galerie parisienne BLIN plus BLIN, s’intéresse à l’auto-édition en photographie. Elle explore comment les photographes peuvent concevoir et publier leurs ouvrage en maîtrisant l’ensemble de la conception : choix du format, du papier, de la mise en page et du contenu. Elle détaille les étapes du projet, de la création à l’impression, puis à la diffusion auprès du public, en passant par le financement et la logistique. Une réflexion sur les défis et les satisfactions de l’autoédition, qui permet aux photographes de partager leur travail.

Comment vivre de la photographie aujourd’hui et comment sortir du lot en tant que photographe au milieu de ces millions de photographies déversées tous les jours sur nos téléphones portables, nos tablettes, nos ordinateurs et nos téléviseurs ?

Il y a les expositions locales, les festivals et les galeries d’art bien entendu mais les places sont rares, convoitées et disputées. Alors depuis plusieurs années déjà, de plus en plus de photographes amateurs, passionnés, semi-professionnels et également professionnels estiment que l’aboutissement de leur travail passe par l’édition de « beaux livres ». Mais là aussi la sélection est rude. Il y a de plus en plus de projets et de photographes désireux de publier un « beau livre » et de moins en moins d’éditeurs souhaitant prendre des risques et donc d’investir dans ces fameux « beaux livres ».

© Marie Blin

Alors pour beaucoup d’artistes, l’auto édition semble l’Eldorado !

Pouvoir faire le livre rêvé… Choisir le format, le papier, la mise en page, la couverture, le titre, les textes, ne renoncer à rien et surtout pas y perdre son âme comme c’est parfois le cas lorsque le projet passe dans les différents filtres des grandes maisons d’édition.

Une fois le projet bien en tête, le format décidé, le papier choisi, la mise en page réalisée et l’imprimeur sélectionné, arrive le temps du financement et pour bon nombre, même si le financement participatif a pris énormément d’ampleur ces dernières années, là aussi la concurrence est multiple.

Miracle tout est prêt et tout est validé même le budget et le financement !

Arrive l’étape de l’impression où pour l’auteur, il est grandement conseillé d’être présent lorsque les calages machines sont en cours et que plus rien ne pourra être corrigé une fois le « bon à tirer » sera validé. C’est l’étape ultime avant la reliure et la livraison du premier exemplaire !

Lorsque l’artiste ouvre son « bébé » tant espéré, pensé, rêvé, la deuxième grande étape arrive ! Car il va falloir le commercialiser. C’est donc le moment venu d’entreposer les palettes, de gérer l’envoi des pré-commandes (emballages, étiquettes, expéditions) avec son lot de mauvaises surprises (livres défectueux, abîmés, retournés, …). C’est aussi le moment d’aller finaliser les négociations avec les distributeurs qui eux aussi croulent sous les demandes et pas uniquement des « beaux livres photo ».

Arrive enfin la période, des festivals, des salons, des rencontres avec le public, du démarchage auprès des libraires, des séances de dédicaces, …

En résumé l’auto édition ne s’improvise pas et ce n’est pas une balade de santé non plus !

L’auto édition lorsqu’elle est bien pensée et préparée en amont, permet aux artistes de fournir une véritable caution du travail artistique réalisé. Elle s’adresse aux photographes motivés.

L’auto édition n’est que très rarement un Eldorado financier mais très souvent la satisfaction d’un travail artistique abouti. C’est une formule dans l’air du temps. La fondation Henri Cartier Bresson a inauguré en janvier dernier un nouveau rendez-vous « Bold » consacré à l’auto édition. Rien d’étonnant quand on sait qu’Henri Cartier Bresson considérait le livre photographique comme une œuvre d’art en soi.

Différentes bourses sont également proposées pour soutenir des premiers livres comme la « Eyes Wide Open ».

Certains artistes de notre galerie ont fait appel à l’auto édition et bon nombre de visiteurs qui ne peuvent s’offrir des tirages d’art achètent un « beau livre » auto édité pour prolonger le plaisir qu’ils ont eu en découvrant sur nos murs des photographies inspirantes.

INFORMATIONS PRATIQUES

mar17fev7 h 00 mindim17mai18 h 00 minBourses du 1er Livre photo Eyes Wide Open 2026 OrganisateurEyes Wide Open

La Rédaction
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