Octobre, 2026

Végétal : Anaïs Tondeur & Jordan Beal

sam03oct(oct 3)13 h i minsam12déc(déc 12)18 h i minVégétal : Anaïs Tondeur & Jordan BealPrix photographie & Sciences 2026Villa Pérochon, 64 rue Paul-François Proust BP 59135 – 79061 Niort CEDEX 9 0 Ajouter à ma wishlist

Détail de l'événement

Photo : © Jordan Beal Deliciosa

Prix Photographie & Sciences
2 expositions en 1!
Depuis 2024, la Villa Pérochon, Centre d’art contemporain photographique à Niort, porte le Prix Photographie & Sciences créé par la Résidence 1+2 à Toulouse.
L’objectif ? Aider un ou une photographe à finaliser un projet qui entremêle les deux disciplines.
Cet automne, la Villa Pérochon présente une exposition collective intitulée VÉGÉTAL en accueillant deux lauréats, Jordan Beal – lauréat 2025 pour sa série Deliciosa –, et Anaïs Tondeur – lauréate en 2023 pour sa série Fleurs de feux. Même si leurs pratiques et leurs intentions ne sont pas exactement identiques, Anaïs Tondeur et Jordan Beal utilisent tous deux le végétal non comme un simple motif de représentation, mais comme un interlocuteur et un révélateur des relations entre humains, territoires, histoire et vivant.

Jordan Beal
Deliciosa

Dans les intérieurs contemporains, boutiques, appartement, plateaux de tournage… le Monstera Deliciosa, cette plante aux «feuilles curieusement découpées» sait se rendre invisible par son omniprésence. Du motif graphique en coin de page aux urban jungles, plus qu’une plante ornementale, elle semble s’imposer comme une plante-symbole dont la saturation visuelle, hors sol, semble dessiner une certaine envie de nature.
En 1693, le botaniste Charles Plumier identifie en Martinique, pour la première fois, une plante du genre Monstera (Monstera adansoni). Au XIXᵉ siècle, le Monstera deliciosa, «découvert» en Amérique centrale, rejoint les serres européennes, symbole d’exotisme et de prestige. Trois siècles plus tard, l’élan premier d’indexation, de capture est poursuivi par celui de production. Des milliers de monstera sont multipliées et exportées de serres européennes alors que des communautés de collectionneurs poursuivent le geste de premiers botanistes, recherchant ce que la nature peut « produire de plus rare et de plus curieux » tout en accompagnant la création d’une plus grande diversité.

Martinique, 1991. Évoluant à la lisière de l’image et de la photographie, du réel et d’une captation de l’imaginaire, le travail de Jordan Beal mélange les techniques et les substances, les visions situées et les abstractions collectives. Ancré dans une maîtrise plastique expérimentale et influencé par sa pratique de la composition musicale, l’artiste manipule le négatif photographique – par la submersion, la réaction chimique, l’enfouissement, la double exposition ou la découpe directe – pour en révéler la nature tangible et poétique. Composant de nouvelles manières de voir le monde, ses œuvres proposent une exploration du présent et de l’histoire, élaborent un regard libre et puissant sur les concepts de nature et de territoire. De nouveaux paysages naissent du médium photographique, des horizons troubles et troublés convoquant souvent le déplacement des corps et de végétaux, les frontières naturelles et politiques, l’opacité des eaux, des îles, des mers et de leurs langages.

Anaïs Tondeur
Fleurs de feux

Entremêlant photographie et écologie, botanique et philosophie, ce projet est développé en compagnonnage avec les plantes qui poussent dans les sols extrêmes de l’Anthropocène.
Guidés par les habitants de Terra dei Fuochi, dans la région de Naples, ce projet prend forme dans une correspondance entre l’artiste Anaïs Tondeur, le philosophe Michael Marderet des communautés de plantes qui guérissaient les habitants avant l’éruption du Vésuve, au début de notre ére et qui participent aujourd’hui à soigner les sols de Campanie, marqués par l’incinération et l’enfouissement de déchets illégaux et toxiques.
Dans un protocole photographique expérimental et écologique, cette rencontre par l’image a eu lieu sans autre intervention qu’une mise en contact des éléments en présence via un processus de phytographie. Suite à l’activation des molécules de phénol présentes dans ses fibres, la plante est invitée à déposer son empreinte sur la surface photosensible.

Anaïs Tondeur. Née en 1985. Travaille et vit à Paris.
Tournée vers les matérialités invisibles de l’air et du climat, la photographe Anaïs Tondeur saisit les images aux interstices de nos corps et des environnements, dans une étroite attention aux milieux de vie, en collaboration avec des chercheurs en sciences sociales et en sciences de la Terre.
Ancrée dans les techniques premières de la photographie, sa pratique associe alchimie et soin. À travers des processus attentifs à leurs propres enchevêtrements dans le monde, elle travaille l’image comme une membrane sensible : une surface poreuse qui reçoit et rend perceptible la présence d’êtres ordinairement éclipsés par les régimes dominants de la visibilité. Elle pense la photographie en seuil : une zone de rencontre à travers laquelle des formes de vie négligées sont invitées à prendre parole. Dans ce geste, l’image naît d’un compagnonnage, une manière de s’accorder aux puissances d’agir des mondes autres qu’humains.

Dates

3 Octobre 2026 13 h 30 - 12 Décembre 2026 18 h 30(GMT+00:00)

Villa Pérochon

64 rue Paul-François Proust BP 59135 – 79061 Niort CEDEX 9Du mardi au samedi de 13h30 à 18h30. Fermée les jours fériés. Entrée libre

Villa Pérochon

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