Novembre, 2019

ven01nov14 h 30 mindim17(nov 17)19 h 30 minHors-SujetPlateforme, 73, rue des Haies 75020 ParisType d'événement:Exposition,Photographie

Détail de l'événement

La Biennale de l’Image Tangible propose une exposition autour des nouvelles pratiques photographiques. Plus précisément autour de l’altération et de la disparition du sujet que la photographie est traditionnellement censée représenter. En effet, à travers les œuvres de quatre artistes (Matthieu Boucherit, Caroline Delieutraz, Juliette-Andréa Elie, Laure Tiberghien), « Hors sujet » nous montre comment le référent photographique peut se trouver gommé, transformé, décontextualisé – voire être carrément absent de l’image, au lieu d’en être l’habituel centre d’intérêt.

A travers un large spectre, allant du photoreportage argentique, à la photographie retravaillée manuellement, en passant par les images d’archives Internet, le photogramme ou l’expérimentation chimique, les artistes de « Hors sujet » remettent en question le statut de la photographie comme procédé dont la fonction première serait de révéler la réalité. Car loin d’en être le miroir fidèle, la photographie peut aussi bien masquer, altérer ou transfigurer le réel.

Ainsi, Matthieu Boucherit efface numériquement les sujets de photographies de presse et ne laisse la place, sur l’image, qu’à l’accessoire ou au contexte. Ces images évidées interrogent la trace (ou l’absence d’impact) que laisse toute information dans la mémoire collective. Présentées dans des cadres Ikea, ces « photos-choc » diffusées par les mass-médias font état d’une violence domestiquée, qui orne notre quotidien – bien loin d’éveiller la conscience des spectateurs…

D’ailleurs, Internet et son flux continu d’images poussent Caroline Delieutraz à matérialiser ce corps virtuel en un puzzle bien réel, dont les multiples strates soulignent la complexité des sources et des origines des images circulant sur la Toile. Tels un sédiment déposé par les flots, ces images consultables et téléchargeables en ligne semblent s’accumuler jusqu’à finir par se confondre et disparaître dans leur unicité pour recomposer la célèbre vague d’Hokusai.

Aux origines, justement, Laure Tiberghien y revient par un travail ancré au cœur de la lumière et de l’émulsion photographique. Ses photogrammes sans sujet, nés du hasard et de l’expérimentation, renouent avec l’étymologie de la photographie entendue comme pure « écriture lumineuse » produite sans appareil. La photographie s’affirme ici comme un acte de création réalisé à coups de filtres et d’interventions guidées par le geste de l’artiste.

Œuvres uniques s’opposant au caractère mécanique de la reproduction photographique, les tirages engoncés et grattés à la pointe sèche de Juliette-Andréa Elie créent des paysages oniriques, où se superposent papiers calque, papiers colorés et pliés. Ces images retouchées manuellement nous invitent à la contemplation et ouvrent un nouveau rapport au temps, face à la vitesse de diffusion accrue des images.

A l’instar du Noyé d’Hippolyte Bayard, un autoportrait datant de 1840 où le photographe met en scène sa propre disparition, la photographie demeure un outil ouvert à l’expérimentation qui peut se prendre lui-même comme objet – au lieu de se penser comme un enregistrement véridique de « ce qui a été ». Une image n’a donc plus forcément vocation à représenter fidèlement un sujet, et peut tout aussi bien réfléchir sur ses propres modalités de production. A travers « Hors sujet », la confection d’œuvres uniques, le travail sur le support et la matérialité de la photo, ou une critique de la pérennité des images, apparaissent comme autant de pistes ouvertes sur le devenir de la photographie.

François Salmeron et Dominique Clerc

Photo : © Juliette Andréa Elie

Dates

1 (Vendredi) 14 h 30 min - 17 (Dimanche) 19 h 30 min

Lieu

Plateforme

73, rue des Haies 75020 Paris

Plateforme73, rue des Haies 75020 ParisOuvert du mercredi au dimanche de 14h30 à 19h30

X
X