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Partager Partager Basée sur de nombreuses recherches de Luce Lebart, directrice artistique du Pavillon Populaire, Premières fois, premières photos, en avant-première du Bicentenaire de la photographie, est une traversée sur deux siècles des brevets aux images fondatrices ou méconnues. Dans le tourbillon de la petite et grande histoire, le médium fascine et révolutionne les sciences, les arts, la société. Hommage à Anna Atkins Victor Mendel, Miroeuf, 22 décembre 1923© CNRS Images Le fil conducteur de Premières fois, premières photos est un clin d’œil au débat initié par Aristote sur l’origine première de l’œuf ou de la poule. La réponse se situe dans un continuum, les multiples découvertes sont reliées et s’enrichissent d’erreurs, d’essais. Luce Lebart, commissaire d’exposition, montre l’ingéniosité de dispositifs dans un parcours foisonnant : « Il n’y a pas eu une invention, mais des milliers d’inventions et la photo est le fruit d’une longue évolution, un petit peu comme l’œuf et la poule – ce questionnement philosophique un peu bizarre. La photo, c’est énormément de tâtonnements, d’expériences, de ratages, et puis des choses sublimes, des réussites, de gros succès. » Wilson Alwyn Bentley. Flocons de neige : Dendrite stellaire à noyau plein, entre 1885 et 1931.© Wilson A. Bentley Collection, Smithsonian Institution Archives En introduction du parcours, la série de flocons de neige de Wilson Alwyn Bentley (1865-1931) a été réalisée par la combinaison d’un appareil photo à un microscope. Ce météorologiste américain avait dix-neuf ans en 1885, quand il a commencé à photographier les cristaux de glace sur du velours noir. Chaque pièce est unique, son intérêt devient obsessionnel avec plus de cinq mille photographies sur ce sujet. Toujours en prélude, les secrets d’inventions sont présentés dans des enveloppes aux plis cachetés et sous cadres. C’est uniquement pour une revendication de l’antériorité d’une découverte que les documents étaient ouverts. Anna Atkins, « Laminaria Fascia », extrait de Photographs of British Algae : Cyanotype Impressions, vol. 1, 1843–1853. Cyanotype sur papier, 26 × 21 cm.© Muséum national d’Histoire naturelle Le premier chapitre s’ouvre sur un hommage à Anna Atkins (1799-1871), une femme photographe longtemps effacée du récit. Ses initiales ont été confondues avec Anonymous Amateur. « Je trouvais important, précise Luce Lebart, que cette exposition d’histoire de la photographie avec un angle ludique et assez érudit sur les premières photos, commence par Anna Atkins. Son père l’a initiée à la photo très tôt. Il lui a offert son premier appareil en 1842. » Dès 1843, Anna Atkins utilise la cyanotypie. Passionnée de botanique, elle crée un fabuleux herbier d’algues marines et conçoit le premier livre de photogrammes – des tirages photographiques. Ce sont quelques-unes de ses images poétiques qui constituent les premières pages du catalogue d’exposition. La section sur l’étude des termes et des marques révèle l’évolution des tendances, un lexique proche des formules de la réclame. « Au départ, on est sur des mots très chimiques, du latin comme pour le papier au ferro-prussiate. Après, il y a beaucoup de mots en lien avec le soleil, le merveilleux, l’étonnement. Et ensuite, c’est la rapidité avec l’arrivée des procédés instantanés dans les années 1880 », explique Luce Lebart. « Il n’y a pas de première photo » Le parcours se poursuit avec les brevets des archives de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI). Depuis 1839, année de l’achat du daguerréotype par l’Etat français qui l’a mis à la disposition du monde, et jusqu’en 1901, plus de quatre mille brevets sont déposés par des physiciens, des opticiens, des artisans… « Il y a beaucoup d’instruments de torture, de dispositifs presque carcérales », dit avec humour Luce Lebart. Les principaux défis concernent la stabilisation de l’image, la capture du mouvement, la conquête de la couleur. En 1868, Louis Arthur Ducos du Hauron (1837-1920) devient l’inventeur de la photographie en couleurs. Dans la Grande Salle, est exposé un tirage moderne de Feuilles et pétales de fleurs d’après une photocollographie. Natif d’Agen et installé en Algérie, Louis Arthur Ducos du Hauron photographie la Casbah d’Alger entre 1884 et 1899 – première image en couleurs connue de la Ville Blanche. C’est l’effervescence, plus d’un siècle d’avancées techniques : la photographie à la lumière électrique (1859) de Gaspard-Félix Tournachon dit Nadar (1820-1910) et son étonnant reportage dans les Catacombes à Paris en 1861-1862, des appareils espions sous forme de cravate (1890) ou de vanity (1925)… Cyprien Tessié du Motay et Charles-Raphaël Maréchal, phototypie, 1866© Société française de photographie (SFP). La première image artistique est une œuvre de fiction datant de 1840. Hippolyte Bayard (1801-1887) se met en scène en noyé. Il fait ainsi part de sa déception pour la non-reconnaissance de sa contribution à la naissance de la photographie. L’exposition Premières photos répare cette injustice. Dans une sorte de Cabinet de curiosités aux côtés de photos dites « préhistoriques », ses photographies balbutiantes font sensation. Le critique Francis Wey (1812-1882) avait évoqué « l’idée de la sorcellerie ». L’espace est introduit par La Sainte-Famille (1826) de Nicéphore Niépce (1765-1833), et par le célèbre daguerréotype de Louis Daguerre (1787-1851) datant de 1837 qui apparaît en miroir métallique – la « photographie » s’étant effacée. Martin Parr, première photo, Chessington, Surrey, 1963« C’est la première photo que j’ai prise : mon père pendant l’hiver glacial de 1963. »© Martin Parr Foundation. Dans une des dernières parties du parcours, de grands photographes témoignent de leurs premières photographies, celles qui ont fait sens et ont souvent déterminé leurs vocations d’artistes. Ces témoignages très touchants ont été recueillis en 1992, pour une exposition de la styliste et galeriste agnès b. Marcel Bovis (1904-1997) revient sur ses débuts. En 1925, de retour dans l’appartement familial à Nice, il retrouve dans une armoire le vieil appareil de son père. Il ignore tout de la photo. D’une fenêtre, il réalise ses premières prises de vue et c’est un an plus tard, par curiosité pour le papier au ferro-prussiate, qu’il fait le tirage de l’une d’elles. Pour Edouard Boubat (1923-1999) dont La petite fille aux feuilles mortes illustre le propos, chaque photo est unique : « Il n’y a pas de première photo. Il n’y a que des photos neuves. La lumière est neuve aujourd’hui. » – Fatma Alilate INFORMATIONS PRATIQUES Pavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de MontpellierEsplanade Charles de Gaulle, 34000 Montpellier mer01jul10 h i mindim01nov18 h i minPremières fois / Premières photosUne relecture réjouissante de l’histoire de la photographiePavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de Montpellier, Esplanade Charles de Gaulle, 34000 Montpellier 0 Ajouter à ma wishlist Détail de l'événementPhoto : La première télévision. Bourgogne (France), 1963. Photographie de Janine NIEPCE (1921-2007). © Janine NIEPCE / ROGER-VIOLLET Première exposition de la saison 2026-2027 du Pavillon Populaire, l’exposition « Premières fois Détail de l'événement Photo : La première télévision. Bourgogne (France), 1963. Photographie de Janine NIEPCE (1921-2007). © Janine NIEPCE / ROGER-VIOLLET Première exposition de la saison 2026-2027 du Pavillon Populaire, l’exposition « Premières fois / Premières photos », à voir au Pavillon Populaire du 1er juillet au 1er novembre 2026, est une invitation à un voyage ludique et érudit dans 200 ans d’innovations et d’expérimentations de la photographie. Elle rassemble un florilège de « premières fois » qui sont d’ordre techniques, esthétiques, scientifiques et sociétales, depuis les premiers essais des inventeurs jusqu’aux récentes images de naissances de galaxie en passant par les premières photographies transmises à distance, la première image performée, le premier livre de photographie, sans oublier le premier jour d’école, ou encore le premier « pou » de l’histoire de la photographie. La parole est aussi donnée à des photographes iconiques qui racontent en images « Leurs Premières fois » et à travers elles, leur rencontre avec la photographie. On y découvrira ainsi les premiers essais et premières images de Margaret Julia CAMERON, Bernard PLOSSU, Martin PARR, ou encore Boris MIKHAÏLOV. L’exposition souligne les liens entre innovations contemporaines et essais du passé, mais elle raconte aussi les enjeux économiques et industriels qui sous-tendent les recherches des inventeurs et leurs stratégies pour s’assurer reconnaissance et postérité à travers la protection de leur propriété intellectuelle et commerciale. Du « photocycliste » au «photopiège», les brevets ingénieux et marques loufoques auront de quoi réjouir et surprendre le visiteur. L’exposition révélera aussi la face cachée des inventions à travers les controverses qui virent le jour dans les courses vers l’innovation : les enjeux de la paternité de l’invention de la couleur ou de la trame, par exemple. La part belle est aussi faite aux tests et aux essais, sans oublier les inventions sans lendemain. « Essayer encore, râter encore, râter mieux » : ces mots célèbres de Samuel BECKETT sont un des fils rouges de l’exposition dont le parcours parmi les multiples inventions de la photographie est envisagé au prisme de l’expérimentation. Il n’y a décidément pas une invention mais de multiples inventions de la photographie. En filigrane de l’exposition, quatre œuvres contemporaines entrent en résonance avec les images du passé tandis que plusieurs « premières fois » photographiques liées à l’histoire de la ville de Montpellier et de sa région jalonnent le parcours. Une occasion rêvée de mettre en valeur la richesse des fonds patrimoniaux municipaux, départementaux et régionaux. Commissariat : Luce Lebart Dates1 Juillet 2026 10 h 00 - 1 Novembre 2026 18 h 00(GMT-11:00) LieuPavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de MontpellierEsplanade Charles de Gaulle, 34000 MontpellierOther Events Pavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de MontpellierEsplanade Charles de Gaulle, 34000 MontpellierOuvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 13h et de 14h à 18h Pavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de Montpellier Get Directions How do you plan to get there? CalendrierGoogleCal Exposition labellisée Grand Arles Express/Rencontre d’Arles et Bicentenaire de la photographie Catalogue Premières fois, premières photos, Luce Lebart, Spector Books, 2026 Cette thématique vous intéresse ? Retrouvez également : MBAL - Musée des beaux-arts Le LocleMarie-Anne-Calame 6 CH – 2400 Le Locle sam03oct(oct 3)11 h i min2027dim21fev(fev 21)17 h i minLes premières photographies. Jusqu’à preuve du contraireMBAL - Musée des beaux-arts Le Locle, Marie-Anne-Calame 6 CH – 2400 Le Locle 0 Ajouter à ma wishlist Détail de l'événementPhoto : La première photo envoyée depuis un téléphone portable. Sophie, la fille de l’inventeur Philippe Kahn. Le 11 juin 1997 à la maternité Sutter Health de Santa Cruz, en Détail de l'événement Photo : La première photo envoyée depuis un téléphone portable. Sophie, la fille de l’inventeur Philippe Kahn. Le 11 juin 1997 à la maternité Sutter Health de Santa Cruz, en Californie. Pour le cycle d’automne 2026, à l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, le MBAL a le plaisir de présenter l’exposition Les premières photographies. Jusqu’à preuve du contraire. Ce projet, porté par la commissaire et artiste Francesca Seravalle, est construit autour de l’étude des premières photographies. Dans cette perspective, chaque « première photo » agit comme la face émergée d’un iceberg, une histoire intrigante qui s’insinue dans l’esprit pour provoquer une réflexion profonde sur le médium. Loin d’être un simple critère d’archivage, le concept de la première photo constitue une approche performative de la genèse photographique. Il s’agit de restituer l’aura authentique de l’instant primordial à une époque où l’image unique est menacée par la surabondance de la production. Chaque « première » possède une capacité épiphanique, car elle enregistre une expérience inaugurale et devient un jalon de la révolution culturelle. Ce projet remet en question la fixité de l’historiographie traditionnelle. L’histoire de la photographie évolue non seulement dans le futur, mais aussi dans le passé : à travers un processus de fouilles archéologiques, on découvre toujours de nouvelles premières photographies. L’exposition analyse ainsi une définition de la photographie comme étant fluide, tant par sa nature technologique que par son impact social. L’histoire de la photographie est, avant tout, une histoire sociale et humaine. Si elle n’était pas utilisée au quotidien comme média primaire, elle serait reléguée à un laboratoire, au même titre qu’un microscope. C’est pourquoi le parcours est revisité à travers des atlas visuels plutôt que chronologiques (la famille, la nature, les pères de la photographie, les cercles sociaux), car l’histoire humaine est faite de cycles vitaux. En plaçant sur un pied d’égalité maîtres et techniciens anonymes, images iconiques et tests de laboratoire, Francesca Seravalle démontre que la photographie est un document conservant l’hic et nunc de sa société. Elle bâtit des théories comme des châteaux de cartes pour révéler l’inattendu. Elle interroge les inventeurs du Web, de Photoshop ou du copier-coller pour trouver les premières photographies, jusqu’à preuve du contraire. Parfois, elle espère être démentie : c’est seulement par l’erreur que la recherche progresse. Le projet vise à susciter la curiosité et l’émerveillement du public face aux origines de la photographie à travers une présentation thématique, interactive et enrichie par une démarche de recherche contemporaine. L’objectif est d’ouvrir les archives photographiques au public en adoptant une approche thématique et ludique, loin d’une présentation purement chronologique, afin de rendre l’histoire de la photographie accessible et fascinante. Le public sera amené à explorer les « premières fois » photographiques : à travers divers sujets présentés comme de petits « totems de papier », sous le prisme de l’Éros ou des débuts de la photographie érotique, par la mise en valeur des œuvres pionnières, et en reliant l’histoire de la photographie à l’histoire sociale grâce aux portraits. Cette exploration met l’accent sur la recherche des preuves attestant de l’authenticité et de la genèse des premières photographies. Commissaire : Francesca Seravalle Francesca Seravalle est une autrice et une commissaire d’exposition d’envergure internationale. Son travail explore l’écologie des images à travers la décontextualisation et l’analyse de documents d’archives. Elle vient de publier son nouveau livre, The Pixel. Cet ouvrage examine l’histoire du pixel et ses interactions avec les sphères politique, historique et artistique du XXe siècle, tout en questionnant l’influence réciproque entre la société contemporaine et les techniques de l’image. Ses récents travaux incluent la conception de The Performing Photobook, une exposition et une foire explorant les dimensions sensorielles et ASMR du livre photographique, présentées dans le cadre de Format23. Son parcours professionnel l’a conduite à collaborer avec des institutions et des acteurs majeurs du domaine de la photographie, tels que Magnum Photos Paris, Erik Kessels et l’Archive of Modern Conflict. Après avoir dirigé l’équipe de conservation et d’archivage de Fabrica (Benetton), elle a enseigné à l’Istituto Marangoni de Londres et à la London South Bank University. Elle a été invitée à donner des conférences sur la conservation et l’appropriation photographiques dans plusieurs universités et institutions, dont l’ECAL, l’UCL, le Glasgow College, l’UWE Bristol, l’IMT et les Officine Fotografiche. En tant que commissaire d’exposition, Francesca Seravalle s’engage à accompagner les artistes dans leur processus de création, de la conceptualisation à la mise en forme finale. Cette démarche se concrétise par l’organisation d’expositions dans des lieux de renom (MAXXI, Triennale Milano, The Photographers’ Gallery, Foam, CNA, IMA Gallery) et par la publication de livres. Son activité s’étend également à l’art vidéo, pour lequel elle réalise des œuvres destinées à des institutions telles que le musée d’Art moderne de Venise (Ca’ Pesaro) et la Fondazione Bevilacqua La Masa. Son projet curatorial Until Proven Otherwise (Jusqu’à preuve du contraire), axé sur l’étude des premières photographies, a été récompensé par le prix Paul Hill au Royaume-Uni. Les courts-métrages qu’elle a réalisés ont été projetés dans des événements et des festivals prestigieux, parmi lesquels la Biennale du film de Venise, la London Photo Fair, Photo Saint-Germain, UNSEEN Amsterdam et la Suzhou Design Week (Chine). Parallèlement à ses activités de commissariat et d’enseignement, elle utilise les réseaux sociaux comme plateforme de diffusion de documents d’archives consacrés à l’histoire du cinéma. Dates3 Octobre 2026 11 h 00 - 21 Février 2027 17 h 00(GMT-11:00) LieuMBAL - Musée des beaux-arts Le LocleMarie-Anne-Calame 6 CH – 2400 Le LocleOther Events MBAL - Musée des beaux-arts Le LocleMarie-Anne-Calame 6 CH – 2400 Le LocleOuvert tous les jours de 11h à 17h sauf le lundi et mardi MBAL - Musée des beaux-arts Le Locle Get Directions How do you plan to get there? CalendrierGoogleCal À LIRE Rencontre avec Luce Lebart. Le Pavillon Populaire, pour une photographie engagée Marque-page0
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